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Non au transfert de la gestion des enseignants contractuels vers les Collectivités Territoriales !
Publié le dimanche 7 aout 2016   |  Actu Niger




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Un Etat ne vaut que ce que vaut son éducation dit-on, il est facile de constater que le Niger n’échappe pas à cette vérité qui semble immuable. Ainsi, en observant de très près on se rend aisément compte du degré de putréfaction avancé qui caractérise l’école publique nigérienne correspond exactement à l’image de l’état actuel de notre pays.

Aucun responsable de notre pays n’inscrit son enfant à l’école publique aujourd’hui du Président de la République aux Directeurs Centraux en passant par les Ministres, les Députés et Directeurs Généraux. Chose inouïe surtout qu’ils doivent leur réussite grâce à cette école qui avait fait d’eux des grands responsables de leur pays et durant leurs scolarités ils étaient avec les enfants des autorités d’antan dans les mêmes classes et sur les mêmes bancs. Comment avoir de l’ambition pour une école publique alors qu’on déteste l’idée d’inscrire ses enfants dans cette école ? Il est incompréhensible que ceux qui sont très bien rémunérés et pris en charge sur le dos du contribuable pour améliorer la situation de l’école publique à savoir les ministres en charge de l’éducation ainsi que les directeurs centraux et autres inspecteurs et conseillers pédagogique ne puissent pas inscrire leurs enfants à l’école publique alors que ce sont eux qui sont chargés de concevoir, de mettre en œuvre et le suivi de nos politiques nationales éducatives. Le cas du Niger doit être unique dans le monde, Un pays où l’école publique est réservée exclusivement au fils du pauvre qui se voit encadrer par n’importe qui et dans n’importe quelle condition. En effet, dans ces écoles des enfants du pauvre, la qualité des enseignants, ni les conditions d’enseignement et de vie des enseignants ne constituent pas un souci pour ceux qui sont en charge de l’éducation du moment où ils n’ont leurs enfants dans ces écoles. L’état de L’école publique pousse les autres citoyens à sacrifier leurs maigres ressources à l’éducation de leurs enfants au niveau des écoles privées où les conditions sont meilleures parce que c’est de leur devoir de bien éduquer les enfants qui constituent par ailleurs le plus grand des trésors.

C’est dans ce contexte que le Ministre de l’éducation a pris un arrêté dont la gravité est énorme pour transférer la gestion des enseignants contractuels qui sont les plus nombreux dans l’enseignement à ce jour, pour le compte des Collectivités Territoriales. L’idée semble à première vue excellente dans la mesure où dans un contexte de décentralisation le transfert des compétences concomitamment avec les ressources est toujours encouragé du fait que cela responsabilise les populations dans la prise en charge de leur destin en même temps cela induirait la participation des populations dans la mise en œuvre des politiques publiques locales. Cependant, la situation moribonde dans laquelle végète l’école publique cette décision est hâtive et très dangereuse pour un certains nombres de raisons :

L’état de déliquescence de l’école publique exige davantage une mobilisation générale par un plan d’urgence de sauvetage de la part des hautes autorités à commencer par le Président de la République, qui doivent faire revenir leurs enfants à l’école publique pour rétablir la confiance qui a disparu envers cette école. L’Etat doit davantage axer ses interventions sur la qualité des enseignants, des conditions d’étude et l’amélioration significative des conditions de vie des enseignants contractuels grâce auxquels on peut parler d’école publique aujourd’hui. L’école se porte déjà très mal alors l’heure n’est donc au transfèrement hâtif et précoce de la gestion enseignants contractuels aux Collectivités Territoriales.

Pourquoi au Niger les pouvoirs publics ont tendance à généraliser une reforme dès son initiation surtout dans le cas de l’école publique ? Une telle réforme devrait être expérimentée d’abord sur un ensemble de Collectivités Territoriales sélectionnées dans les quatre coins de notre très vaste pays en collaboration avec les différents acteurs de l’enseignement. Après plusieurs années d’expérimentation si l’expérience est concluante après évaluation, l’Etat pourrait l’étendre à l’échelle nationale selon la nécessité. Au vue de l’impact de cette réforme sur la vie de nos enfants avec les d’enjeux énormes pour notre pays, l’Etat ne doit pas prendre à la légère cette celle-ci. Dans certains pays où l’éducation est d’une priorité absolue au point où la situation de l’éducation de l’école publique est le premier des soucis du Président de la République à son réveil le matin et avant de s’endormir la nuit, cette réforme vaudrait bien un référendum populaire car il y’ a tellement ‘d’enjeux et surtout qu’elle risquerait d’être irréversible.

