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Lettre à mes compatriotes: Quel chef d’État autre que Mahamadou Issoufou serait resté, en quête fébrile d’un poste international, alors que son pays est en proie à de graves attaques terroristes ?
Publié le vendredi 10 juin 2016   |  Le Monde d’Aujourd’hui




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Chers compatriotes,
Vous avez sans doute appris l’interpellation et la garde à vue, dans les locaux de la Police judiciaire, du directeur de publication et du fondateur du journal « Le Courrier ». On a probablement trouvé qu’ils dérangent trop ceux qui passent tout leur temps à violer les lois et règlements et qui, pensant avoir trouvé dans l’usage abusif de la force face au droit, la recette pour continuer à gouverner tranquillement comme ils veulent.
Ils dérangent la tranquillité de ceux qui, au mépris de leurs serments coraniques et du devoir sacré qu’ils ont vis-à-vis du Niger, ont fait couler ce pays en cinq ans de pilotage à vue. Ils dérangent ceux qui ont besoin de sérénité ou, pour parler comme eux, de « paix » pour continuer à piller les ressources de l’État, voire à tremper dans de vulgaires fraudes aux concours d’entrée à la Fonction publique. On veut ainsi faire taire la presse qui empêche aux délinquants à cols blancs de dormir tranquillement. Ils ont, donc, été embastillés par une police qui fait dans le deux poids, deux mesures, interpellant les uns pour les traiter comme de vulgaires terroristes ou assassins, interdits de visite tandis que les autres sont couverts d’honneur et célébrés comme des journalistes de grand talent. Mon intention, ici, n’est pas de m’attaquer à un confrère, mais de relever l’injustice flagrante qui frappe Ali Soumana et Moussa Dodo, le parti pris d’une police manifestement manipulée pour le compte d’intérêts partisans. Mon but est de hurler cette injustice inadmissible qui frappe tous les citoyens qui, à l’instar de Moussa Dodo et d’Ali Soumana, ont décidé de mener le combat pour la restauration de la démocratie et de l’État de droit dévoyés ainsi que la dénonciation des violations répétées des lois et règlements, des détournements des deniers publics , bref des pratiques honteuses et éhontées qui ont cours sous Mahamadou Issoufou. Ali Soumana et Moussa Dodo, selon le témoignage de certains de ses proches, n’ont rien perdu de leur superbe. Ils savent, en hommes avertis, qu’il en est ainsi sous Mahamadou Issoufou et qu’ils sont les victimes choisies, aujourd’hui, de l’injustice criarde qui sévit au Niger. Il ne peut en être autrement. Car, lorsqu’on a été capable, même sans adversaire politique, de commettre un holdup électoral pour se maintenir au pouvoir, on ne peut pas ne pas savoir que l’on est impopulaire. Jamais, un régime n’a été aussi impopulaire que celui qu’incarne Mahamadou Issoufou. Depuis qu’il est à la tête de l’État, tout, absolument tout, tourne à la catastrophe. Regardez ce qui se passe à Bosso, dans la région de Diffa. « Boko Haram sera enterré au Niger », claironnait l’homme du 20 mars 2016. Eh bien, Boko Haram est là, plus dangereux pour notre pays que jamais. Outre ces déclarations du genre, qui se révèlent aujourd’hui totalement insensées, il faut bien admettre que Mahamadou Issoufou fait plus que décevoir. Ça va de soi. Que doit-il aux Nigériens par rapport au fauteuil qu’il occupe ? Tenez-vous bien ! Alors que Bosso brûlait, sous les décombres des obus de Boko Haram et les dizaines de morts enregistrés dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (Fds), Mahamadou Issoufou courait derrière l’hypothétique présidence de la Commission de l’Uemoa. Un poste qui, vous devez vous en souvenir, a été obtenu de haute lutte par Mamadou Tanja et que devait occuper Badamassi Annou, le ministre des Finances de la fameuse Transition de Salou Djibo. C’était une savante campagne de presse, rondement menée sur du faux, qui avait permis au tout nouveau gouvernement de Mahamadou Issoufou de remplacer Badamassi Annou par un certain Abdallah Boureima, militant de première heure du Pnds Tareyya et ministre des Finances du gouvernement de l’Afc, dirigé par Mahamadou Issoufou. Mais Dieu est miséricordieux. Cinq ans après, malgré l’existence d’un protocole d’entente signé entre les présidents Abdoulaye Wade et Mamadou Tanja, Mahamadou Issoufou n’arrive toujours pas à caser son poulain, Abdallah Boureima. Lors du récent sommet des chefs d’État de l’Uemoa qui s’est tenu à Dakar, au Sénégal, c’est cette préoccupation qui a retenu Mahamadou Issoufou loin de son pays alors que Bosso brûlait. Quel chef d’État autre que Mahamadou Issoufou serait resté, en quête fébrile d’un poste international alors que son pays est en proie à de graves attaques terroristes ? En fin de compte, il n’a ni interrompu sa mission pour accourir auprès de son peuple ni gagné ce poste pour Abdallah. Il est revenu bredouille pour trouver un pays ruiné dans l’Est de son territoire, avec des milliers de personnes en proie à la faim, à la soif et à l’errance perpétuelle. Donnez du foie à certaines personnes, elles y trouveraient de l’os. L’histoire de Boko Haram au Niger est une tragédie et on se demande bien si, malgré les dizaines et dizaines de milliards prétendument investis dans l’armement des Fds, notre pays ne serait-il pas véritablement le maillon faible de la chaîne ? En tout cas, des zones d’ombre restent à éclaircir. En l’espace de moins de deux semaines, Boko Haram a attaqué le poste militaire de Bosso à quatre reprises, pour finalement y implanter leur drapeau, selon le maire de la localité. Alors, question : du gouvernement ou du maire de la localité, qui raconte des balivernes ? L’élu des populations de Bosso a pourtant affirmé sur Rfi que Boko Haram a bien repris Bosso et que son drapeau y flotte ? Pourquoi continuer à mentir aux Nigériens ?

