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FRADD 2023 : la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies et de l’Agenda 2063 de l’UA au centre de la 9e Session qui se tient à Niamey

Publié le jeudi 2 mars 2023  |  actuniger.com
Cérémonie
© Présidence par DR
Cérémonie officielle d’ouverture de la 9ème Session du Forum Régional Africain sur le Développement Durable (FRADD).
Mardi matin 28 février 2023 : Le Chef de l’Etat, SEM Mohamed Bazoum a présidé la cérémonie officielle d’ouverture de la 9ème Session du Forum Régional Africain sur le Développement Durable (FRADD).
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La capitale du Niger abrite du 28 février au 03 mars 2023, la 9ème édition du forum régional africain sur le développement durable (FRADD) avec pour thème central : « accélérer la reprise inclusive et verte après de multiples crises et la mise en œuvre intégrée et intégrale de l’agenda 2030 pour le développement durable et de l’agenda 2063 ».

C’est le Président de la République SEM. Mohamed Bazoum qui a présidé, mardi 28 février au Centre International des Conférences Mahatma Gandhi de Niamey, la cérémonie officielle d’ouverture de la 9ème Session du FRADD qui s’est déroulée en présence de la Vice-secrétaire générale des Nations Unies, Mme Amina Mohammed, du Président de l’Assemblée nationale SEM. Seyni Oumarou, du Premier ministre SEM. Ouhoumoudou Mahamadou, des Présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement ainsi que des représentants du corps diplomatique, des organisations régionales et internationales et de nombreux invités de marque.

Plusieurs allocutions ont marqué cette cérémonie riche en couleurs dont celle de bienvenue du gouverneur de la Région de Niamey, M. Oudou Ambouka, M. Oudou Abouka, de la Secrétaire d’Etat à la promotion des affaires de la République du Cap Vert, Mme Adalgisa Barbosa Vaz et Présidente sortante de la FRADD, du Secrétaire Exécutif de la Commission économique et sociale des Nations Unies, M. Antonio Pedro et de la Vice-secrétaire générale des Nations unies pour l’environnement, Mme Amina Muhammad.

La promotion d’un monde juste pour accélérer la mise en œuvre des Agenda 2030 et 2063

Dans son discours officiel d’ouverture, le Président de la République s’est félicité du fait qu’après le Rwanda en 2022, c’est au tour du Niger d’accueillir la neuvième session du Forum Régional Africain sur le Développement Durable (FRADD) avant de se réjouir de cette marque de confiance que témoignent toute l’Afrique en général et la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) en particulier à l’endroit du Niger. Après avoir saluer les immenses efforts déployés par le Président rwandais Paul Kagamé dont le pays a présidé, avec un grand succès, la 8e session du Forum, Mohamed Bazoum a souligné que cette 9e Session intervient à un moment crucial pour le continent africain, lequel est confronté à de multiples problèmes, aussi complexes les uns les autres. Des problèmes liés notamment à l’accès à l’eau, à l’énergie propre, aux nouvelles technologies, aux difficultés d’accès aux financements durables pour faire face aux effets néfastes du changement climatique a énuméré le Chef de l’Etat qui a ajouté par la même occasion, que ces problèmes se posent dans un contexte marqué par ailleurs par une croissance démographique élevée provoquant des crises alimentaires et nutritionnelles récurrentes. "Cette croissance échevelée de la démographie combinée à l’amenuisement des ressources naturelles induit par le changement climatique a généré de nouveaux types de conflits aux effets déstabilisateurs pour les Etats", a déclaré le Président Bazoum qui s’est, par ailleurs, réjouit du choix du thème central de la session, "un thème éminemment pertinent au regard de la mutation rapide du monde, mais surtout des enjeux qui lui sont attachés".

Dans son allocution, le chef de l’Etat a indiqué que l’accélération de la reprise inclusive et verte requiert assurément des efforts collectifs et bien pensés, aussi bien de la part des États membres, des entités des Nations Unies, des organisations régionales, des différents partenaires de développement que des acteurs de la société civile et du secteur privé. En d’autres termes, a plaidé le Chef de l’Etat, "nous devons tous nous convaincre d’une évidence ; la réalisation de réels progrès dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030 des Nations Unies et de l’agenda 2063 de l’Union Africaine passe nécessairement par ces efforts qui mettront l’accent sur la promotion d’un monde juste, fondé sur des droits équitables et inclusifs de nature à promouvoir une croissance économique inclusive, la protection de l’environnement et la prise en charge des intérêts des générations futures".

