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34ème édition du Sabre National à Niamey : Pendant 10 jours, la capitale va vibrer au rythme de Goundoua et du Bitti-Haray
Publié le samedi 23 fevrier 2013   |  Le Sahel




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Après Maradi l’année dernière, la région de Niamey accueille cette année à partir la 34ème édition du Sabre National. C’est la 4ème fois que la capitale du Niger organise cet événement. En 1981 déjà, Balla Kado de Zinder a remporté le sabre à l’arène de Niamey devant son coéquipier Langa-Langa. Dix ans plus tard, c’est Ada Masko de Maradi qui effectue un parcours sans faute dans l’arène de Niamey et décroche le sabre devant Oumarou Maty d’Agadez. En 2003 enfin, Mahamadou Abdoulkarim offre son premier sabre à la Communauté urbaine de Niamey, en écartant en finale et devant son public, Dari Wourno de Maradi. Ce rendez – vous de 2013 dans la capitale promet donc des étincelles.

Intervenant à l’occasion d’une réunion du Comité National d’organisation, la gouverneure de la région de Niamey, Mme Kané Aichatou Boulama, a indiqué que sa région est engagée à faire de cette 34ème édition du Sabre National, une édition mémorable. ’’Nous nous sommes organisés en commissions pour accueillir nos hôtes comme il se doit, et faire en sorte que, pendant leur séjour, ils soient hébergés comme il le faut, ils se restaurent comme il le faut, et soient recréés comme il le faut’’ a-t-elle ajouté.
Le Comité National d’Organisation n’a donc pas lésiné sur les moyens pour peaufiner sa préparation. Le Secrétaire Exécutif de ce Comité, M. Abdoulaye Mahamadou, a évoqué la grande expérience accumulée en une génération. ’’Par rapport aux préparatifs, il faut dire que nous sommes à la 34ème édition du Sabre National. Cela veut dire que nous sommes en train d’organiser une activité pour laquelle nous avons accumulé un certain nombre de compétences et d’expertises qui permettent que nous l’organisions avec beaucoup de facilités. Il faut rappeler que pour l’organisation du Sabre National, les dates et les lieux se décident en Conseil des ministres, sur proposition du ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Et cela a été fait, puisque le 22 décembre 2012, le ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, à travers un point de presse, a annoncé officiellement que la 34ème édition du Sabre National se déroulera à Niamey, du 22 février au 3 mars 2013. Suite à cela, il y a eu un Comité national d’organisation qui a été mis en place, et qui regroupe aussi bien des cadres du ministère, de la région de Niamey qui accueille la manifestation, que la Fédération Nigérienne de Luttes (FENILUTTES)’’, a ajouté le Secrétaire Exécutif du Comité National d’Organisation. En dehors de cela, a-t-il souligné, au niveau de la région, il y a un Comité régional qui a été mis en place, parce que de manière pratique, il revient à la région qui accueille de prendre en charge plusieurs aspects de l’organisation, notamment l’hébergement des participants, la restauration des participants, et la mise à disposition des infrastructures, notamment l’arène. ’’Nous avons eu des séances de travail au niveau du Comité National d’organisation, et ces séances de travail ont permis que les différentes responsabilités soient davantage clarifiées.
Parlant des innovations auxquelles le public niaméen doit s’attendre pendant cette 34ème édition du Sabre National, il a indiqué que cette année, on n’a pas une autre activité culturelle en dehors des activités périphériques que le Comité local d’organisation a prévues. ’’Mais par contre, ce que nous avons prévu cette année en termes d’innovations, c’est de faire un spectacle d’ouverture. Comme vous le savez, c’est aujourd’hui 22 février, qu’a lieu la cérémonie d’ouverture. Il n’y aura pas de combat de lutte. Nous avons pensé qu’il fallait tirer la cérémonie d’ouverture jusqu’à la tombée de la nuit, et pouvoir organiser un spectacle. C’est un sous comité qui a préparé la cette cérémonie d’ouverture’’, a dit le Secrétaire Exécutif du Comité National d’Organisation.

