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« La guerre de Troie n’aura pas lieu »
Publié le lundi 4 mars 2013   |  Le courrier




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Le 18 février 2013, les démocrates nigériens ont vécu la troisième année de la fin d’une dérive au sommet de l’Etat. Pourtant, personne, jusque dans les arcanes du pouvoir, n’a senti la nécessité de faire le moindre discours pour saluer le retour à une vie constitutionnelle normale.

En lieu et place, on spécule et on ergote sur la réalité des relations partenariales entre les alliés au pouvoir. Principales cibles d’une campagne orchestrée à dessein par des hommes dont l’identité n’est pas forcément celle que l’on croit, Hama Amadou et son parti, le MODENFA/ LUMANA AFRICA ont essuyé ces derniers temps une salve d’attaques à travers la presse. Tous les moyens ont été utilisés dans cette aventure de déstabilisation, y compris ceux que récusent la déontologie et l’éthique journalistiques, voire la morale tout court. Mais bon, nous en avons vu pire dans cette corporation où l’on se donne pour code de conduite de protéger tout le monde, jusqu’aux brebis galeuses qui se permettent d’attribuer des propos inventés par leur diabolique imagination à des acteurs de la vie politique et sociale. Ce n’est pas d’un procès qu’il s’agit, mais de simples constats aisément vérifiables car étayés par des faits tangibles. Dans cette guerre de tranchée, d’arrière-garde où se mêlent parfois dans un même camp d’intérêts partagés, hommes politiques de la majorité et de l’opposition, « journalistes », hommes d’affaires douteux et intellectuels mercenaires de la plume, on remarque une même et seule constante : la volonté acharnée de donner les dimensions d’un feu de brousse à une petite étincelle vite étouffée. La vie politique est ainsi faite, particulièrement dans un contexte de démocratie multipartiste. Il faut s’en convaincre et l’accepter telle, avec ses moments de calme comme si elle n’était qu’un long fleuve tranquille, mais qui peut connaître subitement des accès de fièvre dus à une divergence de vision ou d’intérêts momentanée des acteurs. Une classe politique intelligente sait toujours surmonter ces écueils inévitables à travers le dialogue constructif et la volonté de travailler ensemble à sauver l’essentiel. Autrement, c’est le pire. Le Niger n’a pas besoin d’une crise politique supplémentaire. Il a besoin de stabilité et de travail dans la rigueur et la transparence. La politique est faite de manoeuvres permanentes. Lorsque l’un se bat pour arriver ou revenir au pouvoir, l’autre se bat pour préserver ce pouvoir ou le renforcer. Au sein d’une majorité au pouvoir, ces rapports sont encore plus complexes puisqu’il s’agit de se donner la main pour gérer les affaires publiques. Ils le sont d’autant plus que gérer ensemble ne veut nullement dire s’entendre pour s’enrichir sur le dos du peuple, se taire et laisser faire. Servir l’Etat exige de l’homme politique une certaine hauteur de vue qui l’empêche d’assimiler les affaires publiques à celles de ses partisans et soutiens. Etre co-gérant d’un pouvoir politique ne condamne donc pas l’homme politique à fermer les yeux et à croiser les bras lorsque tout lui commande de parler. S’il se tait lorsqu’il doit plutôt parler, il arrête d’être un homme politique. S’il le fait parce que, simplement, on lui paie à la fin du mois des émoluments importants et qu’il a droit aux honneurs dus aux hommes au pouvoir, alors, il cesse d’être au service du peuple et de l’intérêt général. Ceux qui font ce mauvais procès à Hama Amadou, représentant du peuple par excellence en tant que premier responsable de l’Assemblée nationale sont manifestement de mauvaise foi pour le lui reprocher. N’en déplaise aux pollueurs, Hama Amadou est un homme d’Etat accompli. S’il a eu à exprimer à un moment de sa vie son amertume et ses déceptions vis-à-vis d’hommes dont il était en droit d’attendre plutôt protection et soutien, l’intéressé n’a, par contre, jamais parlé des affaires d’Etat. C’est loin d’être le cas pour d’autres.

Hama n’a pas besoin de montrer ses biceps pour se convaincre et convaincre ses compatriotes qu’il reste un homme d’Etat. Il n’a pas non plus besoin de faire un coup d’éclat pour ça. Mais il est très attaché à l’Etat ; ce dont pourraient se plaindre tous ceux qui ne savent pas encore ce qu’est l’Etat et qui ont tendance à assimiler l’Etat à un néant. La fièvre politique actuelle, entretenue à dessein, essentiellement par voie de presse pour le moment, en vue de lui faire porter la responsabilité d’un ultime crash politique dont le Niger n’a pas besoin, est certes de bonne guerre. Mais elle ne saurait être le fait d’amis et alliés politiques. Tout comme elle ne saurait apporter la moindre solution à un problème qui est ailleurs et dont la résolution tient à la faculté des acteurs en présence à faire leur mea culpa et à s’amender honorablement. La classe politique est à la croisée des chemins. Le PNDS et LUMANA plus que tout autre parti politique. Le Président Issoufou, qui est suffisamment averti des capacités de nuisance de la cour d’un chef d’Etat, doit se battre pour échapper au rouleau compresseur de ces hommes contre lesquels la présidente de la Cour constitutionnelle l’avait déjà mis en garde. Pas uniquement eux, mais tous ceux qui, dans des habits de circonstance, intoxiquent l’atmosphère.

Barmou

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