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Coopération militaire et sécurité au Sahel : le Président Bazoum justifie et assume la présence des soldats français au Niger

Publié le lundi 29 novembre 2021  |  actuniger.com
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© Présidence par DR
Levée du corps à la Présidence: le Président Bazoum élève l`ancien ministre Boucha Mohamed, à la Dignité de Grand Officier dans l’Ordre National du Niger
Vendredi 25 juin 2021, dans la cour du Palais de la Présidence, Le Président de la République, Chef de l’Etat, Mohamed Bazoum, a assisté, à la cérémonie officielle de levée du corps de Boucha Mohamed, ancien ministre, Conseiller Spécial du Président de la République, décédé jeudi 24 juin 2021 à Niamey des suites d’une maladie de courte durée.
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Le Président Bazoum Mohamed s’est exprimé vendredi dernier dans un point de presse diffusé dans la soirée par les médias officiels, sur la situation sécuritaire du pays et principalement la coopération militaire avec la France. Dans le monologue d’une trentaine de minutes, le Chef de l’Etat a démenti les informations faisant état de l’implantation d’une nouvelle base militaire française à Dosso mais a plutôt admis la présence de formateurs militaires français. Il a par la même occasion justifié et clairement assumé la coopération entre le Niger et l’ancienne puissance coloniale notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel. « La France est un pays ami avec lequel nous avons une relation singulière et que nous assumons sans aucun complexe », s’est laissé dire le Président Bazoum qui a aussi rejeté les accusations portées par une partie de l’opinion sur « la soumission » du régime de Niamey à Paris. Pour lui, la France est un partenaire important pour le Niger qui, d’ailleurs, a-t-il défendu, n’a pas véritablement d’intérêts stratégiques ou économiques particuliers, mais engage de gros efforts pour la lutte contre le terrorisme et la stabilité au Sahel. Une sortie médiatique qui a été diversement appréciée par l’opinion qui ne semble pas visiblement convaincu par les arguments présidentiels, au regard des premiers commentaires qui ont suivis la diffusion de cet entretien à sens unique.

Le point de presse du Président Bazoum fait suite à l’amplification, assez palpable au sein de l’opinion, de la présence des forces étrangères au Niger et particulièrement des militaires français de l’opération Barkhane. Il a été interrogé d’ailleurs sur certaines rumeurs véhiculées ces derniers temps et qui font état de l’implantation d’une nouvelle base militaire française à Dosso, dans le sud-ouest du pays. Dès l’entame de son message, le chef de l’Etat a déploré ces rumeurs qui tendent « nuire aux à relations entre la France ». « Je suis totalement désolé de la campagne qui est menée contre eux. Je veux que les Français soient forts, parce qu’ils ont, avec cet espace du Sahel, une histoire singulière… », a déclaré le chef d’Etat nigérien qui a justifié, par la même occasion, la présence de ces forces étrangères au Niger et au plus généralement au Sahel. Selon le Président, cette présence s’explique par la nécessité qui s’impose au pays de disposer d’une armée qui soit capable de faire face aux groupes terroristes qui écument certaines parties du pays. C’est en ce sens, a-t-il poursuivi, que le Niger a fait appel à des armées partenaires pour assurer la formation des soldats avec, notamment, la formation et l’équipement des forces spéciales. « Cette formation a permis à nos forces d’acquérir des compétences de nature à faire en sorte que nous ayons un bon rapport de force vis-à-vis de notre ennemi », a-t-il fait savoir ajoutant que « ces forces spéciales, chaque fois qu’elles ont été formées et projetées, ont eu un comportement totalement différent des forces qui n’ont pas acquis cette formation ».

