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La nouvelle Communauté des Etats Sahélo-Sahariens face à ses problèmes politico-sécuritaires
Publié le dimanche 17 fevrier 2013   |  Xinhua


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© aNiamey.com par CI bou T
Ouverture du sommet extraordinaire du CEN SAD (Communauté des Etats sahélo-sahariens) à N`Djaména au Tchad


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N’DJAMENA - Au cours de sa session extraordinaire, tenue samedi à N’DJAMENA, la capitale tchadienne, la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) a relancé l’organisation sur de nouvelles bases et examiné des questions politico-sécuritaires qui touchent ses membres.

Les leaders de la CEN-SAD ont adopté un nouveau Traité révisé, le règlement intérieur, le règlement financier de la Communauté, ainsi que les statuts et règlements du personnel.

En attendant l’entrée en vigueur du nouveau Traité révisé, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEN-SAD ont désigné Ibrahim Sani Abani comme secrétaire général par intérim et lui ont demandé de procéder au redéploiement du personnel.

Au titre de questions politiques, de paix et de sécurité, les leaders des pays sahélo-sahariens se sont dit préoccupés par la dégradation de la situation sécuritaire dans la zone, notamment du fait de l’existence de groupes terroristes et des conséquences du Printemps arabe dans les pays concernés, indique le communiqué final des travaux.

Ils ont demandé au président en exercice et au secrétaire général par intérim de réactiver les cadres de concertation en matière de gestion des questions de sécurité et de stabilité, notamment les réunions des ministres de la sécurité, de la défense, ainsi que les services de sécurité extérieure "pour examiner et proposer aux instances des solutions à la mesure des différentes menaces".

Le secrétaire général par intérim de la CEN-SAD et les autorités égyptiennes ont été conviés d’étudier la création, en Egypte, d’un Centre communautaire de lutte contre le terrorisme qui menace tout l’espace CEN-SAD.

Ensuite, les chefs d’Etat du Sahel et du Sahara ont examiné la situation qui prévaut dans certains pays membres de la région: Somalie, Soudan, Mali, Libye et République Centrafricaine.

Sur la Somalie, ils se sont félicités des progrès accomplis sur la voie de la stabilisation de la situation politique et sociale. Ils ont exhorté la CEN-SAD, l’Union Africaine, les Nations Unies et le reste de la communauté internationale à continuer à apporter l’assistance et le soutien au peuple et aux autorités somaliens pour un retour définitif de la sécurité et de la stabilité.

Sur le Soudan, la CEN-SAD a salué les progrès accomplis dans les discussions avec la rébellion du Darfour ayant abouti à la signature à Doha, il y a une semaine, d’un accord entre le gouvernement et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), ainsi que l’accord d’Addis-Abeba en septembre 2012 avec le Soudan du Sud.

Sur le Mali, les dirigeants de la CEN-SAD se sont réjouis des efforts diplomatiques des pays membres de leur Communauté et de l’ensemble de la communauté internationale qui ont permis l’adoption des résolutions 2071 et 2085 du Conseil de sécurité des Nations Unies, ayant jeté les bases d’une intervention internationale au Mali.

Ils ont salué "l’intervention des forces armées françaises qui ont stoppé l’avancée des groupes terroristes vers le Sud du Mali et créé les conditions d’une reconquête des territoires occupés". Ils ont également remercié les pays membres qui contribuent à la Force d’intervention au Mali (Bénin, Burkina Faso, Côte d’ Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo et Tchad), ainsi que les Etats qui, à l’occasion de la conférence des donateurs tenue fin janvier 2013 à Addis-Abeba, ont décidé de soutenir financièrement le Mali.

La CEN-SAD a lancé un appel à tous ses Etats membres "à continuer à apporter leur appui au processus politique, diplomatique et militaire en cours en vue de parvenir à une stabilisation définitive de la situation au Mali et à la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière organisée dans tout l’espace sahélo-saharien".

Sur la Libye, les chefs d’Etat de la CEN-SAD se sont félicités du bon déroulement des élections législatives de juillet 2012 qui ont conduit à l’installation d’une Assemblée constituante et à la mise en place d’un gouvernement. Tout en soutenant les autorités de Tripoli dans leurs efforts de stabiliser davantage la situation sociopolitique (notamment en mettant fin au règne des milices et en récupérant les armes en circulation), ils leur ont demandé d’entreprendre les démarches nécessaires avec les pays voisins pour une lutte coordonnée contre la circulation illicite des armes qui est porteuse des menaces pour la sécurité des pays de la région.

Sur la République centrafricaine, les leaders sahélo-sahariens ont salué la signature, sous l’égide la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), de l’accord de cessez-le-feu et de l’accord politique sur la résolution de la crise politico-militaire signés à Libreville, au Gabon, en janvier 2013, par le pouvoir de Bangui et les mouvements armés. Ils ont appelé les parties prenantes à mettre en œuvre toutes les dispositions desdits accords.

"La Conférence exprime son rejet de toute velléité de prise de pouvoir par les armes et exhorte les acteurs politiques centrafricains à inscrire leurs actions dans le cadre des solutions politiques négociées en vue de résoudre toute revendication politique ou catégorielle", précise le communiqué final.

Par ailleurs, au titre des questions internationales, la session extraordinaire a examiné l’impact des changements climatiques, l’assèchement du Lac Tchad, la crise financière internationale et les relations entre la CEN-SAD et les autres entités, notamment l’Union Africaine, les sept autres communautés économiques régionales du continent, les partenaires multilatérales stratégiques, etc.

Enfin, au titre des questions administratives, la conférence de la CEN-SAD a demandé à tous ses Etats membres à continuer à payer leurs contributions et arriérés de contributions au budget de la Communauté. Tout en saluant l’engagement du gouvernement libyen, elle l’a exhorté à appuyer davantage le secrétariat exécutif de l’organisation afin de lui permettre de retrouver la plénitude de ses moyens matériels et humains.

La treizième session ordinaire de la CEN-SAD aura lieu à Rabat (Maroc), la date devra être fixée ultérieurement par le secrétariat général et les autorités du royaume chérifien.

Une douzaine de chefs d’Etat ont pris part au sommet de N’Djaména: le béninois Yayi Boni, le burkinabé Blaise Compaoré, le centrafricain François Bozizé, l’ivoirien Alassane Dramane Ouattara, le djiboutien Ismael Omar Guelleh, le malien Dioncounda Traoré, le mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, le nigérien Mohamadou Issoufou, le sénégalais Macky Sall, le soudanais Omar El-Béchir, le togolais Faure Gnassingbé et l’hôte du sommet, le président Déby Itno.

Les Comores se sont faits représenter par leur vice-président Nourdine Bourhane; l’Egypte et la Libye par leurs Premiers ministres Heskam Kandil et Ali Zeidan.

Le Togo, l’Erythrée, le Maroc et le Nigeria ont été représentés par leurs chefs de la diplomatie. Les autres pays de l’organisation ont été représentés à un degré moins élevé.

Le Commissaire de la Paix et de la Sécurité de l’Union Africaine, Ramdane Lamamra, le secrétaire général de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), Nassour Ouaïddou, le vice-président de la Commission de la CEDEAO, Dr Toga Gayewea Mcintosh ont également participé aux assises de N’Djaména.

Créée en avril 1998 à Tripoli, en Libye, la CEN-SAD regroupe à ce jour 28 Etats de la zone du Sahel et du Sahara. La présidence de l’organisation est assurée par le Tchad qui en avait accueilli la dernière session en 2010.

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