Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Mali    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article





  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Société

Hollande-Issoufou : un dénominateur commun peut-être, mais jamais un commun accord !
Publié le mercredi 25 mai 2016   |  Tamtam-info


Mahamadou
© Autre presse par DR
Mahamadou Issoufou et François Hollande


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

En matière d’énergie électrique quand le Niger éternue la France s’enrhume. L’uranium du sous-sol nigérien alimente les ampoules électriques en France, ça ce n’est un secret pour personne. Si nous étions un état vassal de la France cela se comprendrait un peu. Aujourd’hui après 56 ans d’indépendance nous ne devons pas continuer à subir le problème générationnel d’alimentation en énergie électrique que vivent nos populations à Niamey et un peu partout dans le pays.

Cette semaine nous vous proposons, chers lecteurs, une analyse sur les deux pays qui sont liés par l’histoire et dont les deux dirigeants se disent amis. Mais entre nous, l’amitié est une chose et la réalité en est une autre. L’amitié dont on nous chante jours et nuits, ce sont des intérêts géo-stratégiques qui lient les deux pays ; des intérêts qui en principe devraient être mutuels et censés être bénéfiques pour les deux pays, malheureusement ‘cette grande amitié’ d’intérêts ne favorise que l’un des pays seulement. En occurrence la France.

Tandja/Sarkozy et le ‘Lantarchi’

Avant Issoufou/Hollande il y’avait eu Tandja/Sarkozy. D’abord nous relevons que les presidents français ne se rendent au Niger que dans le cadre sécuritaire et/ou économique. A notre connaissance jamais un président français ne s’était déplacé à Niamey pour voir les enfants qui meurent de faim dans les provinces du pays par exemple. Rappelez-vous de la visite de Koffi Annan alors SG de l’ONU au fort moment de la famine 2005. Paris est plus proche de Niamey, mais c’est de New York que vinrent les délégations VIP pour s’imprégner de l’ampleur de cette catastrophe humanitaire. Par contre, quand la rébellion du MNJ était au fort de sa lutte, quand ces rebelles touarègues (plus proche d’Alger que de Paris) enlevèrent des coopérants européens et français en particulier à Arlit, la France se manifesta et elle l’a fait de vive voix. Rappelez-vous de la visite express de Sarkozy à Niamey en Mars 2009 ?

Nous ne sommes pas partisans de l’ancien président Tandja, mais il aurait le mérite de demander sinon d’exiger un partenariat gagnant-gagnant entre le France et le Niger. Il aurait demandé plus d’équilibre dans la vente de l’uranium pour que les retombées de ce minerai profitent aussi à la masse populaire. Tandja en bon militaire menaça de se tourner vers la Chine. Mieux le président Tandja est parti même loin en demandant séance tenante au président Nicolas Sarkozy que la France à travers Areva finance et construise une centrale nucléaire civile au Niger pour que les nigériens non seulement disposent d’électricité à gogo, mais mieux, qu’ils puissent en exporter.

Le président Nicolas Sarkozy, flanqué du directoire d’Areva (dont Anne Lauvergeon), regarda Tandja et répondît : « à bon ? ok je ne suis pas contre votre idée M. Mamadou Tandja’. La suite on la connait, la fièvre monta entre Paris et Niamey. Tandja voulant passé à la vitesse supérieure fut carrément relâché ‘comme une patate chaude’ par Paris et hop !!c’est le coup d’état de Salou Djibo qui balaya le régime de Tandja et le plaça en résidence surveillée. Depuis l’idée d’une centrale nucléaire civile s’est dissipée dans l’atmosphère du Niger.

Le president Tandja a vu juste en demandant cette indépendance énergétique vis-à-vis de la France. Aujourd’hui une partie de l’électricité consommée au Mali est fournie par la Côte d’Ivoire, la présence d’une centrale nucléaire civile nous aurait permis de vendre ce ‘jus’ précieux à des pays comme le Mali et peut être le Burkina Faso.

Issoufou/Hollande : une ‘amitié chaleureuse et électrique’ mais sans électricité à Niamey

Si le président Tandja avait bien négocié avec le gouvernement de Nicolas Sarkozy et que Issoufou continua dans la même démarche aujourd’hui peut être nous serions sur la bonne voie pour obtenir cette Centrale Nucléaire Civile pour produire de l’électricité et du coup assurer une indépendance totale en matière énergétique. Cela est très important car même le Nigeria qui nous fournit cette électricité est arrivé à ‘bout du souffle’. Et oui, quand nous étions 5 millions d’habitants au Niger nous importions notre électricité du Nigeria. Aujourd’hui encore à l’aube de 20 millions d’habitants nous achetons toujours l’énergie électrique au près du Nigeria. Cette situation doit être une priorité des priorités. Il y’a des barrages hydroélectriques partout sur le fleuve Niger dans d’autres pays (Guinée, Mali, Nigeria) mais pas encore au Niger. Le projet Kandadji dort toujours comme un vieux caïman. Un barrage que la France, elle-même pourrait nous ériger ne serait-ce que pour dire ‘merci’ car près d’une soixantaine d’année elle s’est servi de l’uranium de notre pays pour alimenter ses besoins en énergie électrique.

Le premier mandat du président Mahamadou Issoufou a été celui du ‘peak’ de la relation entre Niamey et Paris. Issoufou avait facilement accès à l’Elysée et à monsieur Hollande (qu’il appelle son ‘ami’) leur dénominateur commun étant l’IS (l’international Socialiste) au sein de laquelle militent le PS et le PNDS. Au lieu d’utiliser cette relation ‘d’amis’ pour faire aboutir le partenariat gagnant-gagnant engagé par le président Tandja, Issoufou se fixa comme priorité la libération des otages français (sans vraiment qu’on lui en demande) avant de partir faire figure de Charlie à Paris. Ainsi donc si notre top officiel, le président Issoufou peut se rendre en France et montrer sa solidarité après qu’un groupe de journalistes eut été froidement assassiné par des terroristes, les officiels français doivent pour autant saisir et comprendre la situation de l’énergie électrique au Niger ; un calvaire qui est à la limite d’une catastrophe humanitaire.

Les nigériens veulent voir leurs amis français (s’ils sont vraiment des amis) lorsque tout le pays est en délestages car sans électricité des semaines et des semaines durant ce sont des vies humaines qui périssent dans des hôpitaux ; des femmes en césariennes meurent sur les lits d’opérations) etc. Du reste, c’est cela une bonne amitié.

Au finish, pour nous tout est virtuel entre Issoufou et Hollande, rien de concret, sauf que Areva continue à exploiter les gisements miniers du pays et des contrats faramineux sont octroyés à des entreprises françaises comme Bolloré en retour Niamey dort dans le calvaire. Comme quoi en 2016 la coopération Niger-France reste encore un boulevard à sens unique et le gagnant c’est François Hollande et son peuple. Ainsi va la vie entre français et nigérien.

Nous osons tout de même espérer qu’au cours du 2ème mandat sous la diplomatie de notre camarade Ibrahim Yacoubou, le Niger ‘revisitera’ les accords et engrangera des retombées dans ce sens .

 Commentaires