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Les impunis et protégés de la république
Publié le mercredi 31 juillet 2013   |  Autre presse


Marou
© Autre presse par DR
Marou Amadou, le ministre nigérien de la Justice
Marou Amadou, le ministre nigérien de la Justice


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La justice nigérienne serait-elle uniquement réservée à une certaine catégorie de délinquants ? C’est à dire aux voleurs de cabris et aux agresseurs sexuels ? En tout cas, nombreux sont ceux qui ont perdu confiance en la justice et qui ne croient plus à la volonté des autorités de lutter contre la corruption. Plusieurs cas de détournement de fonds impliquant des hauts responsables ont été révélés, mais rares sont ceux qui ont été poursuivis ou jugés.

Les révélations faites ces derniers jours par les médias sur les détournements de biens publics démontrent l’impunité dont bénéficient les présumés auteurs. Elles font croire que la lutte contre la corruption, tant prônée par le chef de l’Etat n’est que mirage.


L’actuel Ministre du pétrole, monsieur Foumakoye Gado, qui aurait touché 3 millions de nos francs en pots-de-vin dans le cadre du dossier de la gestion des dédommagements des déguerpis de la SORAZ pour l’implantation du site pétrolier du Niger, pourrait lui aussi ne jamais être inquiété par la justice.

Ses collègues, les désormais ex-ministres de l’économie et des finances monsieur Ouhmoudou Mahamadou et de l’équipement monsieur Kalla Hankaraou, ont été limogés pour des faits de favoritisme dans la passation des marchés publics, mais n’ont pas été poursuivis. Ceux-ci ont été promus respectivement à des fonctions de Directeur Général de la BIA et conseiller spécial du président la République avec rang de ministre.

La dernière révélation sur le ministre des affaires étrangères, monsieur Bazoum Mohamed, en a choqué plus d’un. En effet, ce dernier est soupçonné d’avoir effectué un virement bancaire sur le compte de sa fille, étudiante à Paris de la somme d’un milliard de nos francs, soit un million cinq cent mille euros.

Dans tout ça, c’est surtout le silence de la justice et du gouvernement qui étonne. Nombreux sont ceux qui s’attendaient à ce que le président et l’Assemblée Nationale exigent des clarifications, mais a la grande stupéfaction générale, c’est la formation politique dont il est le président qui en a assuré l’interrogatoire.

Mais le président de la République Issoufou Mahamadou n’a pas bougé le petit doigt. Les autres responsables peuvent donc en faire autant, leur poste au sein du gouvernement ne sera pas menacé.

En effet, dans l’affaire dite « SORAZ », selon les dires de l’avocat Me Lirwana rapportées par la presse, 45 millions de nos francs destinés à dédommager des déguerpis de la commune de « Waléléwa » dans la région de Zinder, ont fait l’objet de partage : « D’abord à Zinder, il a donné 1 million au gouverneur, il a donné 10 millions au chef de canton de Waléléwa. Il a donné 1 million à un bafadé du chef de canton de Waléléwa, il a donné 500 mille au maire sortant, il a donné 500 mille à un agent de la mairie, il a donné 200 mille au préfet de Tanout, (…) Il a donné 10 millions à un agent du ministère du Pétrole qui se trouve être un certain Laminou, qui fut rapporteur de l’Etat du Niger dans le dossier. Et il a bien tenu à préciser que la rémunération qu’il a eue, c’est dans mes honoraires (…). Il a donné 3 millions au Ministre du Pétrole, Foumakoye Gado. »

Les preuves accablantes seraient entre les mains de Maître Lirwana.
La récente démission du Secrétaire Générale de l’Assemblée Nationale réconforte toutes ces situations précédemment citées.
Une autre affaire en suspens, les détournements orchestrés au ministère des finances avec l’octroi des marchés fictifs à l’ancien député Zakou Djibo dit Zakaï. Ces complices croupissent d’ailleurs en prison sans qu’il ne soit inquiété. L’auteur principal aurait même bénéficié des nouveaux marchés publics pour la construction d’un amphithéâtre à l’université de Niamey, aux dernières nouvelles. L’autre affaire impliquant le service sanitaire de l’Assemblée Nationale, n’a toujours pas été élucidée.

L’on s’attendait à des explications voire des interpellations les semaines suivantes. Les mois passent, rien ! Depuis, aucune suite n’a été donnée. Une Question me hante à ce sujet, De qui se moque-t-on ?

En démocratie, le droit le plus fondamental qui soit pour un peuple électeur, est celui de l’information duquel découle la transparence dans la gestion des affaires publiques. C’est pourtant ce droit qu’on nous refuse, nous rendre compte.

Pour ainsi dire qu’au Niger « la corruption est devenu la règle, et l’honnêteté l’exception ».

Tout ce beau monde, dont les preuves de détournement sont, soit avérées, soit dans toutes les langues, circule librement. Certains ont repris leurs postes et d’autres ont été promus à des postes encore plus importants.

C’est pourquoi, il nous parait impératif que tous les coupables de ces détournements paient pour leur forfaiture car trop c’est trop.

La révolution sonne à nos portes et il faut que le peuple se réunisse pour barrer la route aux corrupteurs.

AMADOU ADAMOU Bachir

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