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AREVA / Interpellation Ministre des Mines à l’AN : l’opposition entre fuite et compromission
Publié le mercredi 2 avril 2014   |  actuniger


Omar
© Autre presse par DR
Omar Hamidou Tchiana, alias Ladan, Secrétaire Général du Lumana FA.


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Programmée pour une date antérieure, mais repoussée pour cause de la tenue du championnat de lutte traditionnelle à Diffa, l’évènement devant être retransmis en direct à la télé, l’audition du Ministre des mines, par ailleurs chef de file des négociateurs nigériens, a finalement eu lieu le samedi 29 mars dernier, dans un hémicycle à moitié vide.

Les députés de l’opposition ont tout simplement décidé de « sécher » la séance, pour rebondir quelques tribunes plus loin, avec une déclaration que nombre d’observateurs ont qualifié « d’irresponsabilité politique ».

En effet, pendant que le Ministre Tchana devrait répondre à l’interpellation de la représentation nationale, des milliers de nigériens, répondant de leur côté à l’appel de la société civile, se réunissaient Place de la Concertation (devant le Parlement), pour marquer tout l’intérêt que représente pour eux cette question de négociation avec AREVA.

Aussi, c’est évident, il n’y a pas que les manifestants de la place de la concertation qui en étaient préoccupés. Cette question de négociations interminables avec le « géant du nucléaire français », est devenue au fil des jours, le « problème N°1 » de tous les nigériens. Loin de « cristalliser les envies des nigériens » comme le laissent présager certaines littératures, la problématique de l’uranium pour les nigériens, soulève des questions plus essentielles qu’existentielles. Le respect de l’indépendance et de la dignité de leur pays, en font parti. Ce dont les français et AREVA n’ont visiblement que foutre !

Quel genre de lunettes portait l’opposition politique au point d’ignorer royalement les préoccupations des nigériens ? Comment a-t-elle fait pour rater cette occasion de se faire entendre et de poser les questions pertinentes que les nigériens attendaient d’elle sur cette affaire ? Les nigériens n’ont encore pas compris cette attitude de l’opposition regroupée au sein de l’ARDR.

L’opposition peut et doit s’opposer contre un régime, c’est naturel, c’est souhaitable et c’est légitime. Mais tel que ça c’est passé, le peuple qui n’a rien à voir avec la politique politicienne, s’est senti outrageusement offensé et scandaleusement trahi par l’opposition. L’opposition politique nigérienne est aujourd’hui dans la posture d’une fille qui vient de « trahir » son « futur »….

Après la douleur de l’acte posé, place maintenant aux questions pour tenter de comprendre les motivations d’une telle trahison. Rappelons déjà que depuis le début des négociations Niger – AREVA, aucune déclaration de l’opposition n’a été enregistrée.

C’est avec grande stupéfaction que les nigériens observaient le mutisme de l’opposition, notamment de ses ténors (Hama-Ousmane-Seyni), face à une question d’enjeu national. L’opinion leur avait cependant accordé un « ok » compréhensif, en pensant que le temps n’était peut-être pas venu pour qu’ils s’exprimassent sur le sujet. Le temps est venu, mais malheureusement l’opposition n’y était pas.

Pourquoi l’opposition a-t-elle « fui » l’hémicycle ? Pourquoi a-t-elle pris le risque d’agir en total contradiction avec les attentes du peuple ?

Dans la déclaration lue pour rationaliser son geste insensé, l’opposition explique que sa réaction est motivée par son engagement à ne pas cautionner la politique de division des partis de l’opposition, dont Tchana en était l’un des spécimens les plus représentatifs. Soit ! Mais est-ce la meilleure manière de pourfendre la politique de division de leurs partis dont ils tiennent Mahamadou Issoufou comme seul responsable ? La meilleure manière de s’opposer à cette situation, s’il yen a une, c’est de démissionner en bloc de leurs postes de députés, histoire de prouver au peuple qu’on n’est pas là que pour de l’argent.

En réalité, la réaction de l’opposition peut être interprétée comme le signe d’une évidente compromission.

En refusant de se prononcer dès le début des négociations, en évitant soigneusement tous les rendez vous où il faudrait parler d’AREVA (marches et meetings de la société civile), l’opinion nationale avait déjà commencé à soupçonner l’opposition politique de collusion avec le groupe nucléaire français, connu et reconnu, pour sa propension corruptive.

Le boycott de la session d’audition du Ministre Ladan Tchana vient de donner la confirmation magistrale de la compromission de l’opposition dans le dossier AREVA. Tout laisse désormais croire que certains ténors de l’opposition ont reçu leur « part » pour se taire quoiqu’il advienne. Au finish, ce qu’il faut comprendre, c’est que pouvoir et opposition copulent tous avec AREVA, sur le dos du peuple.

AREVA a sans doute réussi à corrompre beaucoup de monde en amont des négociations avec notre pays. Son plan devrait normalement marcher si ça ne tenait qu’aux politiciens nigériens. Mais AREVA a commis l’erreur monumentale de minoriser le poids de la société civile et des journalistes et de penser que les nigériens n’ont ni honneur, ni dignité à défendre. En fait, les négociations ne durent que parce que les deux parties craignent fortement la réaction de la société civile nigérienne et internationale en cas d’accords boiteux.

Moulaye Mahamane, Le Souffle N°18, Maradi.

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