Mes chers compatriotes, voici deux mois que Mahamadou Issoufou tente, de façon maladroite et hésitante, preuve qu’il est déjà dans le mur, d’asseoir les fondements d’un pouvoir sans âme. Pris entre le marteau et l’enclume, il ne sait plus où donner de la tête et le Niger ressemble de plus en plus à un bateau en perdition qui vogue sur des eaux tumultueuses. L’échec est partout et le Niger est par terre : l’argent a déserté les caisses de l’État, la fraude, la corruption, les détournements massifs de deniers publics constituent pratiquement les caractéristiques essentielles de la gestion des affaires publiques. À ce lot de misères vient se greffer la pire : l’insécurité qui assaille des milliers de citoyens dans la région de Diffa dont Bosso serait toujours sous les bottes assassines de Boko Haram. Et pourtant, le gouvernement ne cesse de prétendre que Bosso est une ville libre, « totalement sous contrôle » alors que le maire de la localité déclare que sa ville est sous occupation des troupes d’Aboubacar Shekau. Extraordinaire ! Qui faut-il croire ? Si la situation est vraiment sous contrôle, pourquoi Mahamadou Issoufou s’est aussitôt envolé pour le Tchad, probablement pour chercher l’appui de l’armée tchadienne ? En at- il besoin alors qu’il lui suffirait de céder l’armement surabondant de sa garde présidentielle à ceux qui sont sur le front de guerre ? Où est passé tout cet orgueil avec lequel il claironnait que le Niger sera le tombeau de Boko Haram ? Ce qui est certain, ce sont des milliers de personnes, selon une source onusienne citée par Jeune Afrique, qui sont en errance dans un rayon de 60 kilomètres, sans abris et tenaillées par la faim, la soif, la chaleur et les intempéries de la nature en cette saison pluvieuse.

Mes chers compatriotes, où va le Niger ? Où va le Niger avec Mahamadou Issoufou ? Pour toute réaction face au désastre, dénoncée par de valeureux journalistes, on envoie la Police les prendre. Ainsi, Ali Soumana et Moussa Dodo du journal « Le Courrier » ainsi que Soumana Idrissa Maïga de l’Enquêteur sont détenus encore dans les locaux de la police judiciaire, les deux premiers pour avoir dénoncé les fraudes dans lesquelles ont trempé Malika Issoufou, Kadidiatou Ly, Foumakoye Gado et autres ; le second pour avoir accepté que le journal fondé par Ali Soumana et dirigé par Moussa Dodo soit édité dans son imprimerie. Où va le Niger si ce ne sont plus les contrevenants à la loi qui sont arrêtés et punis mais ceux qui osent les dénoncer ? Où va le Niger ? Mahamadou Issoufou, je l’ai dit, sait qu’il ne doit rien au peuple nigérien qui, le 20 mars 2016, lui a montré, de la plus belle manière, qu’il n’est pas prêt à lui confier les destinées de notre pays. Pourquoi doit-il faire passer en priorité l’attaque de Bosso par rapport à ce poste international pour un vieux camarade rose ? Le discours d’une armée suréquipée a été dramatiquement démystifié le 3 juin dernier. Il reste à faire les audits nécessaires pour voir où sont passés ces dizaines de milliards qu’on dit avoir investis dans l’armement des Fds. Il reste à comprendre comment ce qui s’est passé à Bosso est-il arrivé ? À comprendre comment une si forte colonne de véhicules a pu traverser la frontière et s’approcher du poste militaire de Bosso sans attirer l’attention des services de renseignements nigériens et surtout des bases militaires françaises et américaines qui, Mahamadou Issoufou l’a dit dans son discours du 2 août 2015 si j’ai bonne mémoire, aident notre pays particulièrement dans le domaine des renseignements militaires ? Est-ce nos partenaires français et américains qui ont failli, cas de figure dans lequel nous ne trouvons aucune utilité à leur présence sur le territoire nigérien ? Ou bien, est-ce une défaillance du côté nigérien qui nous a valu ce drame de Bosso ? La lumière doit être faite sur cette affaire qui s’est soldée par un bilan redoutable. Bosso est foudroyée, désormais sans âme et Diffa, selon certaines sources, craint le pire. Il y a de quoi lorsqu’on connaît la distance qui sépare les deux localités.
Que Dieu protège le Niger et son peuple !


Mallami Boucar

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