Evoquant les aspects techniques de l’organisation de la lutte, notamment les règles d’arbitrage, il a dit que cette préoccupation a été prise en compte depuis longtemps. ’’Il ya de cela trois mois, on a organisé un atelier de relecture du Code de la lutte. Parce qu’effectivement, par rapport à la 33ème édition du Sabre National qui s’est déroulée à Maradi, il avait eu beaucoup de controverses ; des combats qui durent et qui souvent, traînent les gens jusqu’à la tombée de la nuit, ou quand c’est la matinée, jusqu’à 14 heures avec la chaleur qu’il fait. Donc, il y a eu un atelier qui s’est tenu au CCOG et qui a regroupé l’ensemble des partenaires qui sont autour de la lutte traditionnelle : le ministère de tutelle, la fédération, les personnes ressources, les représentants des ligues, et ceux des districts. Ils se sont retrouvés pendant 72 heures pour relire le Code. Et c’est aujourd’hui ce code là qui est relu et qui va être appliqué au cours de la 34ème édition du Sabre National. Ils ont revu la durée des combats ; ils ont revu un certain nombre d’éléments qui ont fait l’objet de controverses à Maradi afin que cela ne soit plus’’, a-t-il annoncé. Comme récompenses pour les lauréats de cette 34ème édition du Sabre National, il y a d’abord les primes de participation. ’’Nous avons estimé qu’il y a des lutteurs qui quittent le Sabre National dans des situations difficiles. Donc, chaque lutteur qui est dans l’équipe régionale (qui est composée de 16 lutteurs), et qui fait le déplacement de Niamey, aura une enveloppe de récompense’’. La grosse récompense, celle du détenteur du Sabre, est de 10 millions de FCFA. Le vice champion a 5 millions de FCFA et les 3ème et 4ème ont aussi leurs récompenses.
Sur le plan technique, en sa qualité de directeur général des sports, M. Abdoulaye Mahamadou, nous a indiqué qu’on peut s’attendre peut-être à des combats de bonne facture. ’’Mais il ne faut pas oublier que même si les arènes ont été animées cette année, elles l’ont été avec pratiquement les mêmes lutteurs. Or, le Sabre National va regrouper 80 lutteurs venus des huit régions du pays. Tant que nous n’allons pas vers la création des clubs qui vont permettre qu’il y ait véritablement un championnat, nous ne serons pas sortis de l’auberge. Au cours de l’année, il n’est pas évident que les lutteurs soient en bonne condition physique pour pouvoir présenter des combats de bonne facture. Mais il y a certains lutteurs qui ont bénéficié de l’animation que la fédération a eu à faire dans les différentes arènes du pays, notamment la coupe Balla Harouna, la coupe du Président de la République, et un certain nombre de trophées qui ont été mis en jeu, et qui leur ont permis d’avoir des compétitions de mise en jambes. Cette année, à deux mois de l’ouverture du Sabre National, le ministre a annoncé officiellement la date. Ce qui a permis aux régions de procéder très rapidement à l’organisation de leurs éliminatoires et de mettre les lutteurs au vert pour permettre leur préparation sur les plans physique et technique. Donc, je pense qu’on peut s’attendre à des combats de bonne facture’’, a-t-il ajouté. Le directeur général des sports a émis une recommandation à l’attention de la Fédération Nigérienne de Luttes. ’’C’est de faire en sorte qu’on ait des clubs qui, au cours de l’année, vont disputer le championnat national. Si on a dénommé la compétition qu’on connaissait sous le vocable de championnat national, en Sabre National, c’est pour permettre à la fédération d’organiser, au cours de l’année, un championnat national. Je pense que c’est cela qui est important : aller vers la création des clubs pour permettre aux lutteurs de toutes les régions de compétir au cours de l’année. Et le Sabre National, il va continuer à être organisé par l’Etat, avec l’appui technique de la fédération et de la région qui accueille la manifestation’’, a conclu M. Abdoulaye Mahamadou.
Historique de la lutte traditionnelle :Une remarquable évolution
Ce vendredi s’ouvre la 34ème édition du Sabre National à l’arène de Niamey. En rappel, il y a une année de cela, les quatre-vingt lutteurs sélectionnés des huit régions du pays s’étaient donné rendez-vous dans la capitale du Katsina. A l’issue des différentes confrontations, Laminou Maidaba d’Agadez avait remporté le sabre, pour la troisième fois de sa carrière. Chaque année, l’enthousiasme et l’engouement que suscite cet événement ne font que croître, donnant ainsi la preuve que ce sport, frappé du label de ’’Roi’’ au Niger, compte des millions d’admirateurs.

