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Elaboration du Fichier électoral biométrique : qui veut écarter les partis de l’opposition et les non affiliés ?
Publié le vendredi 13 juin 2014   |  La Griffe


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© Autre presse par DR
Réunion du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP) : l’ARN suspend sa participation


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Alors que le Niger essaie de se remettre difficilement de la grave crise sociopolitique qui l’a fortement secoué ces dernières semaines, on assiste depuis quelques jours à une autre polémique qui risque, si on n’y prend garde, de provoquer une nouvelle tension politique.

Il s’agit de ce différend qui oppose les partis de la mouvance présidentielle à ceux de l’opposition et les non affiliés, au sujet du processus d’élaboration du Fichier électoral biométrique que le Niger compte utiliser pour la toute première fois lors des prochaines élections générales.

C’est la Radio et télévision privée Ténéré qui a mis au grand jour la vive polémique au sujet de l’élaboration du nouveau fichier électoral, dans un reportage qu’elle a réalisé à ce sujet le samedi 7 juin dernier.

Les porte-parole des partis de l’opposition et des partis non affiliés (qui ne sont ni de l’opposition ni de la mouvance présidentielle) ont tous indiqué que leurs partis n’ont pas été associés dans l’élaboration des termes de référence pour le recrutement des principaux responsables du comité chargé d’élaborer le Fichier électoral biométrique.

Ils ont précisé avoir entendu et lu dans les médias que l’avis d’appel pour le recrutement des responsables de ce comité a déjà été lancé, alors même que selon le consensus trouvé au sein du Conseil national de dialogue politique (CNDP), tout le processus du choix des responsables et membres dudit comité doit être conduit avec la participation de toute la classe politique. Qui cherche donc à exclure les partis de l’opposition et les non affiliés de ce processus et à quelle fin ?

Comment le Premier ministre Brigi Rafini, qui est président du CNDP et qui doit donc veiller au respect strict de toutes les décisions prises par cet organe, a-t-il accepté qu’une importante partie de la classe politique soit mise à l’écart dans l’élaboration des termes de référence pour le choix des responsables du comité ayant en charge l’élaboration du nouveau fichier électoral ? Ceux qui ont pris cette décision d’ignorer les partis de l’opposition et les non affiliés à cette étape importante de l’élaboration de ce fichier, ont-ils conscience des risques qu’ils font courir au Niger de tomber dans un conflit électoral aux conséquences imprévisibles ?

La plupart des grands conflits qui déchirent certains pays africains, depuis des longues années, tirent leur source des conflits électoraux. Il est donc impérieux que le Niger, qui a jusque-là été épargné de ce genres de conflits, s’en éloigne le mieux qu’il peut. Depuis longtemps, l’opposition regroupée au sein de l’Alliance pour la réconciliation, la démocratie et la République (ARDR) accuse, à tort ou à raison, le Président Issoufou Mahamadou et ses partisans d’être en train de travailler pour obtenir un passage en force lors de l’élection présidentielle de 2016. Quand la même opposition n’est pas véritablement impliquée dans le processus de l’élaboration d’un fichier électoral jamais expérimenté au Niger, il y a de quoi à spéculer.

Comme l’enseigne un adage populaire, mieux vaut rester assis que de faire des mauvais pas de danse. Au lieu qu’on aille sur la base d’un fichier suspicieux et porteur des germes de division, il vaut mieux revenir sur le consensus trouvé au sein du CNDP et aller avec toutes les composantes de la classe politique.

Au-delà des conflits inutiles auxquels ils exposent les pays où ils naissent, les conflits électoraux isolent aussi ces pays sur le plan international car les bailleurs de fonds et les investisseurs n’accepteront jamais d’investir leurs sous dans un pays où les Institutions souffrent d’un déficit manifeste de légitimité.

M.T

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