Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Mali    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article



 Titrologie



Le Courrier N° 331 du

Voir la Titrologie


  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Société

Affaire supposition de bébés : Le reportage trouble de Jeune Afrique
Publié le vendredi 8 mai 2015   |  Le Courrier


Trafic
© Autre presse par dr
Trafic de bébés


 Vos outils




Bien curieuse -pour ne pas dire troublante- coïncidence ce fameux reportage sur les « usines de fabrique de bébés » implantées au Nigéria publié par le magazine «Jeune Afrique», juste au moment où le procès relatif à l’affaire de « supposition de bébés » reprend en appel. Lequel reportage est immédiatement repris, in extenso, par un confrère à la solde des guristes au pouvoir, afin d’en assurer une large diffusion nationale, l’écrasante majorité des Nigériens n’ayant pas accès financièrement ou physiquement au magazine.

Nul besoin d’être un mage pour comprendre les motivations sous-jacentes de l’initiative. Le juge qui a statué sur le dossier en première instance s’étant déclaré incompétent à cause de sa connotation prioritairement civile qui doit être vidée avant de connaître un traitement pénal, il fallait pour les adversaires de l’ancien président de l’Assemblée nationale mettre en place de nouveaux arguments dans l’espoir de convaincre l’opinion que l’accusation n’est pas une vue de l’esprit, un pur montage pour se débarrasser d’un adversaire politique qui fait peur.

Le reportage est paru dans «Jeune Afrique», personne ne viendrait à mettre en doute la crédibilité d’un magazine qui a une grande réputation sur le plan continental voire mondial. Mais une réputation qui est, hélas, sérieusement écornée ces dernières années, par rapport à l’attitude suspecte du magazine, qui a eu à se rétracter sur certaines révélations qu’il a faites concernant notre pays. Comme l’information relative à la livraison de Saadi Kadhafi, le fils du défunt guide libyen assassiné aux nouvelles autorités de ce pays contre espèces sonnantes et trébuchantes ou encore l’affaire du prêt Eximbank de la Chine.

Devant les protestations et menaces de Niamey, l’hebdomadaire de Béchir Ben Hamed a adopté une posture pour le moins trouble, il a avoué n’avoir pas pris le soin de recouper ses sources avant de présenter ses excuses au gouvernement de Brigi Rafini, alors même que la crédibilité des informations publiées sur les deux affaires ne souffrait d’aucun doute. Et l’on se rappelle, c’est dans ce contexte de tension avec Niamey que le magazine a brutalement rompu le contrat de travail qui le liait à notre compatriote Seidik Abba, recruté comme rédacteur en chef par l’organe. De nombreux observateurs ont vite fait le lien entre les révélations dérangeantes publiées par le journal et le licenciement de notre compatriote même si ce dernier a cherché à donner une autre explication de son départ de la boîte. Lesquelles explications n’ont pas tellement convaincu l’opinion.

L’on pense plutôt que le départ de Seidik, qui est soupçonné d’être à l’origine des révélations compromettantes contre le régime, a été négocié. La conseillère française en communication recrutée par la présidence de la République à tout de même ses entrées à Jeune Afrique. Ceci expliquant cela, il est loisible de croire que ce reportage du magazine sur «les usines de fabrique de bébés au Nigéria», juste au moment où le dossier est activé en appel, n’est pas le fait d’une simple coïncidence ; il est fort probable qu’il soit suscité par des mains invisibles.

Histoire de chercher à convaincre l’opinion qu’il ne s’agit pas d’une vue de l’esprit, mais bel et bien d’un fait réel en cours au Nigéria. Mais malgré cette manoeuvre, le problème à élucider reste entier. C’est une affaire qui doit préalablement connaître un traitement civil, avant d’être jugé en pénal au cas où la culpabilité des personnes poursuivies dans le dossier venait à être établie. Toute autre démarche initiée par le gouvernement pour chercher à convaincre l’opinion n’est que pure perte de temps.



Articles associés

Le Courrier
Affaires des bébés stigmatisés : Un grossier montage politique
 

 Commentaires