La politisation à outrance des Mairies n’est pas favorable à une telle démarche même si c’est l’Etat qui versera les pécules des enseignants contractuels aux Mairies afin que ces dernières s’en charge des payements. Il est évident que ce transfert donnera droit à tous excès et abus dans la gestion et avec le recrutement politiqueplus que probable des jeunes militants pour contenir leur frustration. C’est donc une porte qui vient d’être ouverte à tous les abus. La gestion des enseignants contractuels créera une situation de rente pour beaucoup de Maires sans aucun doute. Le laisser aller, la négligence, la complaisance et le manque d’objectivité seront les critères de recrutement des enseignants contractuels dans l’avenir. Déjà l’Etat avait montré ses faiblesses en étant incapable de mettre en prison certains Maires malgré la gravité de leurs fautes pour des raisons politiques sont maintenus à leurs postes. L’Etat sera incapable une fois encore de mettre hors d’état de nuire ces Maires qui se sentent au-dessus des lois de la République.

D’un point de vue juridique alors qu’il n’existe pas encore au Niger une fonction publique territoriale avec un statut, comment l’Etat même si il possède la compétence de ses compétences pourra-t-il prendre tout un bloc de personnel régit par le statut général de la fonction publique pour afin d’être géré par des Collectivités Territoriales ? Le transfert de compétences impose normalement des reformes structurelles profondes préalables pour légitimer ladite réforme.

Si la gestion de l’essentiels des enseignants du public par les Collectivités Territoriales donnerait à l’école nigérienne ses lettres de noblesse à la rentrée prochaine d’octobre le Ministre de L’Education doit être le premier à inscrire ses enfants au publique ainsi que ses directeurs centraux. Chose qu’ils ne feront jamais certainement. Ce qui signifie cette réforme n’est pas nécessaire et inopportune à l’heure actuelle.

L’Etat ne doit jamais laisser les pauvres croire qu’ils ont été abandonné car en laissant la gestion des enseignants contractuels aux collectivités l’Etat donne cette impression et surtout que ce sont les enfants des pauvres seulement qui fréquentent cette école.

Le déficit énorme d’appui conseil et d’encadrement dont souffrent les mairies par l’absence à la tête des circonscriptions administratives de personnes qualifiées pour assurer ces responsabilités et pire ces gouverneurs et Préfets laisseront passer des abus par méconnaissance dans le recrutement des enseignants contractuels.

Les collectivités Territoriales dans leur grande majorité sont très mal gérées par des Maires qui doivent davantage leur maintien à la tête des mairies à leurs engagements politiques que par la qualité du travail abattu. Les collectivités Territoriales ont déjà du mal à gérer un nombre restreint de personnel par la désorganisation des services des Mairies.

Les mairies ne disposent pas de personnel de qualité pour la gestion des enseignants contractuels. La gestion des ressources humaines assez importantes comme les enseignants nécessite un personnel assez expérimenté au niveau des Mairies qui malheureusement n’en disposent pas. Par ailleurs, les mairies n’étant pas modernisées, la gestion des enseignants contractuels ne sera pas facile pour la mairie car on ne peut pas gérer et suivre l’évolution des effectifs des enseignants sur un simple registre.

Le Ministre doit instamment annuler son arrêté et s’il mesure l’immensité de la gravité de l’acte soit née d’une méconnaissance de la situation réelle de l’école publique ou par manque d’ambition pour notre bien commun le plus précieux qu’est cette école publique bien que agonisante. En outre, il doit tirer toutes les conséquences.

Soumaila ABDOU SADOU

Administrateur Civil

Diplômé du 3ème cycle de l’ENAM

Diplômé de l’Université Djillali Liabes

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