Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Mali    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article



 Titrologie



Le Monde d’Aujourd’hui N° 153 du

Voir la Titrologie


  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Politique

Arrestations de Hama et ses militants: ce qui fait peur à Issoufou et son clan
Publié le jeudi 19 novembre 2015   |  Le Monde d’Aujourd’hui


Le
© Autre presse par DR
Le Président de la République, S.E Issoufou Mahamadou


 Vos outils




A quelques mois de son premier et probable dernier mandat, le pouvoir du président de la République Issoufou Mahamadou a jeté les germes d’une instabilité dans le pays. Il refuse de dialoguer avec l’opposition politique, il ne laisse aucune chance au compromis à propos des élections, il tente coûte que coûte d’empêcher les candidatures de ses principaux adversaires aux présidentielles à venir, il renie et piétine les libertés publiques, bref, tout est mis en place pour fragiliser la stabilité et le consensus national. Cette logique du pouvoir est illustrée grandeur nature à l’occasion du retour au pays de l’opposant Hama Amadou. Avant de venir, ce dernier, a pris le soin d’informer le monde entier qu’il est résolu à rentrer dans son pays, précisant le jour, l’heure et le vol par lequel il viendrait. Hama a même affirmé sa volonté de se présenter lui même devant la justice pour répondre des accusations portées contre lui.Voilà des garanties qui devraient suffirent à tout régime démocratique et le dissuader à vouloir utiliser la force. Hélas ! Le pouvoir de Niamey n’est démocrate que de nom. Malgré toutes les assurances données par Hama Amadou qui a décidé volontairement de rentrer sans aucune contrainte, le président Issoufou et son ministre de l’Intérieur Hassoumi Massoudou ont mis la capitale en état de siège le samedi 14 novembre 2015 avec un déploiement des forces de sécurité qui a donné à Niamey le visage d’une ville en guerre.Ils ont gazé, matraqué, pourchassé et emprisonné Dieu Sait combien de citoyens. Il aurait tout simplement fallu attendre que les militants et sympathisants du parti de Hama Amadou accueillent leur leader dans la sérénité requise et que celui-ci se présente, comme il l’a du reste promis, devant la justice pour notifier sa présence. Et dans le cas où il n’aurait pas tenu sa promesse, envoyer la force publique le chercher chez lui ou ailleurs. Comme, du reste, ça a été le cas d’Issoufou Mahamadou alors opposant, sujet d’un mandat d’arrêt sous le régime Tazartché de Tandja. Quand il était rentré au pays avec un accueil grandiose des militants de l’opposition de l’époque (CFDR) qui l’avait escorté jusqu’à son domicile, le régime avait renoncé à l’arrêter sur le coup. Rentré vendredi, Issoufou Mahamadou était resté chez lui, sans être inquiété par qui que ce soit, jusqu’au lundi.Il se présentera finalement devant le juge ayant émis le mandat à son encontre qui décidera de le mettre en liberté provisoire. Samedi dernier,si l’on avaitagit de la même façon, on aurait évité tous ces affrontements entrecitoyens et ceux qui sont sensé assurer leur sécurité. Et on aurait évité tout le gaspillage financier que ce déploiement de folie a occasionné. Mais apparemment le pouvoir d’Issoufou Mahamadou a tellement peur de la popularité de Hama Amadou qu’il fallait coûte que coûte empêcher à son parti le MODEN FA de montrer ses capacités de mobilisation avec la démonstration de force qui se préparait. Pour ceux qui ne le savent pas, toute la tension créée et entretenue par le pouvoir samedi dernier n’a d’autre but que d’empêcher que l’opinion découvre que le peuple est avec l’opposition. Ça n’a rien à avoir avec l’exécution d’un quelconque mandat d’arrêt qui était déjà pratiquement exécuté dans la mesure où l’accusé s’est volontairement mis à la disposition de la justice. En d’autres termes, tout ce qui a été utilisé comme ressources humaines (forces de l’ordre), financières (matériels de maintien de l’ordre)et tous ceux qui ont été brutalisés, blessés, ainsi que le garçon qui a perdu la vie, tout ceci ne s’est déroulé que pour des raisons politiques. Le PNDS-Tarayya – dont le secrétaire général se trouve être le ministre de l’Intérieur – après les mises en scènes grotesques de défections des militants de l’opposition en sa faveur, ne pouvait pas accepter que la triste réalité soit découverte avec la mobilisation monstre que l’opposition avait réservée à l’accueil de Hama Amadou. Et sile régime avait laissé cet accueil se dérouler normalement, sans doute que ça aurait été la plus grande mobilisation humaine de l’histoire du Niger. Mais qu’à cela ne tienne le pouvoir a joué et a perdu : il avait juré que Hama ne reviendra pas, il est pourtant revenu, en héros. Le président du PNDS-Tarayya Bazoum Mohamed qui avait parié que Hama Amadou ne rentrerait pas a appris à ses dépens qu’on ne lance pas de défi à certains hommes car ils le relèvent toujours, quoi qu’il en coûte. Hama Amadou est de ceux-là. Maintenant qu’il est là, peu importe qu’il soit en prison ou dehors, ses militants et sympathisants savent que leur champion est avec eux, quoi qu’il arrive. C’est cela le plus important.


Ibrahim AMADOU

 Commentaires