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Incarcération de Hama Amadou : Une détention arbitraire flagrante
Publié le samedi 12 decembre 2015   |  Le Courrier


Hama
© Autre presse par DR
Hama Amadou


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Aujourd’hui, il est connu du monde entier que l’arrestation et la détention de Hama Amadou sont tout simplement arbitraires, par le seul fait du prince. Au demeurant, le ministre de la justice, garde des sceaux, a reconnu lui-même dans sa lettre-réponse au Bâtonnier de l’ordre des avocats du Niger que «toutes les juridictions compétentes sont dessaisies du dossier». De ce fait, sans être spécialiste de la chose judiciaire, il n’y a en la matière, aucune autre personne ou structure compétente pour arrêter Hama Amadou, le samedi 14 novembre 2015.


Un ministre ne peut, encore une fois, ni arrêter ni transférer un prévenu détenu. Seul le juge en charge du dossier en est capable, parce qu’il est le seul autorisé par la loi. Pourtant, Hama Amadou a été arrêté à sa descente d’avion sur la base d’un document où il est écrit la mention «déclaré coupable de complicité» alors qu’un procès n’a pas eu lieu, encore moins une condamnation définitive. Une mention très grave dont les auteurs peuvent être poursuivis conformément à la loi. Du reste, le principe de la présomption d’innocence, principe cardinal dans un Etat de droit, considère que toute personne est supposée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit ré- gulièrement établie au cours d’un procès public et contradictoire, et après tous les recours. Rappelons que le premier mandat délivré contre Hama Amadou dans le dossier dit des bébés importés est considéré caduc, du moment où il a été suivi de recherches infructueuses et que les juges de fond ont été tous dessaisis dudit dossier (tribunal de grande instance, cour d’appel). Un dossier qui se trouve actuellement à la cour de cassation. Le transfèrement de Hama Amadou a également été fait dans les mêmes conditions extrajudiciaires, parce que par quelqu’un qui n’en a pas les compétences : le ministre de la Justice. Tout ministre de la justice qu’il est, il ne peut pas transférer un pré- venu détenu, mais peut commettre d’urgence un magistrat, pour ce faire, tout en respectant les règles de l’art.



La fonction du juge est grossièrement usurpée, royalement ignorée et bafouée par le membre de l’Exécutif, alors que la Constitution de notre pays consacre la sé- paration et l’indépendance des pouvoirs. On comprend dès lors la juste colère du Syndicat autonome des magistrats du Niger (Saman) qui, dans une déclaration rendue publique, a fustigé le mépris dont ils sont l’objet de la part de certaines autorités. Ainsi, le maintien de Hama Amadou en prison relève purement et simplement de l’arbitraire. En fait, depuis le début de cette affaire de bébés importés, concoctés par les camarades marxistes léninistes, en vue uniquement d’affaiblir et écarter Hama Amadou de la course pré- sidentielle, les procédures légales ont été balayées d’un revers de main pour gérer, non pas avec la raison mais la passion et la haine. Le débarquement de Hama Amadou, la levée de son immunité par un bureau incomplet de l’Assemblée nationale, ont été le point d’orgue du plus grand projet de Mahamadou Issoufou, le programme dit de Renaissance étant oublié pour uniquement s’évertuer à détruire un homme : Hama Amadou qui, comme le sphinx, l’homme renaît toujours de ses cendres. Des évé- nements inédits et rocambolesques ont été créés à dessein pour faire l’enfumage nécessaire pour la sale besogne. Le tir au domicile de Hama Amadou pour l’accuser par la suite, les 9 tirs au domicile de Ben Omar que le même Ben a eu le temps de stoïquement compter, suivi d’arrestations massives de militants de Lumana accusés de terrorisme (sic), les multiples, confuses et erronées interventions des membres du gouvernement dans un dossier pendant devant les juridictions compétentes, montrent à suffisance tous les contours politiques de l’affaire. Bazoum l’a dit à qui veut l’entendre, que cette affaire, ils ne vont pas cracher dessus.


Cela veut dire tout simplement, pour ceux qui ont la dent dure ou qui ne veulent pas comprendre, qu’ils vont exploiter politiquement cette affaire. Une affaire sur laquelle le régime a affirmé détenir toutes les preuves de la culpabilité des prévenus, des preuves que les fabricants de ce dossier sont incapables d’apporter au point où certains se ridiculisent en demandant à Hama de les aider en acceptant un test ADN, prévu nulle part dans la législation nigérienne. Ridicule, comme ce ministre d’Etat qui reconnaît sur RFI qu’il est un plaisantin et qu’il n’est pas à prendre au sérieux.


L’arrestation de Hama Amadou et son transfèrement à Filingué sont de la seule initiative personnelle de Hassoumi Massoudou et Marou Amadou couverts par leur mentor Mahamadou Issoufou, qui a pourtant juré «de respecter et de faire respecter la Constitution», et non pas d’un juge. Les droits les plus élé- mentaires de Hama Amadou ne sont pas respectés, comme du reste l’a fait observer le Comité des droits de l’Homme de l’union interparlementaire. Pire, jusqu’ici, le président du Moden Fa Lumana Africa, candidat investi par son parti et opposant invétéré à Mahamadou Issoufou, n’a pas été présenté à un juge. Pourtant seul le juge peut dé- férer, transférer. Peut-on alors dire que nous sommes encore dans un Etat de droit ? Quelles arguties sophistiques peut-on encore avancer pour nous convaincre que Mahamadou Issoufou fait la promotion des droits de l’homme et des libertés fondamentales ?


Bisso

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