Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Mali    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article





  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Société

Niger : le coup décisif de l’UNFPA aux indicateurs de la planification familiale
Publié le samedi 8 mars 2014   |  Agence de Presse Africaine




 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

Bankilaré, 10 h du matin. Le Centre de santé intégré (CSI) de cette localité de l’ouest du Niger, distante de 240 km de Niamey la capitale, est comme d’habitude pris d’assaut par la population, notamment les malades et leurs accompagnateurs. En quête de la bonne adresse, ces derniers se livrent à un va-et-vient permanent dans les allées de la structure sanitaire qui, avec son statut de type 2 l’érigeant en centre de référence, abrite plusieurs services dont une maternité.

Avec l’appui d’UNFPA, le Fonds des Nations Unies pour la Population, qui a aidé le personnel sanitaire à y mettre un système de planification familiale efficient, bà¢ti autour d’une sensibilisation au cÅ“ur de laquelle se trouvent les maris des femmes visées, la maternité de Bankilaré ne désemplit jamais.

Les femmes des 92 villages et hameaux ceinturant Bankilaré s’y rendent chaque fois qu’il le faut pour apprendre comment espacer les naissances de leurs enfants, ou pour faire des consultations pré et post natales.

Composé d’un médecin, d’une sage-femme, d’une aide sage-femme, de trois infirmières, de quatre matrones, d’un laborantin et d’un gardien, le personnel du centre, fait face à la demande de soins et est parvenu à améliorer la santé dans cette région du Niger proche du Burkina Faso.

Ainsi, grà¢ce au dévouement du personnel sanitaire que louent beaucoup de femmes et à l’assistance de l’UNFPA qui prend en charge la gratuité des soins, le CSI de Bankilaré a vu en 2012 le taux de consultation prénatale passer de 58 à 98 pour cent et celui des accouchements assistés de 12 à 32 pour cent.

Parmi la cinquantaine de femmes qui vient quotidiennement en consultation, il y a une habituée, Fati Ahmed (nom d’emprunt), 19 ans.

Cette mère d’un enfant de deux ans a opté pour la pilule contraceptive, après avoir été encouragée à adopter la planification familiale par son époux et Nafissa Allassane la sage-femme du CSI dont la disponibilité est louée par toutes les femmes qui ont recours à ses services.

Trouvée en train de prendre des conseils auprès de Nafissa Allassane, Fati Ahmed, à l’instar des autres femmes de Bankilaré, remercie du fond du cÅ“ur la sage-femme, mais ne peut s’empêcher d’insister sur la bonne inspiration du gouvernement nigérien et de l’UNFPA consistant à leur accorder gratuitement des produits contraceptifs et autres implants nécessaires à l’espacement des naissances. ‘’Je ne paie pas et je suis sà»re d’avoir accès à tout moment aux soins désirés’’, se réjouit-elle.

Venue pour une consultation post-natale, Assiby Salou (nom d’emprunt) la quarantaine, relève que les méthodes contraceptives mises en Å“uvre suivant les conseils avisés de Nafissa Allassane lui ont permis jusqu’ici de bien élever ses enfants.

Avec des naissances bien espacées, la femme a su mettre deux naissances, trois ans et une santé de fer qui lui permet de se consacrer à sa progéniture composée de quatre enfants.

Interrogée sur les raisons d’un tel succès, Nafissa Allasane se la joue modeste et salue plutà´t la bonne initiative du gouvernement nigérien et de sa collaboration avec les partenaires, dont surtout l’UNFPA.

Ainsi, selon elle, les produits de consultation et de traitement comme le misoprostol que le CSI de Bankilaré distribue gratuitement aux femmes proviennent de l’UNFPA via Health Development International (HDI), une organisation non gouvernementale nigérienne.

Avec le concours de l’organisme onusien, ajoute Nafissa Allassane, les matrones ont pu suivre une formation en matière de prise en charge des femmes enceintes et les sages-femmes renforcer leurs compétences en technologie contraceptive et planification familiale.

‘’Grà¢ce à l’aide de l’UNFPA, nous avons pu approcher les services de prise en charge de la grossesse aux femmes nomades’’, renchérit Fati Mahmoudou.

Les femmes nomades évoquées par Fati Mahmoudou sont à coup sà»r un casse-tête pour l’équipe dirigée par Nafissa Allassane, du simple fait qu’elles sont mobiles et constituent la majorité des habitantes de Bankilaré.

‘’La difficulté avec ces femmes, c’est leur stabilité’’, reconnait la sage-femme qui, malgré tout, a su convaincre la majorité de ces nomades du bien-fondé de la planification familiale.

Ainsi, dans les villages nomades relevant de son centre de santé, le taux de l’utilisation des méthodes de la planification est passé de 15 à 20 pour cent en 7 ans (entre 2006 et 2013)

Le succès de la santé maternelle noté à Bankilaré a fait boule de neige au Niger et touche ainsi Gabi, un village de la région de Maradi (centre-est de Niamey). Ici, à la place d’un CSI, on a une simple case de santé, mais l’affluence est toujours de mise devant le bureau de la sage-femme, surtout quand c’est jour de passage de l’équipe mobile qui va offrir des services de planification familiale.

Composée d’une sage-femme et d’une infirmière, cette équipe consulte, conseille et pose les implants aux femmes de Gabi qui se bousculent au portillon.

‘’Chaque semaine, c’est cet engouement qui se constate’’, s’enthousiasme Mato Zoulha, une sage-femme de l’équipe mobile, confirmée dans ses propos par Fatma Rabia, une femme d’une trentaine d’années et mère de trois enfants, venue d’un village des environs de Gabi pour se faire poser un implant dès qu’elle a eu vent de l’arrivée de l’équipe mobile.

Peu après l’opération, elle a indiqué avoir compris les bienfaits de l’espacement des naissances lors de ses visites à la case de santé et par l’intermédiaire de son mari qui est membre d’une « école des maris » ; ces « écoles » sont des espaces de rencontres entre hommes mariés pour faire dialoguer et faire la sensibilisation autour de la planification familiale et d’autres thèmes liés à la santé de la reproduction.

Après une demi-journée de travail à Gabi, l’équipe mobile a traité une centaine de femmes qui ont eu droit à la méthode de planification de leur choix pour chacune d’entre elles. A en croire Mme Mato Zoulha, il a fallu arrêter et donner rendez-vous au reste des femmes pour la semaine prochaine car il n’y avait plus de produits à distribuer.

Selon le Directeur régional de la santé publique, Dr Idrissa Mounkaila, le taux d’utilisation des méthodes de contraceptives est passé de 7,6 pour cent en 2011 à 11,65 pour cent pour les trois premiers trimestres de l’année 2013.

‘’Avec l’UNFPA, nous avons mis en place des moyens pour améliorer les indicateurs en faisant la sensibilisation et le plaidoyer auprès des leaders, en mettant à la disposition des centres des intrants nécessaires. Notre objectif est d’environ 85.000 utilisatrices chaque année’’, a rappelé avec optimisme le Directeur régional de la santé publique de Maradi.


DS/cat/of/APA

 Commentaires