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Affaires des bébés stigmatisés : Un grossier montage politique
Publié le vendredi 8 mai 2015   |  Le Courrier


Bébés
© AFP par BOUREIMA HAMA
Bébés nés à la maternité de Niamey
NIGER, Niamey : Babies are seen in incubators at the maternity of Niamey on April 24, 2014. Niger`s government and humanitarians fight against the very high maternal mortality in Niger, a poor country with the highest fertility in the world.


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L’arrivée de Mahamadou Issoufou et de ses petits camarades au pouvoir n’a pas fait trois ans qu’ils se sont rendus compte eux-mêmes de leur propre incompétence et de leur incapacité notoire à gérer le pouvoir d’Etat pour le bonheur des citoyens, comme promis lors des campagnes électorales. Cette incapacité, les nigériens l’ont remarquée avant eux.

Incapables de vendre des prouesses inexistantes, empêtrés dans leur impuissance et des scandales politico financiers comme eximbank, le prêt congolais, l’avion présidentiel, la gestion opaque des ressources nationales, les guristes ont déployé une énergie considérable à vouloir démanteler l’opposition politique. Espérant ainsi détruire, en même temps, les opposants politiques qui pourraient faire ombrage à leur poulain aux futures élections présidentielles.

Le harcèlement, l’embastillement, les faux dossiers, contre les animateurs de l’opposition et tous les libres penseurs, participent de cette volonté de disqualifier des concurrents potentiels par des petits moyens que réprouvent les lois de la République ainsi que les valeurs morales et sociales. Ternir l’image des opposants, salir leur réputation : telle est la panacée universelle pour les camarades marxistes léninistes, admirateurs de Staline, le petit père des peuples, exterminateur de plus de 30 millions de russes par une répression sauvage et la provocation des famines dans certaines parties de l’URSS. Le dossier dit des bébés importés ne vise ni plus ni moins. Le caractère politique de ce dossier a été reconnu et relevé par Bazoum, le président Kama min du PNDS, et déflaté du système depuis peu par le Gourou du Guri system. Nous n’allons pas cracher sur un tel dossier, a-t-il dit en substance.

Des ministres de la République, avec peu d’égard pour la séparation et l’indépendance des pouvoirs consacrées par la Constitution, se sont tellement fait remarquer par leurs communications tous azimuts dans ce dossier que les nigériens ne peuvent plus douter de son caractère politique. Techniquement, le dossier, est un fiasco au point où le juge pénal n’a pas tardé à se déclarer incompétent. Un dossier sans plaignants ni partie civile, et qui même dans ce cas devrait d’abord passer devant un tribunal civil. Techniquement donc, le dossier ne tient pas la route même pour le profane peu attentionné, malgré la communication éhontée et désordonnée menée par le Guri system, y compris à l’international, avec les moyens de l’Etat, comme si la survie de tout le système Guri en dépendait. Une communication à travers laquelle on a fait croire aux nigériens que toutes les preuves étaient réunies. Mais maintenant, au plus haut sommet, dans leurs gaucheries de communication éhontée et indigne d’un ministre, des membres du gouvernement sont réduits à demander à Hama Amadou d’accepter de se soumettre à un test ADN, nulle part prévu dans les textes de la République. Hama Amadou est littéralement supplié, prié à genoux, de faire le test, « à cause de Dieu », comme pour lui demander de couvrir leur honte, leur mensonge éhonté. Pourtant, ils disaient avoir toutes les preuves.

Il faut le souligner, c’est à la suite du départ de Hama Amadou et de son parti de la mouvance présidentielle, que ce dossier a été monté. Sous forme de rumeur d’abord, une spécialité du PNDS fort dans la fabrication et la diffusion de fausses rumeurs sur les autres, une trentaine de personne ont été interpellées et incarcérées à partir du mois de juin 2014. Les preuves étaient réunies, nous disait-on. Ils nous ont dit avoir fait les investigations avec les autorités du Nigeria et du Bénin entre autres. Ce qui est faux. La première et l’unique rencontre entre deux agents de la police judiciaire du Niger et l’Agence nigériane contre la traite des personnes a eu lieu à Abuja le 17 septembre 2014. C’était suite à une demande de coopération entre les deux pays formulée par le Niger au Nigeria, en juillet 2014, par le biais de l’ambassade du Nigeria au Niger. Demande à laquelle le ministère des affaires du Nigéria saisit le 1er septembre 2014 l’Agence nationale pour l’interdiction de la traite des personnes et autres questions connexes (NAPTIP).

L’agence quant à elle saisit un de ses départements dans une correspondance en date du 4 septembre 2014 pour les informer et fixer la date de la rencontre le 17 septembre 2014. « Je suis chargé de transmettre la note verbale n°0006727/MAE /C /IA/ NE/SG en date du 14 juillet 2014, reçu de notre ambassade à Niamey-Niger et envoyée par le gouvernement de la République du Niger », écrit un de ses responsables. C’est la seule et unique rencontre entre les deux institutions. Puis rien. Point final à la demande de coopération. Le Niger a-t-il reçu une fin de non recevoir ? Tout laisse croire à cette hypothèse. Une communication abondante et onéreuse, qui a coùté cher au contribuable nigérien la peau des fesses, pour nuire à un seul homme, sur la base de rumeur qui n’intéresse nullement le juge qui se base sur des faits, des preuves et un corps de lois.

Et pour aboutir à quoi ? Un échec, un fiasco. En fait, le Guri ne peut qu’échouer, puisqu’il a consacré trop de temps à ce pour quoi il n’est pas au pouvoir. Et voila les raisons de leur traumatisme politique dont ils ne peuvent se relever. Quand on a fait tant de réalisations que dit avoir fait Mahamadou Issoufou, et qu’on est démocrate, on n’a peur de concourir avec les autres concurrents. C’est ça la démocratie. Pas de démocratie, sans compétition contrôlée par des règles. Et à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le but de toute cette agitation fébrile et irrationnelle de guristes terrorisés, apeurés et hantés par le spectre de Hama Amadou dont la popularité ne fait que croître chaque jour que Dieu fait, c’est d’écarter les opposants de la course. Et l’opposition a prévenu : en aucun cas, il ne saurait y avoir d’élections sans l’opposition, et avec l’actuelle cour constitutionnelle. Que cela soit entendu.

Les nigériens connaitront le dénouement de cette affaire en appel le 11 mai prochain. Le juge dira encore une fois le droit sur l’incompétence du juge pénal et se démarquera de la manipulation politique de l’opinion. Le 11 mai, ce sera aussi le 34ème anniversaire de la mort de Robert Nesta Marley dit Bob Marley, chanteur de la justice et de la liberté. Pure coïncidence ? Time will tell (le temps dira), comme il le dit.

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