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Conférence de presse, à Lomé, du président de la BOAD sur le Plan stratégique 2015-2019 de la banque, la notation de la banque par les agences Moody’s et Fitch et son accréditation par le FEM : La Banque désormais dotée pour aller sur le marché finan
Publié le vendredi 24 juillet 2015   |  ONEP


Conférence
© aNiamey.com par Edem Gadegbeku
Conférence de presse de la BOAD détaillant les priorités de son Plan stratégique 2015-2019
Lomé, le 23 juillet 2015. Siège de la BOAD. Entouré de ses proches collaborateurs, le Président de la BOAD, Christian ADOVELANDE explicite le contenu du Plan stratégique 2015-2019 de cette Banque communautaire qui veut contribuer plus qualitativement à la transformation structurelle des 8 économies de l`UEMOA.


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La Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) vient de vivre deux événements majeurs au courant de ces derniers mois. Elle a obtenu, d’une part, une notation internationale de qualité (Baa1), attribuée par les très célèbres agences Moody’s et Fitch. D’autre part, la Banque a été accréditée par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) comme entité régionale d’implémentation. Ce sont ces deux événements que le président de la BOAD, M. Christian Adovelande, a voulu partager avec les citoyens de toute la sous-région, à travers la conférence de presse qu’il a animée hier matin, au siège de ladite institution à Lomé au Togo. Cette rencontre avec la presse régionale et internationale a été aussi et surtout l’occasion pour la banque communautaire d’échanger sur son plan stratégique 2015-2019.
La notation de la BOAD par les agences Moody’s et Fitch et l’accréditation par le FEM, viennent renforcer la crédibilité de la banque sous-régionale. ’’Avec cette crédibilité internationale, c’est la garantie d’un changement d’échelle qui s’offre aujourd’hui à la Banque’’, estime Christian Adovelande. Ces deux événements sont les résultats des réformes engagées par la direction avec l’accompagnement des Etats membres à travers notamment le respect des standards internationaux, la mise en place d’un dispositif anti blanchiment, la prise en compte des aspects environnementaux, l’amélioration du portefeuille, la maitrise du risque, bref la modernisation de la banque.
Dans ses propos liminaires, le président de la BOAD est revenu sur certains éléments clés qui fondent cette notation par les deux agences, et parmi lesquels M. Christian Adovelande cite le soutien dont l’institution bénéficie de la part de l’ensemble de ses actionnaires ; la qualité et la stabilité de la gouvernance de l’institution, qui n’a jamais connu de crise ; la solide liquidité de la Banque confortée par le fait que ses statuts prévoient qu’elle peut se refinancer auprès de la BCEAO ; la mise en place des politiques efficaces pour la maitrise de risques. ’’La BOAD n’a jamais souffert d’un défaut de paiement sur les prêts consentis à un Etat membre, même dans les périodes où certains Etats étaient en proie à des crises. D’ailleurs, elle bénéficie, vis-à-vis de ces Etats, du statut de créancier privilégié’’, a déclaré le président de la BOAD.
A propos de la notation par Moody’s et Fitch C’est le 15 mai 2015 que Moody’s a attribué une première notation d’émetteur ’’Baa1’’ en devises et en monnaie locale à la BOAD. Avec cette notation, la BOAD occupe désormais le 4ème rang en Afrique derrière la Banque Africaine de Développement (BAD) qui a la notation (Aaa), le Botswana (A2) et Africa Finance Corp (A3). D’après l’agence Moody’s, la notation de la BOAD repose notamment sur ’’une position de liquidité évaluée comme très solide’’, et une forte volonté de soutien de la part de ses actionnaires malgré leurs moyens limités, pour ce qui concerne les membres régionaux. La perspective de notation de la BOAD est stable.

