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Point de presse de la HALCIA : la situation des actions menées par l’institution nationale anti corruption
Publié le vendredi 19 avril 2013   |  Autre presse




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Le Président de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HALCIA), a animé mardi après-midi, un point de presse au siège de ladite institution à Niamey. Il s’ est agi pour M. Issoufou Boureima, de faire le point des activités jusque là menées par la HALCIA et satisfaire le besoin d’information des citoyens.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’impatience du public aura trouvé des réponses appropriées. Le président de la HALCIA a fait cas de plusieurs affaires les unes plus explosives que les autres.



A l’entame de son exposé, M. Issoufou Boureima a rappelé les missions de la HALCIA qui est selon lui, « une structure de réflexion pour impulser un changement de comportement et juguler le phénomène de la corruption. Elle fait des investigations après dénonciation’’ . Cela sous entend que cette institution ne fait ni auto-saisine encore moins de recouvrement. ‘’Elle transmet les résultats de ses investigations à qui de doit, notamment au Président de la République et à la justice’’ ajoute le président de la HALCIA. Issoufou Boureima devait ensuite expliquer les raisons pour lesquelles la HALCIA ne se fait pas très bavarde. ‘’Notre silence se justifie pour des raisons de confidentialités et d’enquêtes’’ a-t-il dit.

Du point de vue des investigations, la structure anti corruption est devenue effectivement opérationnelle à compter de janvier 2012. Et, la HALCIA enregistre déjà un nombre de plus en plus croissant de cas de corruption. Mais d’après le Président de cette institution, les saisines proviennent beaucoup plus de l’intérieur du pays que de Niamey. Ainsi, annonce M. Issoufou Boureima, à la date du 31 mars 2013, la HALCIA a été saisie de 105 affaires de corruption ; elle a reçu 60 rapports de l’Inspection générale d’Etat (IGE) et 27 dénonciations provenant de la Ligne verte du Ministère de la Justice, soit un total de 192 affaires. ‘’Depuis lors nous procédons à un tri pour séparer les cas et affaires sérieux des dénonciations extravagantes. Dans tous les cas, tous les auteurs de dénonciations auront des réponses à leurs requêtes’’ déclare M. Issoufou Boureima.

Le Président de la Halcia a ensuite énuméré la nature des actes observés et constatés lors de leurs enquêtes. Il s’agit notamment de fraudes dans les opérations douanières, de fraudes et trafics dans les examens et concours, du favoritisme et de la corruption dans l’attribution des marchés publics, de la concussion dans l’administration publique notamment fiscale, de la corruption en milieu judiciaire, des malversations dans les opérations d’assistance aux sinistrés, les distributions gratuites et la vente à prix modérés des vivres. ‘’Le phénomène a pris des proportions dangereuses et pernicieuses qui nécessitent des mesures appropriées lors des futures opérations d’assistance aux sinistrés’’ a déclaré M. Issoufou Boureima.

Aussi, sur les dossiers actuellement traités par la HALCIA, le président de cette institution note 19 cas de corruption (auxquels il faut ajouter d’autres susceptibles de se révéler ainsi, notamment à travers les dossiers transmis par l’IGE), 18 cas de corruption, neuf (9) cas de concussion, cinq (5) cas de fraudes douanières, quatre (4) cas de délits de favoritisme, deux (2) cas de trafic d’influence et plusieurs cas de faux diplômes. ‘’Les mis en cause dans ces différentes affaires sont des fonctionnaires de l’administration publique et des personnalités y compris ceux exerçant de hautes fonctions’’ dit le président de la HALCIA.

M. Issoufou Boureima a cité certains grands dossiers en cours de traitement par la HALCIA. Il s’agit notamment du dossier dit des faux diplômes, ceux des faux médicaments, de la gestion de l’aide aux sinistrés à Zinder et à Dosso, de marché public à Zinder, des inspections dans les communes urbaines de Maradi et de Gaya. Le président de la HALCIA s’est ensuite attardé sur certains cas. Ainsi prévient-t-il par rapport au dossier de faux diplômes ‘’Tous les diplômes sur la base desquels des agents ont été recrutés à la fonction publique entre 2008 et 2012 seront passés au peigne-fin pour authentification. De même, tout autre faux document ayant servi lors de ce recrutement sera détecté et des sanctions prises’’. La HALCIA se fait assister dans cette tâche, par les ministères techniques (Education nationale, Enseignement supérieur, Formation professionnelle, Fonction publique) et l’Université Abdou Moumouni.

