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Le Sahel N° du 2/6/2016

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Coupures intempestives d’électricité : Les énergies renouvelables, seule alternative crédible
Publié le vendredi 3 juin 2016   |  Le Sahel


Moustapha
© Autre presse par dr
Moustapha Kadi Oumani, Président du Collectif pour la Défense du Droit à l`Energie (CODDAE)


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Ces dernières années, le secteur de l’énergie électrique connait une crise sans précédant au Niger. Cette crise s’est surtout amplifiée cette année avec la chute drastique de la production électrique au Nigeria, principal fournisseur de notre pays dans ce domaine. Pour le président du Collectif des Associations pour la Défense du Droit à l’Energie (CODDAE), M. Moustapha Kadi, la crise de l’électricité actuelle n’est que la résultante de l’inadéquation ou du déséquilibre entre la disponibilité énergétique et les besoins exprimés. Elle se répercute par des effets déplaisants qu’on peut appeler par euphémisme ‘’délestages’’. En termes clairs, elle illustre bien la situation que vivent les populations. Tantôt, c’est le rationnement de l’électricité ou de bien d’autres désagréments.
Depuis plus de cinq mois, rappelle le président du CODDAE, des coupures d’électricité sont observées à Niamey, la capitale, tout comme dans les autres villes du Niger. Il est encore temps de tirer la sonnette d'alarme afin que tous les acteurs concernés y prêtent attention. Le déficit énergétique actuel, précise M. Moustapha Kadi, constitue un obstacle majeur pour le développement socio-économique du Niger.
Pour étayer son argument, le président du BEN/ CODDAE fait remarquer qu’il ne se passe plus une demi-heure sans qu’un quartier de la capitale ou d’une ville du Niger ne soit privé de l’énergie électrique. La situation est telle, dit-il, qu’on est en droit de se demander comment font les Nigériens pour y faire face. ‘’Dans l’administration et au sein des ateliers de fabrication, c’est à peine si on peut travailler. Les faits sont dramatiques: sur 24 heures, des quartiers ne reçoivent l’électricité que pour à peine quelques heures. La nuit, les délestages plongent les populations dans le noir, a fait remarquer M. Moustapha Kadi. La fréquence de ces coupures d'électricité, poursuit le président du CODDAE, est plus que gênante, elle est infernale. Pourtant, dit-il, chaque consommateur est directement ou indirectement lié par un contrat commercial de droit privé avec la Nigelec.
Cette pénurie d’électricité d’ailleurs a amené beaucoup d’entreprises à se doter de groupes électrogènes très couteux.
S’agissant du projet de loi portant libéralisation du secteur de l’énergie au Niger, le président du CODDAE souligne que l’article 147 de la Constitution de la 7ème République stipule que ‘’l'État s'attèle à développer son potentiel énergétique en vue d'atteindre la souveraineté énergétique, l'accès à l'énergie, et à bâtir un secteur industriel, minier, pétrolier et gazier dynamique et compétitif, orienté vers la satisfaction des besoins nationaux et des exigences du développement.
Les compagnies opérant au Niger sont tenues d'employer, en priorité, le personnel nigérien et permettre son accession à tous les emplois, en rapport avec ses capacités conformément aux lois en vigueur’’. Mais, affirme M. Moustapha Kadi, ‘’les efforts engagés actuellement sont insuffisants, tant en termes d’investissements qu'en termes de capacités de couverture spatiale. Force est donc de conjecturer qu’essayer de traiter ce problème, en conservant les mêmes approches que par le passé, ne le résoudra pas avec la diligence souhaitée.
Aujourd’hui, poursuit notre interlocuteur, personne ne peut mettre en doute que l’accès à l’énergie concourt à la cohésion sociale, réduit substantiellement l’extrême pauvreté et permet de nouvelles activités génératrices de revenus, grâce par exemple à l'économie du temps consacré à la recherche du bois de chauffe. Aussi, l’accès à l’électricité permet, en éclairant les nuits, d’étudier à convenance, de regarder la télévision, d’utiliser les téléphones mobiles, les ordinateurs, etc. De facto, l’accès à l’énergie a le pouvoir de réduire la mortalité infantile, d'améliorer la santé maternelle et de participer à la lutte contre toutes les autres maladies (par exemple en facilitant l'accès à l’eau potable).
En remplaçant le bois par l’électricité, l’on réduit les maladies respiratoires. En outre, un meilleur accès à l’énergie contribue à la préservation de l’environnement en réduisant le déboisement. Au lieu de considérer l’énergie comme un produit de consommation locale, acheté à l’extérieur, elle doit être traitée en termes de flux d’énergie.
Relativement aux solutions alternatives pour sortir du cercle vicieux, M. Moustapha Kadi pense qu’il faut d’abord commencer par réduire nos charges énergétiques, sans toutefois nuire à nos besoins. Ceci passe par l’interdiction des ampoules de plus de 25 Watts dans les foyers et des lampadaires de plus de 100 Watts dans nos rues. Le Niger regorge d’un fort potentiel énergétique naturel : solaire, biomasse, éolien, etc. Il suffit juste de se fixer un cap en disant que d’ici à 2025, 30% de l’énergie consommée doit être produite par les énergies renouvelables. Concernant l’apport des énergies renouvelables pour combler le déficit énergétique, tout dépendra de l’usage qu’on en fera.
Toutefois, un public mal informé peut toujours penser qu’investir dans les énergies renouvelables est un luxe. C’est inexact. En Chine et en Inde par exemple, les énergies renouvelables, telle que l’énergie solaire développée dans les zones rurales et périurbaines, sont en pleine expansion ; c’est même une énergie des ‘’pauvres’’. C’est tout simplement une question de courage politique, d’innovation et de vision. En général, la solution, est de recourir aux nouvelles énergies qui ont l’avantage d’être beaucoup plus accessibles et plus proches des consommateurs. Ainsi, le consommateur pourrait acquérir par lui-même sa capacité de production d’énergie à utiliser. Les solutions solaires sont de plus en plus accessibles avec les lampes solaires ou des mini systèmes solaires d’énergie. Il y a aussi des solutions de stockage d’énergie à l’aide des kits appropriés à travers des chargeurs qui permettent de stocker l’énergie lorsqu’on est alimenté sur le réseau et de la restituer lorsque le réseau est coupé. Il faut surtout s’organiser de manière à avoir des priorités de consommation à la maison, notamment l’éclairage des lampes, et des appareils qui peuvent être alimentés. En définitive, pour rompre avec ce cercle vicieux de coupures intempestives, les groupes électrogènes silencieux et les batteries chargeurs couplées avec des onduleurs sont d’autres solutions à envisager pour ceux qui en ont les moyens, précise le président du Collectif des Associations pour la Défense du Droit à l’Energie (CODDAE), M. Moustapha Kadi.

Hassane Daouda(onep)

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