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Le Sahel N° du 20/5/2016

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16ème Forum de Doha, au Qatar : "Je suis de ceux qui pensent que les pays en voie de développement ont beaucoup plus besoin d’investissements et de commerce juste et équitable que d’aide publique au development", declare SEM. Issoufou Mahamadou
Publié le lundi 23 mai 2016   |  Le Sahel


Conseil
© Autre presse par Presidence
Conseil de l`entente: réunion des chefs d`Etat et de gouvernement à Niamey.photo : le président nigérien Issouffou Mahamadou.
Mardi 17 Décembre 2013, à Niamey (Niger). Tenue de la 2 ème session ordinaire de Conférence au sommet des Chefs d`Etat et de Gouvernement du Conseil de l`Entente.


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Le Président de la République, Chef de l'Etat, SEM Issoufou Mahamadou, est arrivé, vendredi dernier à Doha, au Qatar, où il a pris part, le lendemain, samedi 21 mai 2016, au Forum de Doha 2016. Dans une allocution qu'il a prononcée au cours du forum, le Président Issoufou Mahamadou a largement abordé la question de la sécurité et de la stabilité dans la sous-région du sahel. Il s'agissait pour le Chef de l'Etat d'attirer l'attention des participants sur les conséquences des inégalités entre pays et au sein d'un même pays. « Ces inégalités créent l'instabilité politique et constituent le principal combustible qui alimente l'incendie que le terrorisme veut allumer dans le monde entier », a-t-il notamment souligné. Aussi, a-t-il plaidé en faveur de la création des conditions de la stabilité et de la prospérité mondiales, sur le plan politique comme sur le plan économique, car, a-t-il ajouté, « il nous faut un monde plus juste et plus humain ». (Lire ci-dessous l'intégralité du discours du Président Issoufou Mahamadou)
"Son Altesse Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, Emir du Qatar,
Majestés, Excellences Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi d'adresser mes sincères remerciements à Son Altesse Tamim Bin Hamad Al Thani, Emir du Qatar, pour m'avoir aimablement invité à participer à ce seizième (16ème ) forum de Doha. Je remercie également son Altesse pour la qualité de l'accueil et de l'hospitalité réservés à ma délégation et à moi-même.
Je salue la pertinence des thèmes que son Altesse a bien voulu soumettre aux débats du présent forum. En effet, débattre, des voies et moyens pour atteindre la stabilité régionale et mondiale ainsi que la prospérité, est d'une brûlante actualité. En particulier, les questions de sécurité et de défense ainsi que celles relatives au développement économique et social constituent les préoccupations centrales de tous les pays.
Altesse, Mesdames et Messieurs,
A la fin des années 80, au moment où s'est effondré le bloc communiste et où a pris fin la guerre froide, on a cru assister à la fin de l'histoire, comme ce fut le cas, en 1806, à Iéna, quand les armées de Napoléon ont écrasé les armées prussiennes. Dans un cas, la fin de l'histoire devrait signifier le triomphe définitif des idées de la révolution française, dans l'autre, le triomphe définitif du libéralisme. On s'est trompé dans les deux cas, car l'histoire continue comme le prouvent les affrontements incessants qui secouent actuellement le monde, signes que le modèle qu'on croit avoir triomphé est toujours contesté. Nous vivons dans un monde incertain et instable, un monde de violence, un monde où des organisations non étatiques affrontent des Etats, un monde où la pauvreté et les inégalités jettent des milliers d'hommes et de femmes, frustrés, dans le camp du terrorisme.
Altesse, Mesdames et Messieurs,
Les inégalités entre pays et au sein d'un même pays n'ont jamais été aussi fortes. Ces inégalités créent l'instabilité politique et constituent le principal combustible qui alimente l'incendie que le terrorisme veut allumer dans le monde entier. Par ailleurs, elles brident la croissance économique mondiale et aggravent l'instabilité économique. Par conséquent, pour créer les conditions de la stabilité et de la prospérité mondiales, sur le plan politique comme sur le plan économique, il nous faut un monde plus juste et plus humain. C'est dire qu'il nous faut concevoir et asseoir une autre gouvernance politique et économique mondiale.
Sur le plan politique, il faut une réforme profonde de l'Organisation des Nations-Unies. Dans la perspective de cette réforme, l'Afrique propose une position articulée à travers le consensus d'Ezulwini, qui prévoit notamment une reforme équilibrée du Conseil de Sécurité où elle serait équitablement représentée en disposant, entre autres, de deux sièges permanents avec tous les droits qui y sont rattachés.
Sur le plan économique, il est évident que le fonctionnement de l'économie mondiale doit être profondément réexaminé. Sa phase de croissance extensive étant désormais derrière nous, les réformes qu'elle nécessite doivent mettre l'accent sur la création des conditions d'une croissance intensive profitable à tous. Cela passe nécessairement par la mise en place d'un meilleur équilibre entre le capital financier et le capital industriel, c'est-à-dire par une orientation plus massive des capitaux vers l'économie réelle. Cette nouvelle orientation peut permettre aux pays en voie de développement de recevoir davantage de capitaux et donc de réaliser d'avantage d'investissements et par conséquent