Pour ce qui est de l’affaire des faux médicaments, les investigations de la HALCIA ont déjà eu des impacts. ‘’La coopération avec la justice a conduit à l’arrêt des importations par les mis en cause et à des arrestations des cas de flagrance. C’est une affaire très importante parce qu’elle touche à la santé publique et à l’économie nationale’’ explique le président de la HALCIA. Issoufou Boureima a par ailleurs insisté sur l’affaire de la gestion des aides à Zinder et à Dosso qui, s’est caractérisée par une mauvaise organisation et des comportements peu recommandables. ‘’A Zinder, les membres des comités locaux de distribution se sont indument octroyés des frais de suivi dépassant le tiers du montant des aides’’ annonce-t-il.

En outre, de tels comportements ont sapé les autres efforts de l’Etat à l’endroit des sinistrés. ‘’Nous avons découvert lors de nos investigations à Zinder, qu’en lieu et place de 50.000 FCFA dégagés par l’Etat au profit de chaque sinistré dont la maison s’est effondrée, des chefs de famille n’ont reçu que la modique somme de 150 FCFA’’ dit M. Issoufou

Boureima. A cela, il faut ajouter la présence inexpliquée des stocks de vivres pourtant destinés à être distribués aux sinistrés. ‘’Ces vivres sont déjà avariés’’ déplore-t-il. Le même désordre a été observé à Dosso. Ici, il faut ajouter le fait que des personnes non concernées par les aides ont obtenu des vivres à la place des vrais sinistrés. ‘’Ici les responsabilités ont été clairement mises en évidence, normalement les sanctions doivent tomber d’un moment à l’autre’’ déclare le président de la HALCIA.

M. Issoufou Boureima a aussi souligné l’existence d’un dossier sur Zinder et qui est au stade d’achèvement. ‘’C’est un cas de concussion et de favoritisme dans l’attribution des marchés de construction de classes’’ dit-il. A Maradi et Gaya, des inspections ont mis en lumière d’autres affaires. Beaucoup de problèmes sont à l’ordre du jour à Maradi. Il s’agit d’après le président de la HALCIA des lotissements anarchiques sur fond de spéculations et des passations de marchés sur fond de délits de favoritisme. ‘’Nous sommes à un stade très avancé dans nos investigations’’ dit M. Issoufou Boureima. A Gaya, il s’agit de lotissements irréguliers. ‘’Non seulement on a loti des réserves foncières et de manière irrégulière, mais les sommes perçues de ces ventes irrégulières ont été détournées. Le dossier est déjà devant le juge’’ a-t-il dit.

Ces dossiers évoqués ne sont qu’indicatifs. ‘’Il y a d’autres dossiers très importants comme ceux relatifs au secteur des télécoms ou au CNUT où des sommes importantes ont été pratiquement volées’’ dira le Président de la HALCIA. Mais la HALCIA ne se limite pas à l’investigation. Elle fait aussi de la prévention. C’est en cela qu’elle a engagé le processus d’élaboration de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption. M. Issoufou Boureima a par ailleurs souligné un autre aspect des activités de la HALCIA. Il s’agit notamment de la coopération interne, celle entre les structures de détection et celles de répression du phénomène.

‘’De plus en plus, la justice sollicite la HALCIA pour l’identification des avoirs volés par tous ceux qui sont mis en cause dans les affaires de détournement des deniers publics’’ confie le président de la HALCIA. De même, la HALCIA est mis à contribution pour l’investigation de certains dossiers. Le président de la HALCIA a enfin souligné que les sanctions ne manqueront pas relativement aux différents dossiers transmis à la justice. ‘’Les sanctions ne vont pas tarder à tomber. Cela ne relève certes pas des compétences de la HALCIA, mais au regard de la politique pénale voulue par le gouvernement qui prône la tolérance zéro, tous ces dossiers auront un traitement approprié’’ conclut M. Issoufou Boureima.

l Siradji Sanda

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