Quant à la notation attribuée par Fitch, elle est intervenue le 11 juin 2015. Cette agence donne à la BOAD une note ’’émetteur à long terme’’ ’’BBB’’ avec perspective stable. L’agence explique que cette note tient compte du fort soutien dont bénéficie la Banque de la part de l’ensemble de ses actionnaires, confirmant ainsi la note de Moody’s. Avec Fitch, la BOAD obtient la deuxième meilleure note en Afrique après la BAD (et devant l’Afrique du Sud). L’agence Fitch a souligné la confiance dont jouit la BOAD de la part des Etats membres ainsi que la bonne maitrise du risque de liquidité. Ainsi, nantie de l’appréciation positive de ces deux agences, la BOAD peut désormais aller sur le marché financier international pour chercher les fonds et aider ses Etats membres dans la mise en œuvre de leurs programmes de développement. Et le président de cette institution ne fait pas de mystère sur les ambitions de la Banque à ce sujet. ’’Nous comptons pour une première opération prélever environ 500 millions de dollars en eurobonds. Nous sommes en discussions avec nos partenaires’’, a annoncé M. Christian Adovelande.
A propos de l’accréditation par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM)
C’est à l’occasion de la 48ème session de son Conseil d’Administration tenue du 2 au 4 juin 2015 à Washington, que le FEM a décidé d’accréditer la BOAD comme entité régionale d’implémentation. Ce qui ouvre désormais à cette institution des possibilités de mobiliser des ressources importantes pour financer des projets environnementaux. Avec ces ressources alternatives, la BOAD entend, selon son président, financer des projets jugés prioritaires et pertinents par les Etats dans les domaines de la sécurité alimentaire et la résilience des populations, les changements climatiques, la biodiversité et la dégradation des terres. ’’Cette accréditation conforte d’ailleurs la BOAD dans son engagement sur les questions environnementales’’, estime M. Adovelande.
En effet, depuis 2003, la Banque a formellement intégré les questions environnementales et sociales dans ses opérations. Consciente de l’impact de la vulnérabilité des populations et des écosystèmes sur le potentiel économique de la région, la banque assure la promotion de projets d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, promeut également la mobilisation de ressources, à travers l’établissement de partenariats ad hoc avec des institutions financières telles que la KfW, l’AFD, la BEI, etc., de même que les mécanismes de financement de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC).
En outre, la création en son sein, en décembre 2014, d’une Direction de l’Environnement et de la Finance Climat (DEFIC), pour porter un regard plus attentif sur l’aspect Finance Climat dans l’Environnement, est une preuve supplémentaire de l’engagement de la BOAD sur les questions environnementales. L’objectif visé par la BOAD est de faire bénéficier, aux pays de la zone UEMOA, l’essentiel des ressources disponibles pour financer les projets environnementaux retenus comme priorités par les Etats et faisant partie des domaines de concentration du FEM.
A propos du Plan stratégique 2015-2019
Ce plan fait suite au premier plan stratégique 2009-2013, duquel le président de la BOAD a tiré un bilan globalement satisfaisant. En effet, a souligné M. Christian Adovelande, la mise en œuvre de plan a permis, entre autres, à la BOAD un accroissement important des niveaux de financement, avec des prêts à moyen et long termes qui sont passés de 209 milliards FCFA en 2009 à 502 milliards en 2013, soit un accroissement annuel moyen de 39,5%. Parallèlement, la Banque a développé de nouveaux types de financements et services durant le quinquennat, en l’occurrence des financements de court terme, le conseil financier et l’arrangement de financements, de même qu’une nouvelle catégorie de prêts à long ou moyen termes dénommés ’’prêts souverains à conditions de marché’’, octroyés aux États en complément des prêts concessionnels. ’’A la fin de la mise en œuvre de ce plan, le niveau total de nos engagements s’établissait à 1.750 milliards de FCFA’’, a-t-il précisé.
Le nouveau Plan stratégique 2015-2019, présenté au cours de la conférence de presse par le directeur du Département de la Stratégie, des Etudes et de la Coopération, s’articule autour de quatre (4) axes essentiels. Il s’agit de l’accélération de l’intégration régionale par un financement soutenu des infrastructures; le soutien à la croissance inclusive, à la sécurité alimentaire et au développement durable ; l’accompagnement des entreprises et des Etats, le développement de l’ingénierie du financement et des services, et l’approfondissement du processus de mobilisation de ressources.