de soutenir une croissante économique plus forte qui, à son tour, contribuera à la croissance et à la stabilité de l'économie mondiale. Je suis de ceux qui pensent que les pays en voie de développement ont beaucoup plus besoin d'investissements et de commerce juste et équitable que d'aide publique au dévelopment.
Altesse, Mesdames et Messieurs,
La pauvreté et les inégalités alimentent le terrorisme. Nous ne le savons que trop dans la région du Sahel. Ce n'est pas un hasard, si Boko Haram a pu s'installer dans le bassin du lac Tchad. Ce n'est pas, non plus, un hasard, si AQMI a pu s'installer dans le Nord du Mali. Ce n'est pas un hasard si l'ensemble du Sahel est victime de la violence de l'extrémisme religieux et des organisations criminelles de trafics de drogue, des armes, d'êtres humains; etc.
La paupérisation des populations du lac Tchad, conséquence de la raréfaction des ressources liées au retrait des eaux du lac qui a perdu 90% de sa superficie par rapport aux années 60, explique le succès relatif de Bohko Haram. C'est pourquoi, les Etats des pays, qui ont ce bassin en partage, ont élaboré un plan de développement à moyen terme pour sortir ces populations de la pauvreté. Ils ont aussi élaboré un projet à long terme de réhabilitation du lac Tchad à travers le transfert des eaux à partir de l'Afrique centrale. Je profite de la présente tribune pour lancer un appel à la communauté internationale pour qu'elle soutienne le financement de ce plan et de ce projet dont la mise en œuvre permettra de couper l'herbe sous les pieds des terroristes. Bien sûr, à court terme, les Etats du bassin du lac Tchad ont décidé de mutualiser leur capacité opérationnelle et de renseignement pour combattre Boko-Haram. En effet, ces Etats ont mis en place une force mixte multinationale qui est déjà opérationnelle.
Il me semble indispensable de mettre en place, sur le même modèle, une force mixte multinationale pour lutter contre le terrorisme dans le Nord du Mali. Néanmoins, la région du Sahel ne retrouvera la paix qu'à condition de stabiliser la situation en Libye.
Altesse, Mesdames et Messieurs,
Les solutions que je viens d'évoquer pour faire face au terrorisme au Mali et dans le bassin du lac Tchad montrent que la lutte contre le terrorisme peut être un facteur d'intégration. Celle-ci ne se limitera pas au domaine sécuritaire : elle s'étendra certainement au secteur économique.
La lutte que nous menons contre le terrorisme permet donc de confirmer cette leçon de l'histoire selon laquelle, avoir un ennemi à combattre est à la fois la pire et la meilleure des choses. Par exemple, les guerres médiques ont contribué à la grandeur d'Athènes et les guerres puniques à celle de Rome. Pourquoi alors la lutte contre le terrorisme ne serait-elle pas, pour nous, une opportunité d'asseoir des Etats modernes tout en accélérant notre intégration politique et économique ?
Altesse, Mesdames et Messieurs,
La corrélation entre sécurité et développement est désormais bien établie. Or le terrorisme a effacé les frontières géographiques entre pays. Ce faisant il a supprimé la frontière entre sécurité intérieure et sécurité extérieure. Par conséquent, aucun pays ne doit se tenir en marge de la lutte contre le terrorisme car celle-ci conditionne son développement économique et social.
C'est conscient de cela que nous avons conçu, au Niger, le programme de renaissance dont les priorités sont la sécurité et le développement économique et social. Les dispositions que nous avons prises sur le plan sécuritaire font de notre pays un îlot de paix dans la région du Sahel.
Sur le plan économique, nous mettons l'accent sur l'initiative «3N» les « Nigériens Nourrissent les Nigériens », c'est à dire sur la sécurité alimentaire qui a d'ailleurs fait l'objet d'une conférence de bailleurs de fonds, ici à Doha, en 2007. Nous mettons aussi l'accent sur les infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, avec pour objectif la réduction des coûts de transport et de l'énergie pour améliorer la compétitivité de notre économie. Celle-ci passe aussi par le développement du capital humain.

Aussi, mettons-nous l'accent sur l'éducation, la formation professionnelle et technique, l'enseignement supérieur et la recherche. Par ailleurs nous nous efforçons de créer un climat des affaires favorables aux investisseurs auxquels notre pays peut offrir beaucoup d'opportunités, non seulement sur le plan agro-pastoral mais aussi dans les domaines du tourisme (hôtellerie notamment) des ressources naturelles (le Niger est producteur d'uranium, de pétrole, d'or, de charbon, de ciment et recèle beaucoup d'indices d'autres substances minérales). J'invite donc les investisseurs Qatari et tous les investisseurs participant au présent forum de venir investir au Niger. Ils y seront bien accueillis et ils bénéficieront d'un cadre juridique sécurisé. Je souhaite pleins succès au forum de Doha.
Je vous remercie./."

Onep

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