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Portrait d’une vendeuse de « dambou », les talents culinaires de Roukaya Hama
Publié le mercredi 24 juillet 2013   |  Le Sahel




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Elle n'est plus celle qu'on a connue il y a 20 ans. A l'image des autres femmes des pays voisins, la femme nigérienne participe aujourd'hui à la construction de l'édifice national. Le résultat d'un combat d'une longue haleine. Roukaya Hama en est un exemple concret.

Agée de 30 ans, Roukaya est mariée à un homme polygame. Consciente du quotidien d'un tel foyer et soucieuse du devenir de ses enfants, cette jeune dame décide de mener un combat perpétuel contre les tabous socioculturels qui freinent son épanouissement et son intégration dans la vie sociale. La vente du couscous traditionnel ou « dambou » devient le métier auquel elle se donne corps et âme.

Le dynamisme, le courage, la joie et le zèle dont elle fait preuve dans ce travail sont salués par tous. Huit (8) ans durant, Roukaya s'est perfectionnée dans la préparation et la vente du « dambou » un aliment à base de mais ou de riz, très prisé par le Nigérien notamment en cette période de Ramadan. Une table munie de quelques tasses contenant du dambou, du kopto , de l'huile, du sel et du piment, un banc et un seau d'eau le tout harmonisé constitue son univers de travail. A peine elle finit, d'installer sa table que les bousculades commencent. Les clients arrivent de différents horizons, certains s'agitent de tous côtés tandis que d'autres ne s'inquiètent pas, sûrs d'être servis pour avoir déjà fait leur commande des heures avant.
Bravoure, force et énergie restent ses fideles amies. Véritable battante, Roukaya ne mélange jamais foyer et commerce. ''Je m'organise de façon à toujours bien remplir mes tâches domestiques'' nous confie-t-elle. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette jeune dame a su mettre son talent culinaire, au service de son combat pour son autonomie. En effet, à y voir l'affluence des clients chez Roukaya, l'on conclut qu'elle a l'art de préparer ce plat, très prisé par nos concitoyens.
En dépit des difficultés qu'elle rencontre, elle ne peut que rendre grâce au bon Dieu. ''Je subviens aux besoins de ma famille et réalise peu à peu mes rêves'' dit-elle avec fierté. Mais Roukaya ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. En termes de perspectives, elle entend rénover son business. Aussi, exhorte-t-elle ses sœurs qui attendent encore tout et toujours des maris à «se réveiller» car le temps n'est plus au sommeil mais à l'action. Entre accepter son sort de femme au foyer (femme ménagère), et se battre pour une amélioration de l'image de la femme nigérienne, Roukaya choisit la seconde option. Choix qui lui a valu d'énormes sacrifices. ''Pour moi, la femme marginalisée est surtout celle qui refuse de se battre et de prendre son destin en main'' estime-t-elle.

Zeynabou Bissoundi

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