Pour le Président Bazoum, le FRADD constitue une plate-forme pour le partage d’expériences, de bonnes pratiques et de leçons apprises dans les efforts de mise en œuvre des deux agendas, et c’est pourquoi, il a émis l’espoir que cette rencontre de Niamey, s’appuyant sur les acquis des sessions précédentes, puisse fournir des messages clairs, des orientations et les mesures nécessaires pour favoriser la mise en œuvre des deux agendas précités, dans notre région. En effet, a-t-il déclaré, les différentes évaluations des progrès des pays africains dans l’atteinte des ODD ont montré que des performances ont été réalisées dans certains domaines. Cependant, a reconnu le Chef de l’Etat nigérien, au rythme actuel, d’ici à 2030, l’Afrique ne saurait atteindre toutes les cibles des objectifs de développement durable, d’où "la nécessité d’œuvrer pour accroitre et accélérer les progrès, surtout au regard de certaines contraintes telles que l’insécurité et les impacts des changements climatiques susceptibles de remettre en cause les acquis jusqu’ici obtenus". S’agissant justement de ce dernier aspect, le Président Bazoum a estimé que l’insuffisance des financements et l’inadéquation constatée de plusieurs mécanismes de financement des actions de résilience aux changements climatiques constituent des sources de préoccupation pour notre continent. C’est pourquoi, et en référence aux résultats de la 27ième Session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique, il a invité le Forum à des réflexions approfondies qui s’imposent au contexte de l’Afrique pour des solutions innovantes et durables, à même d’améliorer l’accès aux fonds nécessaires pour faire face à ce fléau planétaire, et pour lequel, on le sait bien, notre contient n’est pas le premier coupable.

"J’ai noté, avec satisfaction, qu’au cours de la présente session, vous vous pencherez sur l’examen des progrès réalisés dans l’atteinte des objectifs de 5 ODD dans notre continent ; il s’agit de l’ODD 6 (eau potable et assainissement) ; ODD7 (énergie abordable et propre); ODD9 (industrie, innovation et infrastructure); ODD11 (villes et communautés durables) ; et ODD17 (partenariats pour les objectifs). Il s’agit là des domaines dans lesquels notre région a besoin de progresser pour véritablement éradiquer la pauvreté, protéger la Planète et faire en sorte que tous les êtres humains vivent dans la paix et la prospérité. Nous avons besoin de progrès dans ces domaines pour tendre vers cette Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens, et représentant une force dynamique sur la scène mondiale. Une Afrique qui évolue dans un monde juste, équitable, tolérant, ouvert et socialement inclusif, dans lequel les besoins des plus vulnérables sont satisfaits". SEM. Mohamed Bazoum, Président de la République du Niger

Le FRADD, un tremplin pour accélérer la transformation de l’Afrique

Auparavant, la présidente sortante du bureau du Forum et par ailleurs, Secrétaire d’Etat du Cap vert, Mme Adalgiza Barbosa, a rappelé les objectifs du FRADD, une plate-forme qui offre une occasion unique de réflexions sur la transformation de l’Afrique et un cadre d’échanges exceptionnel sur le devenir du continent. Elle a saisi l’occasion pour faire le bilan du mandat qui vient de s’achever. "Après la déclaration de Kigali, le bureau a mené des actions dont entre autres : la sensibilisation au forum politique de haut niveau sur le développement rural lors des réunions des comités intergouvernementaux des Hauts Fonctionnaires et experts de la CEA… ». La présidente du bureau sortant du FRADD a par la suite exhorté les pays membres du Forum à intensifier les efforts particulièrement sur quatre axes principaux qui sont le développement et le renforcement des mécanisme innovants, la mise en place de la grande muraille bleue sur les mers et océans ; l’accélération de la mise en œuvre des ODD 2030 et de l’Agenda 2063 ainsi que le renforcement de la capacité des jeunes et femmes à tirer profit de la numérisation, la science et la technologie.

De son coté, le Secrétaire exécutif par intérim de la CEA, M. Antonio Pedro, a axé son intervention sur la parfaite coordination du Forum par la ministre nigérienne de l’environnement, tout en appréciant la capacité du Niger d’héberger des évènements d’une telle envergure et surtout d’une telle importance pour le développement de l’Afrique. Rappelant le thème consacré à cette 9e Session, il indiqué que pour assurer le développement durable de l’Afrique, il faut mettre en avant la transformation structurelle du continent à travers le développement du digital ainsi que la relance des chaines de valeur durable. M. Antonio Pedro aussi abordé l’importance de l’intégration verticale et horizontale ainsi que l’harmonisation du travail des Nations Unies pour l’atteinte des objectifs de l’agenda 2030 et 2063 à travers la promotion de l’approche basée sur les résultats et les actions en faveur du climat. « Cette rencontre de Niamey sera la première pour la mise en œuvre et sur la projection de l’Afrique que nous voulons ", a souhaité le Secrétaire exécutif p.i de la CEA.