Dans les débats qui ont suivi cette présentation, le président de la BOAD a réitéré l’engagement de la Banque, conformément à ses statuts, à poursuivre le financement des projets et programmes régionaux d’infrastructures (de transport, d’énergie, et de télécommunications). De même, elle soutiendra la sécurité alimentaire et la résilience, renforcera l’inclusion financière, le financement d’infrastructures de base, et appuiera le développement de l’agrobusiness etc. La promotion du Partenariat Public-Privé (PPP), l’amplification du soutien aux PME/PMI, le développement du secteur financier, le renforcement de l’offre de services et de produits non traditionnels sont les autres chantiers qu’entend mettre en œuvre la Banque.
La mise en œuvre de ce plan stratégique implique aussi le renforcement de la capacité d’endettement et le renforcement de la présence de la Banque sur le marché régional des capitaux ; l’accès au marché financier international et l’exploitation des modes de refinancement alternatifs et le développement d’une approche de mobilisation de ressources concessionnelles ciblées, notamment communautaires.
A travers ce plan, la BOAD entend porter la part de financement des projets intégrateurs d’infrastructures à 50% des engagements à moyen et long termes sur le quinquennat, contre une moyenne de 31% au cours des cinq dernières années et de 37,4% en cumul depuis le début des activités; de consacrer environ 60% des financements de la période sous forme de concours aux Etats; de consacrer au moins 50% des ressources concessionnelles non dédiées au développement rural et à la sécurité alimentaire, après la baisse de la part relative de l’agriculture relevée au cours des dernières années (46 % des prêts non marchands entre 2009 et 2013) et de susciter des actions et projets structurants, surtout de dimension régionale, au plan de la gouvernance environnementale et climatique.
Au cours de cette conférence de presse, le président de la BOAD a également abordé des questions actuelles en rapport avec le plan stratégique. Il s’agit entre autres du financement des PME/PMI ; de la suspension des engagements au niveau du guichet concessionnel de la banque ; des relations qu’entretient la BOAD avec les banques commerciales de l’espace et avec les institutions de financement ; de l’intérêt de la BOAD pour les projets dans le secteur minier ; de l’ouverture du capital de la Banque et de la sécurité, etc.
A propos des PME/PMI, M. Adovelande a estimé que la BOAD fait beaucoup pour le développement des PME à travers la mise en place des produits spécifiques, le renforcement des fonds et la mise en place de lignes de crédit pour les banques commerciales, la création d’institutions satellites comme le fonds GARI, etc.
Pour ce qui est du guichet concessionnel, le président de la BOAD a précisé que les décaissements ne sont pas suspendus, mais que la Banque ne fait pas de nouveaux engagements. ’’Nous sommes en discussions avec les partenaires pour trouver une solution à l’insuffisance des financements au niveau de ce guichet’’, a dit M. Adovelande, tout en fondant l’espoir que les ressources alternatives viendront compenser ce gap. Sur le secteur minier, le président de la BOAD a indiqué que la Banque est aujourd’hui suffisamment armée aussi bien financièrement que techniquement pour s’y engager. ’’C’est un secteur porteur de croissance. Il y a des opportunités à exploiter’’ a-t-il dit, précisant que des discussions sont en cours avec les partenaires de la Banque.
Le président de la BOAD a en outre réitéré l’existence de très bonnes relations de partenariat entre la BOAB et les banques commerciales. ’’Il n’y a jamais eu de concurrence entre nous. Au contraire, nous sommes des ’’apporteurs d’affaires pour elles’’, dit-il, prenant l’exemple de la convention signée cette semaine même avec le Gouvernement béninois sur la transition numérique. ’’C’est une convention de 35 milliards de FCFA qui seront entièrement mobilisés par les banques locales’’, précise-t-il.
M. Christian Adovelande n’a exprimé aucune inquiétude relativement à la présence d’autres institutions financières dans l’espace UEMOA, soulignant que la Banque jouit d’avantages comparatifs certains qui ont pour noms la présence, la connaissance des réalités et la maîtrise de l’environnement régional.

Siradji Sanda, envoyé spécial(onep)

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