Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratique    Le Mali    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
International
Article





  Sondage


 Nous suivre

Nos réseaux sociaux



 Autres articles



Comment

International

Niger : un nouveau groupe armé menace une société pétrolière chinoise
Publié le mercredi 28 septembre 2016   |  Paris Match


Boko
© Diasporas News par DR
Boko Haram touché mais pas mort


 Vos outils




 Vidéos

 Dans le dossier

Lasse de dénoncer en vain les mauvaises pratiques de la China National Petroleum Corporation (CNPC) et la "connivence" des autorités, une association nigérienne prend les armes. "Depuis sa création en 2008, le Mouvement pour la Justice et la réhabilitation du Niger (MJRN) a toujours agi comme un groupe de réflexion et de sensibilisation locale pour aider à amoindrir les effets négatifs des exploitations pétrolières", explique Adam Tcheke Koudigan. Ce membre de la puissante ethnie Toubou présente au Niger, mais aussi au Tchad et dans le sud libyen assure le poste de "président par intérim" du MJRN. Le groupe a annoncé le 8 septembre 2016 avoir pris les armes. Il est implanté dans le Kawar et le Manga, deux régions qui s’étendent de la Libye au lac Tchad.

A la fin des années 1990, une guerre d’autonomie y était menée par Barka Wardougou, le chef historique des Toubous, seigneur de guerre redouté et leader des Forces armées révolutionnaires du Sahara (FARS). Il s’était aussi illustré pendant la révolution libyenne, en 2011, en chassant les éléments pro-Khadafi de la région. Wardougou s’est éteint d’un cancer en juillet 2016. "Paix a son âme, il fut un grand homme et le restera dans nos mémoires, notre communauté a toujours eu des leaders et est par nature combatifs et déterminé", déclare Adam Tcheke Koudigan, lui-même un ancien des FARS.

Le MJRN n'affiche pas les mêmes objectifs. Il reproche d'abord au pétrolier chinois de mener des négociations exclusives avec le pouvoir central de Niamey – "les chefs coutumiers et les membres de la société civile sont exclus de toute discussion" – et de s’appuyer sur un "simulacre d’étude d’impact", détaille Adam Tcheke Koudigan. Or, les populations locales auraient constaté "l’apparition de nouvelles formes de maladie des voies respiratoires et cutanées […], la stérilité des troupeaux voire leur disparition progressive […], la détérioration des routes […], l’absence de gestion des déchets […], le massacre de la faune sauvage par les militaires escortant les industriels chinois." Ces derniers abattraient notamment des Addax, espèce d’antilope en voie d’extinction.

Le MJRN aurait interpellé la communauté internationale, nous dit son responsable, à plusieurs reprises afin de "constater la réalité de ces crimes contre l’environnement et les populations abandonnées". Un appel qui n’a pas été entendu.

Alors que dans la Libye voisine, les Toubous jouent les sentinelles des installations pétrolières, au Niger, la CNPC ne leur octroie qu’une poignée de postes de gardiennage. "Puisque nous sommes livrés en pâture aux Chinois de la CNPC par nos propres autorités, il est de notre devoir suprême de protéger notre environnement de vie en priorité pour notre survie humaine et pour nos animaux, de restaurer une justice et une redistribution équitables de l’exploitation du sous-sol de la région", commente Adam Tcheke Koudigan.

Face à l’avalanche de critiques, les autorités nigériennes semblent bien démunies. Aux difficultés financières de l’Etat, qui peine à boucler les fins de mois, s’ajoutent la menace Boko Haram et la crise alimentaire liée à l’afflux des réfugiés et aux mauvaises récoltes. Sans compter la chute du cours des matières premières, qui nuit à la rentabilité des deux grosses sources de revenus du pays: l’uranium, exploité par Areva, et le pétrole, extrait par la China National Petroleum Corporation. Qui plus est, le secteur de l’or noir est fragilisé par les difficultés que rencontre la Soraz, la Société de raffinage de Zinder, joint venture entre l’Etat nigérien et la CNPC majoritaire dans le capital.
... suite de l'article sur Autre presse


 Commentaires