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La boucle du Niger perd une partie de son histoire
Publié le jeudi 14 fevrier 2013   |  Al Ahram




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Cité historique, Tombouctou fut aux XVe et XVIe siècles l’une des plus importantes villes universitaires de la région. Un grand nombre de ses manuscrits qui attiraient alors des érudits de toute l’Afrique a été brûlé par les djihadistes avant leur fuite.

Les milices djihadistes ont quitté « la ville aux 333 saints », dont ils s’étaient emparés en avril 2012. Mais avant de quitter Tombouctou le 25 janvier, ils ont mis le feu à l’une des bibliothèques de la ville, l’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba, qui avait été inauguré par l’ex-président malien, Amadou Touré en 2009. Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique, a vigoureusement condamné l’incendie volontaire de la bibliothèque, un bâtiment qui renfermait notamment des manuscrits islamiques d’une importance historique considérable. Certains des manuscrits remontaient à l’ère pré-islamique. L’Institut des hautes études et de recherches islamiques Ahmed Baba abritait entre 60 000 et 100 000 textes historiques traitant de nombreux domaines et témoignant de l’histoire du Mali. Choqué par ces destructions, Ihsanoglu a tenu à préciser que ces actes ne peuvent en aucun cas être attribués à la religion islamique monothéiste.

Aux XVe et XVIe siècles, plus de 25 000 étudiants et chercheurs du monde entier étaient présents à Tombouctou pour enseigner ou pour suivre des cours à l’Université de Sankoré. Ils consultaient ces manuscrits rédigés en langues arabe et africaine. Selon des archéologues, certains manuscrits dataient du Xe siècle. Après l’effondrement de l’empire Songhaï, qui s’étendait de l’est du Nigeria à l’océan Atlantique, quelques manuscrits ont été cachés afin d’éviter les pillages. Ils ont de nouveau été dissimulés lors de la colonisation française. En 1973, le centre de documentation et de recherches Ahmed Baba, qui deviendra par suite l’Institut des hautes études et de recherches islamiques est créé. En 2002, le projet Manuscrit de Tombouctou est lancé. Son but est de préserver les manuscrits de la bibliothèque et de les restaurer. Plus de 300 000 manuscrits seraient encore dans Tombouctou et dans les régions alentours, conservés par les habitants.

Certains Tombouctiens assurent que les conservateurs et les archivistes avaient commencé à déplacer certains documents vers Bamako avant l’arrivée des islamistes l’an dernier. Cette semaine, les forces franco-maliennes ont repris sans combattre Tombouctou, sans avoir pu empêcher l’incendie de la bibliothèque. La ville de Tombouctou, située dans la boucle du Niger, était tombée l’an dernier aux mains de rebelles islamistes qui y avaient détruit des mausolées anciens. Les forces franco maliennes ont aujourd’hui reconquis cette cité, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.
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