Intervenant en ligne, la Présidente du Conseil Economique et Social des Nations Unies a estimé pour sa part que la question de la réduction de la pauvreté en Afrique doit être une priorité pour l’atteinte des deux agendas des Nations unies et de l’UA. Dans un message, la représentante du Président de la Commission de l’Union Africaine, Dr Monique Nsanzabgwa, a invité les participants au Forum de Niamey, d’identifier les messages et aussi de faire des recommandations pour l’accélération de la mise en œuvre des deux agendas. Le développement durable du continent, a-t-elle plaidé, repose en grande partie sur le renforcement des capacités d’accès à l’électricité sur le continent, qui est la condition sine qua non pour l’industrialisation de l’Afrique. « L’année passée l’Union Africaine a organisé un sommet sur l’industrialisation. On doit investir dans la chaine des valeurs durables et on doit travailler sur les initiatives telles que la grande muraille verte du Sahel et la Muraille bleue pour les Mers et les Océans", a rappelé Dr Nsanzabgwa qui s’est appuyé sur les leçons tirées de la crise actuelle qui ont montré les limites des pays africains pour prôner une mise en œuvre des deux agendas orientée vers les jeunes en veillant particulièrement à tirer profit de la créativité et de l’énergie des jeunes gens, afin d’atteindre les objectifs des ODD et de l’agenda 2063.

Associer et faire entendre la voix des jeunes pour faire du 21e siècle, celui de l’Afrique

Dans son intervention, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies a déclaré que ce sommet se tient à un moment crucial pour l’Afrique et pour le monde. "Notre monde connaît une série de crises en cascade qui sapent les gains de développement durement acquis et menacent les générations actuelles et futures", a souligné Dr Amina Mohamed qui s’est particulièrement appesanti sur le cas de l’Afrique qui en subit pleinement les impacts avec les retombées socio-économiques de Covid-19, la crise climatique et la guerre en Ukraine. "Au Sahel où l’urgence climatique exacerbe une menace sécuritaire croissante, la propagation du terrorisme et une situation humanitaire catastrophique", a-t-elle mis en relief avant d’ajouter que le réchauffement de 2,7 degrés auquel le monde se dirige, pourrait se traduire par des pertes de près de 15 % du PIB dans la région du Sahel. De plus, a-t-elle ajouté, il y a une crise du coût de la vie sans précédent qui a plongé quelque 23 millions de personnes en Afrique dans l’extrême pauvreté en 2021. "À mi-parcours des objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063, nous sommes loin d’être là où nous devons être", a-t-elle déploré tout en insistant sur le fait que ce n’est pas le moment de désespérer. "Au contraire, l’heure est à la solidarité, au leadership et à l’engagement dans les actions que nous devons entreprendre pour mettre en œuvre les agendas", a rappelé la Vice-secrétaire générale de l’ONU qui n’a pas manqué de rappeler les déclarations du Secrétaire général Antonio Guterres au dernier Sommet de l’UA : « l’Afrique est sur le point de progresser et le XXIe siècle est sur le point d’être le siècle de l’Afrique ».

La Vice-secrétaire générale de l’ONU a tenu particulièrement à saluer le leadership des autorités nigériennes notamment celui du Président Bazoum Mohamed. "Face aux complexités incroyables de l’environnement dans lequel nous vivions, nous réalisons tant de choses avec si peu et de toute urgence pour le peuple et la terre sur laquelle nous vivons", a poursuivi Dr Amina Mohamed pour qui ce processus se fait avec la compréhension commune que "grâce à des solutions dirigées par l’Afrique, nées sur le sol africain, nous pouvons changer de cap et relever le défi de l’Agenda 2063 et des ODD".

"L’Agenda 2030 et l’Agenda 2063 représentent notre voie vers la paix et la prospérité. Nous devons profiter du 9e Forum africain sur le développement durable qui offre une occasion importante de tracer une voie ambitieuse. J’attends avec impatience des délibérations fructueuses et un résultat influencé par l’ambition de l’Afrique, que nous pourrons présenter au sommet des ODD à New York et à la COP28 aux Émirats arabes unis", a conclu la Vice-secrétaire général des Nations unies.

Il faut noter qu’au cours de cette cérémonie solennelle, la jeunesse africaine a fait entendre leur voix à travers un poème brillamment présenté par deux jeunes : Melle Anita Hamidou (12 ans) et M. Djafar Moustapha (11ans) dont le message a fortement ému l’assistance. Conscients que si rien n’est fait dans l’immédiat leur avenir risque d’être compromis, ils ont plaidé pour une synergie africaine face au développement durable et exigé d’être désormais associés dans des initiatives qui les concernent. « Jeunes volontaires pour l’environnement, nous devons préserver notre planète en plantant et entretenir des arbres dans nos écoles. Les générations passées et présentes ont satisfait leurs besoins, laissons-nous un héritage d’une planète saine. », ont-ils plaidé.

A.K. Moumouni (actuniger.com)

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