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Bourdes à la pelle : le label Bazoum et Massaoudou

Publié le jeudi 22 decembre 2022  |  nigerdiaspora.net
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© Présidence par DR
Le Président de la République a assisté à la levée du corps de M. Issoufou Assoumane
Ce mercredi 16 novembre 2022 : Le Chef de l’Etat, SEM Mohamed Bazoum, a assisté à la levée du corps de M. Issoufou Assoumane, ancien Ministre, Conseiller Spécial du Président de la République, décédé lundi 14 novembre 2022 à Niamey des suites d’une maladie.
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Les propos insultants du président Bazoum Mohamed à l’endroit du corps enseignant nigérien n’ont pas encore fini de susciter des réactions d’indignation au sein de l’opinion nationale, voilà que son camarade Ministre d’Etat, ministre des Affaires Etrangères, Massaoudou Hassoumi, lui emboîte aussi le pas en s’en prenant, lui, au Mali et au Burkina Faso parce les deux pays voisins ont décidé de s’émanciper du joug de la France.

En marge du 2e sommet Etats-Unis d’Amérique/Afrique tenu en début de semaine dernière à Washington, le président Bazoum n’a pas manqué de parler des réformes majeures qu’il veut entreprendre dans le secteur de l’éducation afin de redonner à l’institution ses lettres de noblesse perdues. Ce qui est louable comme entreprise, car tout le monde sait que notre système éducatif va de mal en pis depuis des décennies à cause notamment des mauvaises politiques publiques mises en oeuvre dans le secteur et qu’il faille arrêter cette descente en enfer.

Enseignant de vocation en tant que philosophe, le président Bazoum est sur un terrain qu’il connait en parlant de l’école. A ce titre, il doit normalement avoir du respect pour les enseignants quel que soit par ailleurs le statut d’une bonne frange des acteurs qui exercent le métier. Parmi ses réformes phares, le président Bazoum a décidé, comme on le sait, de faire des écoles normales d’instituteurs (ENI) le levier principal sur lequel il faut agir. Jusqu’alors réservée aux brevetés, l’admission dans l’institution de formation à l’enseignement est désormais réservée aux bacheliers, seul gage, selon le président Bazoum, d’avoir des enseignants qualifiés et compétents sur le terrain.

Soit ! Mais de là à considérer que les brevetés qui sortaient de ces écoles pendant des décennies ‘’sont totalement improductifs, totalement inutiles’’, c’est assurément une insulte à l’endroit du corps enseignant. ‘’Et nous avons des dizaines de milliers d’enseignants qui n’ont aucune compétence pour enseigner’’ qui sont sur le terrain, a asséné Bazoum, pour justifier la médiocrité de notre système éducatif actuellement. Selon lui, en entrant avec le baccalauréat, ceux qui sortiront désormais des ENI auront une formation solide et seront directement recrutés à la Fonction Publique pour être à l’abri de la précarité du contrat. Parce que c’est ça en fait le vrai problème de l’école nigérienne de ces dernières décennies, c’est la contractualisation à outrance de l’enseignement qui est à l’origine de la baisse du niveau dont on se plaint aujourd’hui.

Comment peut être motivé et se donné à fond dans une profession quand on sait qu’elle ne présente aucune sécurité au finish ? N’est pas la faute aux politiques si cette situation dommageable a perduré ? Au lieu de remercier les enseignants qui ont accepté d’évoluer dans le contrat durant des décennies en dépit de la précarité du statut pour le sacrifice qu’ils consentent, le président Bazoum se permet plutôt de les insulter. C’est un acte indécent de la part d’un chef d’Etat, qui plus est un élément du corps professionnel qu’il s’est permis d’insulter. D’accord, il n’y aura plus de recrutement de contractuels dans l’enseignement. Désormais, c’est des enseignants fonctionnaires directement sortis des ENI qui seront sur le terrain. Mais que compte-t-il faire des dizaines de milliers d’enseignants contractuels ‘’totalement inutiles et incompétents’’ qui sont présentement sur le terrain ? Que compte-t-il en faire d’autant plus qu’ils n’ont rien acquis comme expérience malgré les dizaines d’années d’exercice de la profession dans la précarité ? Va-t-il les mettre tous dehors pour arrêter net la dérive ?

Venons-en à présent au ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères Massaoudou Hassoumi qui s’en est pris au Mali et au Burkina Faso relativement à leur gestion de la crise sécuritaire prévalant au Sahel. Concernant le Mali, c’est juste une redite ; il n’a eu de cesse de critiquer les soldats qui dirige le pays parce qu’ils ont décidé de faire recours aux Russes, à travers notamment le recrutement de l’entreprise Wagner pour les aider à lutter contre les groupes terroristes, devant l’incapacité de la force militaire française Barkhane à relever le défi ? Massaoudou dit que la situation sécuritaire s’est totalement dégradée au Mali depuis le départ de la force Barkhane. Mais ce qu’il dit craindre surtout, c’est que le Burkina Faso n’emboîte aussi le pas au Mali, étant aussi dirigé également par une junte militaire qui ne cache pas son aversion vis-à-vis de la politique française dans le domaine sécuritaire au Sahel ? Massaoudou considère que c’est un mauvais chemin que le Burkina Faso ne doit pas emprunter. En quoi est-il bien placé pour montrer aux Burkinabé le chemin à suivre ? Connaît-il mieux qu’eux la situation sécuritaire de leur propre pays ? Cette ingérence flagrante dans les affaires intérieures du peuple burkinabé n’a pas sa raison d’être même si c’est pour défendre la France. C’est du pur ‘’Karambani’’ comme on dit chez nous. Mais c’est malheureusement le label du président Bazoum et de son camarade ministre d’Etat aux Affaires Etrangères.

O. I
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