Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Mali    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article





  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

Société

Médias d’Etat-internautes : la guerre des mots
Publié le lundi 27 juin 2016   |  Nigerdiaspora




 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

Après l’attaque sanglante perpétrée par des éléments de Boko Haram à Bosso et qui a coûté la vie à plusieurs de nos soldats, certains journalistes et certains acteurs de la société civile sont montés au créneau pour jeter l’anathème sur le pays, démoraliser les FDS et appeler au renversement du régime par l’armée. Ce lever de boucliers a été fatal à Mme Nathalie Prevost, correspondante au Niger de TV5, qui a vu son accréditation retirée par la Ministre de la Communication et à l’acteur de la société civile Ousmane Abdoul Moumouni, condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis.
Comme en pareilles circonstances, les médias d’Etat en l’occurrence Télé Sahel et Sahel Dimanche ont été mis à contribution par le régime pour casser et « cogner » sur des apatrides. Ainsi coup sur coup, jeudi soir et vendredi matin, les sergents s’en fout la mort des autres ont canardé et bombardé. Pour le Sahel Dimanche, « pendant que l’heure doit être à un sursaut patriotique et à une mobilisation générale de tous les Nigériens pour galvaniser notre Armée nationale ; pendant que l’heure doit être à une union sacrée derrière notre drapeau national ; pendant que l’heure doit être au renoncement des idées particularistes pour ne voir que l’intérêt général ; pendant que l’heure doit être à une paix de braves et au rassemblement derrière les autorités que Dieu nous a choisi, des individus mal intentionnés et pyromanes à l’excès, répandent leur venin perfide pour démobiliser et démoraliser nos braves et vaillants FDS.

Cette manière basse et éhontée de faire la politique doit être condamnée et combattue sans merci. Elle s’apparente ni plus ni moins à une sorte de haute trahison, à une connivence avec l’ennemi et à une collaboration déguisée pour déstabiliser le Niger ; déstabiliser nos institutions républicaines et faire le lit de la chienlit.
En effet, en s’attaquant à l’armée, qui, jour et nuit, se bat héroïquement contre les forces du mal pour préserver notre pays et la dignité de son peuple, par la médisance et la calomnie, ces terroristes intellectuels ont déclaré la guerre à toute la Nation. Ils doivent dès lors être considérés comme des ennemis du peuple et traités comme tels.

La loi doit être alors appliquée dans toute sa rigueur contre ses pêcheurs en eaux troubles. Tout comme, elle doit être implacable contre certains compatriotes qui déversent leur haine et leur mépris sur les réseaux sociaux, contre les institutions républicaines.

En appelant au renversement d’un régime démocratique, issu des urnes, ces apatrides poursuivent les mêmes objectifs que la nébuleuse et abjecte Boko Haram, à savoir déstabiliser notre pays et détruire notre cohésion sociale ».

Le ton de Télé Sahel est encore plus incisif et les mots employés plus durs et plus destructeurs. Réagissant à ces réquisitoires, la toile a bondit pour qualifier cette sortie de « lynchage médiatique et systématique des activistes et internautes ». Pour un des blogueurs, l’édito de Télé-Sahel est un tract. Il le qualifie de nauséabond pour la Paix, pas du tout sage, pour "quelqu'un" qui s'adresse à au moins 10 millions de Nigériens. Mais, c'est aussi "ça" lorsqu'on cherche son chemin dans les labyrinthes roses, on accuse tout le monde d'être mercenaires et on se présente comme un Don Quichotte, un Deus ex-machina. Tout ceci pour "manger". On a compris. Les uns et les autres veulent se frayer un chemin pour atteindre la marmite acte 2! Le même blogueur qualifie l’édito paru dans Sahel-Dimanche, d’un texte archi-endormeur et quasi-ronronneur dans lequel le même mode opératoire est utilisé: lyncher les activistes, lancer un haro sur ceux qui disent exactement les choses telles qu'elles sont, et se présenter comme un moralisateur. Il est long et fastidieux à lire ce papier qui fait l'apologie pure et dure du lynchage contre des empêcheurs de gouverner en rond.

Ubuesque lorsque des "Bob Denard" accusent ceux qu'ils ont en face d'eux de mercenaires! Un autre renchérit en soulignant qu’en lisant, ce matin, comme à l’accoutumée, l’éditorialiste de « Sahel Dimanche », j’en étais presque estomaqué et me doutais si lui-même n’était pas tombé dans cette pratique dégoûtante qu’il tente maladroitement de tancer au moyen d’un réquisitoire beaucoup plus propagandiste que journalistique. On a l’impression que cet édito aussi parle comme les boutefeux, il incite à l’animosité et à l’atteinte aux libertés et à la démocratie comme ces compatriotes « apatrides ».

Cet éditorial est plus qu’interloquant de par les déductions (hâtives) trempées de rapprochement et de syllogismes dangereux pour la démocratie. L’éditorialiste qui s’est fagoté des costumes de justicier est allé ressusciter Seyni Kountché non pas pour faire le lien avec les détournements de deniers publics et autres passe-droits en cours, mais en appeler à...sévir. Une lecture parodique de la citation du défunt Général, qui même si on lui reconnait une certaine intégrité dans la gestion des biens collectifs, aura quand même usé, dans beaucoup de cas, de méthodes rustres pour « discipliner » les Nigériens. Normal, peut-être, puisque son régime n’était ni élu, ni démocratique. L’anormal ici, c’est de vouloir ressusciter les « pratiques » d’exception pour « rétablir » une autorité d’un Etat de droit prétendument contestée. Kaytcho.

La propagande de guerre est aussi nauséabonde, et il ne faut pas transformer nos médias (publics) en des instruments d’intoxication pour diaboliser à tout venant et justifier des agressions aux libertés publiques, conclut-il. Sans entrer dans cette polémique nauséabonde, nous disons aux uns et aux autres que nous n’avons qu’une seule patrie : le Niger, une seule armée qui se bat avec ses moyens pour nous défendre et un Etat de droit à préserver. Seul le Niger compte. Donc nous sommes contre tout ce qui va à l’encontre de l’intérêt général ; nous sommes contre ceux qui ne veulent pas de la paix au Niger ; nous sommes contre ceux qui découragent notre armée ; nous sommes ceux qui remettent en cause la démocratie et l’Etat de droit. Donc battez-vous avec des arguments, mais…pacifiquement.

Boube Boureima

 Commentaires