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Perspectives économique pour l’Afrique : «Le moment est venu de changer de cap…»
Publié le jeudi 21 juillet 2016   |  Tamtam Info


La
© Autre presse par DR
La Directrice du Département Afrique du FMI, Antoinette M. Sayeh


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Depuis quelques mois, les spécialistes des questions économiques qui s’intéressent à l’Afrique, appellent avec insistance à un changement de cap, afin que l’Afrique puisse se tirer de la mauvaise passe que traverse son économie, dont le taux de croissance en chute.
En 2015, le taux de croissance économique, est tombé à 3%, son plus bas niveau pour les quinze dernières années, relève la Directrice du Département Afrique du FMI, Antoinette M. Sayeh à travers un article intitulé « Un changement de cap s’impose », publié dans le numéro de juin de Finances et Développement (F&D).
Les projections du FMI sur l’Afrique annoncent aussi un ralentissement de la croissance globale qui devrait s’établir cette année à 3 %, alors que les perspectives de croissance varient sensiblement d’un pays à un autre. « En net recul par rapport aux 6 % environ de la décennie écoulée et à peine plus que la croissance démographique. De fait, la croissance du PIB par habitant sera inférieure à 1 % pendant deux années de suite pour la première fois depuis la fin des années 90 », souligne Antoinette M. Sayeh.
Il y a donc fort à craindre, pour les progrès enregistrés en matière d’indicateurs de santé et des niveaux de vie, qui ont connu une amélioration ces quinze dernières années du fait justement de la croissance enregistrée jusque là. Entre 2004 et 2008, cette croissance était d’environ 8% et même au-delà, au niveau de l’Afrique Subsaharienne, avant de dégringoler pour se retrouver autour de 3% en 2015. Les mauvais effets de l’effondrement des cours des produits de base comme le pétrole, sur certaines grandes économies, le resserrement des conditions financières et, plus récemment, la sécheresse qui sévit en Afrique australe et orientale, sont entre autres les causes de ces multiples chocs qui affectent l’économie de la région.
Des pays comme le l’Angola, le Nigeria, on été affectés par la baisse du cours du pétrole. Une situation qui reste difficile malgré le redressement des cours en 2016. Même les pays exportateurs de produits non énergétiques, comme l’Afrique du Sud, le Ghana et la Zambie, ne sont pas l’abri du choc de la chute des cours.
Mais il n’ ya pas de raison de voir tout en noir, du fait des effets de la chute des cours de l’or noir, et de certains produits de base. Certains détails de cette situation générale quelque peu alarmante, font apparaitre des éclaircis, voire des contrastes plutôt rassurants. Pris séparément, les pays de ce puzzle constituant l’Afrique, présentent une situation rassurante. Mieux, explique Antoinette M, Sayeh, « un grand nombre d’entre eux, notamment parmi les plus pauvres, continuent d’enregistrer une croissance vigoureuse.
L’analyse de Antoinette M. Sayeh incite à l’optimisme. Ainsi, la plupart des importateurs de pétrole s’en sortent généralement mieux, avec des taux de croissance dépassant 5 %, grâce le plus souvent aux investissements d’infrastructures et à la vitalité de la consommation privée ».
Des pays comme le Kenya devraient ainsi voir leur croissance atteindre 6 % en 2016, en s’appuyant sur l’investissement dans les transports, une accélération de la production d’électricité et un rebond du tourisme. De même, le Sénégal devrait continuer d’enregistrer une croissance forte, de 61/2%, grâce à l’amélioration de la productivité agricole et à un secteur privé dynamique. Même perspective, en Côte d’Ivoire, où les cours élevés du cacao et la bonne production agricole, ainsi que les investissements prévisibles à la suite des récentes élections présidentielles, devraient pousser la croissance à 8% % cette année.
Dans d’autres pays, comme la République centrafricaine, qui se remettent de chocs majeurs ou de conflits, les perspectives de croissance s’améliorent de nouveau. Enfin, la chute des cours du pétrole a bénéficié à beaucoup de ces pays, même si la baisse des cours des autres produits de base et les dépréciations monétaires ont en partie effacé cet avantage.
A en croire la Directrice du Département Afrique du FMI, il ya des raisons d’espérer quant aux perspectives, surtout en ce qui concerne le moyen terme, car sur le plan intérieur, les ressorts de la croissance de la décennie écoulée sont toujours là. La nette amélioration du climat des affaires et une démographie favorable vont sans doute jouer un rôle important pendant les décennies à venir, estime-t-elle. En effet beaucoup de pays africains sont engagés dans des actions visant l’amélioration du climat des affaires, comme c’est le cas au Niger où plusieurs mesures dont un code des investissements très avantageux ont été adoptées dans ce sens.
Un changement de cap s’impose pour l’Afrique…
Prenant en compte le « robuste potentiel» de la région, et sans négliger certains paramètres et les facteurs de risques, la Directrice du Département Afrique du FMI, relève que la croissance espérée n’est pas «à l’abri des multiples transitions à l’œuvre au sein de l’économie mondiale ».
D’où sa recommandation quant à la démarche à adopter : « Pour réaliser le fort potentiel de la région, un changement de cap radical s’impose dans beaucoup de pays. Il est particulièrement urgent dans deux groupes de pays : ceux qui exportent des produits de base et ceux qui ont accès aux marchés internationaux des capitaux », recommande Antoinette M. Saye. Toute fois concernant l’assainissement des finances publiques, l’économiste estime que « les pays devraient aussi veiller à préserver les dépenses prioritaires, telles que les dépenses sociales et les investissements propices à la croissance, tout en continuant à œuvrer à la réalisation de leurs objectifs de développement à long terme ».
Malgré l’existence des ressorts fondamentaux d’une croissance vigoureuse à moyen terme, un meilleur environnement des politiques et des institutions, un climat des affaires nettement meilleur, une démographie favorable permettant d’espérer des possibilités de croissance, les pays africains ne peuvent faire l’économie d’un changement radical de cap. Ce que recommandent avec insistance les spécialistes attentifs sur l’évolution économique du continent.
« Le moment est venu de changer de cap pour surmonter les défis actuels et remettre l’Afrique sur une trajectoire de croissance vigoureuse. Les mesures requises entraîneront peut-être un ralentissement de l’activité à court terme, mais elles éviteront le risque qu’une crise éclate si rien n’est fait dès maintenant. S’ils adoptent cette approche, je crois que les pays de la région ont toutes les chances de réaliser pleinement leur potentiel économique », conclut la Directrice du Département Afrique du FMI.
Reste à savoir si les décideurs préoccupés par les multiples priorités de leurs gestions sont suffisamment persuadés pour engager des actions dont les retombées sont à attendre.

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