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Affaire curieuse au ministère des transports - Détention extrajudiciaire de sept directeurs régionaux ?
Publié le lundi 20 mai 2013   |  Le Sahel




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Aux termes des disposions de l’article 1er de l’arrêté n°094/ MTT/A/DTT-MF du 24/09/2010, le ministre du transport colonel Ahmed Mohamed instituait la perception des frais pour signature des documents et titres de transport, tout en déterminant les différents montants à l’article 2 du même arrêté.

Chemin faisant et précisément le 27 décembre 2011, la Ministre Salami Maimouna Almou abroge cet arrêté par un autre portant le numéro 0073 MT/SG. Rien d’anormal quand on sait que, la procédure du parallélisme de forme a été respectée. Mais curieusement, suite à une inspection à « l’insu »des concernés, 13 responsables du Ministère des Transports seront arrêtés pour avoir exécuté la décision du Ministre Ahmed Mohamed. Par la suite, les six responsables du Ministère bénéficièrent d’une mise en liberté provisoire (il s’agit du SG du ministère, de 2 conseillers techniques, du DRFM et un de ses agents, de l’inspecteur de service).

Les sept autres directeurs régionaux poursuivis pour détournements de deniers publics et concussion sont laissés à leur triste sort et croupissent en prison. Des lors, l’aberration s’avère grande et l’insécurité inquiétante pour tous les fonctionnaires de l’Etat, si des agents peuvent être jetés en prison, pour avoir exécuté les dispositions d’un texte régulier en la forme. Une telle posture des décideurs publics qui contrôlent la mise en mouvement de l’action publique, met mal à l’aise dans un contexte démocratique où tout doit obéir à la règle de droit.

Car, en l’espèce, on y relève aisément la méconnaissance des textes (l’arrêté instituant la perception des frais) ; la discrimination et la rupture d’égalité (les six autres relâchés et, le ministre jamais inquiété), et surtout la violation de l’article 124 du code pénal relatif à la concussion qui précise que ceux qui se seront rendus « …coupables de délit de concussion, mais qui n’auront pas poursuivi un intérêt pécuniaire, n’encourront que la peine d’amende… ». De ce fait, l’opinion publique se trouve fondée à réclamer justice dans cette affaire où, rien ne justifie le maintien en prison de ces sept directeurs régionaux.

Sinon, pourquoi éviter à tout prix d’auditer la transition, qui de mémoire des Nigériens, selon l’opposition politique, fut l’exemple typique et hors pair de prédation de deniers publics de tous les temps ? Pourquoi ne pas aussi interpeler l’auteur de cet arrêté en l’occurrence le Ministre fut-il animateur de la transition et chef d’Etat major adjoint actuel de l’armée ? Bref, au regard de la situation injuste infligée par le régime de la renaissance à ces pères de familles visiblement détenus arbitrairement, que dira à la postérité, le Ministre de la justice, fervent défenseur des droits de l’homme à une époque récente ?

Que dira aussi devant l’histoire, l’ancien syndicaliste conciliant et ouvert, actuel Ministre de tutelle des personnalités arrêtées ? Que répondra enfin, face à Dieu et au peuple, le Président de la République, lui qui a prêté serment sur le livre saint de l’Islam, de faire respecter les textes et les droits humains ? S’il est vrai pour tous les épris de justice que : « vaut mieux un criminel en liberté qu’un innocent en prison », la responsabilité commune des dirigeants semble plus que jamais engagée.

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