Selon le Président Bazoum, il n y a pas que les forces françaises au Niger qui assurent la formation des forces armées nigériennes afin d’accompagner leur montée en puissance. Il a indiqué que ces formations sont, en effet, assurées par les forces armées canadiennes dans la région de Tillabéri, les soldats américains à Dirkou dans les régions d’Agadez et de Diffa, les militaires belges à Maradi, les allemands à Tillia dans la région de Tahoua, et les français qui entrainent et équipent le bataillon spécial de Dosso. Selon le chef de l’Etat, les forces spéciales sont réparties aujourd’hui dans douze (12) bataillons qui opèrent dans les différentes zones d’insécurité dans le pays

« C’est mon devoir, c’est aussi le devoir de l’Etat-major de l’armée, d’assurer à nos forces la formation au moyen de laquelle elles peuvent acquérir les compétences qui les rendent au niveau des défis terribles auxquels ils font face a souligné le Président de la République.(…) C’est notre pouvoir régalien, c’est notre responsabilité, soutendue par notre éthique, au sujet desquelles, nous ne demandons l’avis de personne, sinon que notre propre conscience ».

Reconnaissance à la France pour son engagement militaire au Sahel

Fidèle à sa verve, le Président Bazoum a évoqué, de long en large, l’état de la coopération entre le Niger et l’ancienne puissance coloniale. « La France et un pays avec lequel nous avons une relation singulière et que nous assumons sans aucun complexe », a fait savoir le chef d’Etat qui a, toutefois, estimé qu’il s’agit d’une « relation normale », qui laisse donc la place à d’autres partenaires. Il a cité comme exemple les autres partenaires du Niger notamment en matière d’armement. « L’essentiel de notre armement n’est pas français mais vient des pays d’Europe de l’Est ou de la Chine », a ajouté le Président qui a d’ailleurs annoncé que le Niger vient conclure un marché d’acquisition d’avions avec une société américaine ainsi qu’un système de radars, des blindés et des drones avec la Turquie.

Sur la lutte contre le terrorisme au Sahel, il a tenu à saluer l’engagement de la France au Sahel et à exprimer sa « reconnaissance à la France pour ses sacrifices ». En plus du coût financier de Barkhane ainsi que les pertes subies par l’armée française au Sahel, il a listé quelques leaders des différents groupes terroristes (AQMI, EIGS) qui ont été neutralisés par les soldats français. « Nous arrêtons et neutralisons régulièrement des terroristes grâce aux renseignements fournis par l’armée française » a indiqué le Président pour qui, « la France n’est pourtant pas obligé à consentir tous ces sacrifices ».

« Nous sommes reconnaissants à la France de ce qu'elle fait pour sécuriser le Sahel. De tous les pays qui sont engagés à nos côtés dans la lutte contre le terrorisme, la France est le pays qui consent le plus de sacrifices. Ce sont 53 jeunes Français qui sont morts au Mali, rappelle le président. J’ai entendu des gens dire que si les Français sont là et que les problèmes ne sont pas réglés, c’est que ce sont eux qui sont à la base. Et si les Français s’en vont, vous êtes sûrs que ces armées-là, qui ont leur devoir aujourd’hui, elles seront en mesure de faire face à cette situation ? Non ! Moi, je suis sûr que le jour où les Français plieront bagage à Gao, ce sera le chaos ! Les gens de Gao le savent de toute façon ».

Le Président Bazoum Mohamed a enfin balayé d’un revers de la main ceux qui avancent que le pouvoir de Niamey est « soumis » à la France. Avec à l’appui, des détails et des exemples tirés de certains épisodes du passage de son prédécesseur Issoufou Mahamadou à la tête de l’Etat, notamment, la crise libyenne ou celle du Mali, alors que lui-même était à la tête de la diplomatie nigérienne. « Ceux qui nous connaissent et qui connaissent notre trajectoire, savent que nous ne sommes pas des personnes susceptibles à être soumises à qui que ce soit », a estimé nécessaire de préciser le chef de l’Etat dont la position affichée sur cette question de la présence des forces étrangères au Niger et la coopération avec les militaires français a suscité diverses réactions sur les réseaux sociaux. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en dépit de tous les arguments qu’il a développé, il n y a que dans le camp du pouvoir qu’il semble avoir convaincu. Ce qui pourrait s’expliquer dans une large mesure par l’ampleur du sentiment anti-français ambiant au sein de l’opinion au Niger comme c’est le cas aussi dans les autres pays du Sahel, et que visiblement le chef de l’Etat n’a pas encore véritablement tenu compte du niveau réel…

A.Y.B
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