Mais, il aura fallu beaucoup de temps pour que ce sport, qui tire toute sa popularité des vertus qu’il incarne, soit hissé sur la scène nationale et même internationale. Car, il faut bien le noter, au Niger, la lutte traditionnelle fait partie des valeurs ancestrales les plus profondes. En effet, la plupart des communautés de l’espace nigérien de l’époque pré-coloniale connaissent la pratique ludique de la lutte avec des variantes en fonction des régions. Les rencontres, qui opposaient les jeunes des quartiers et des villages, se déroulaient sur la place publique ou devant la Cour du Chef, sous la supervision des responsables de la jeunesse (Maï samari), des commerçants jouant le rôle de managers pour les lutteurs. Le calendrier des rencontres est établi suivant les cycles de moissons ou de transhumance. A l’issue des combats, un ’’roi’’ ou le champion de la région est désigné. Quand la renommée d’un lutteur dépasse les limites de sa contrée, des tournées sont entreprises pour lui rendre visite, le vaincre ou se faire battre par lui dans une atmosphère de joie et de gaieté. Selon le directeur technique national de la Fédération nigérienne de lutte traditionnelle, M. Malam Barka Akoda, auteur d’une étude sur la question, les pouvoirs nationaux issus de l’indépendance dans les années 1960 se sont très peu intéressés au développement des pratiques sportives traditionnelles, les reléguant, comme leurs prédécesseurs, aux oubliettes. Il aura fallu la dernière édition de la semaine de la jeunesse, en 1973, pour que la lutte fasse partie du programme de cette grande manifestation nationale.
Il faut dire que la lutte a connu son envol au Niger à partir de 1975, lorsque le gouvernement de l’époque, sous la férule du Conseil Militaire Suprême (CMS), a inséré dans son programme l’organisation successive, dans chaque chef-lieu de département, d’un championnat de lutte traditionnelle. L’objectif recherché par les gouvernants de l’époque était d’abord le renforcement de l’identité et de l’unité nationales et ensuite la cohésion sociale et la mise en place d’infrastructures destinées à la lutte. Pour atteindre ces objectifs, les autorités ont entamé une réforme et la mise en place des instances pouvant prendre, en concert avec le ministère, l’organisation de ces championnats. C’est ainsi qu’une association des lutteurs vit le jour par ordonnance présidentielle N° 7511/PCMS du 13 mars 1975. Cet acte confirme la vision du régime qui veut que la lutte traditionnelle soit un facteur d’unité nationale et d’affirmation de l’identité culturelle des Nigériens. Elle est devenue une grande manifestation culturelle et sportive qui mobilise tout le pays: les pouvoirs publics, les lutteurs, les différents animateurs, les techniciens, les spectateurs, les auditeurs, les téléspectateurs, les sponsors. Chacune de ces composantes joue un rôle précis et complémentaire.

Dans le souci d’assurer une pérennité à la pratique de ce sport, les autorités ont cassé la tirelire pour mettre en place des infrastructures au niveau de tous les chefs-lieux de région. Il s’agit des arènes dont les coûts de construction varient de 80 à 250 millions de francs CFA. Ce qui fait que de 1975 à nos jours, la lutte traditionnelle a connu dans notre pays une évolution positive. Le Niger est devenu un des plus grands pays de lutte à l’échelle mondiale. Il faut dire que, depuis la date historique de 1975, les gouvernants du Niger ont tenu leur pari d’organiser, de manière rotative, le championnat national de lutte traditionnelle dans chaque région du pays. Les seules fausses notes ont été enregistrées en 1985, 1988, 1997, 2004 et 2005 : pour les quatre premières dates, l’événement ne s’était pas tenu en raison de la mauvaise situation alimentaire qu’avait connue le pays et, en 2005, tous les phares de l’actualité internationale étaient braqués sur notre pays qui accueillait les 5èmes Jeux de la Francophonie où la lutte figurait comme sport de démonstration. Et depuis l’édition de 2012 à Maradi, on parle de ’’Sabre National’’ en lieu et place de ’’Championnat national de lutte traditionnelle’’.

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