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UEMOA : Macky Sall ne compte pas céder la présidence de la commission à Issoufou
Publié le vendredi 3 mars 2017   |  Actu Niger


Le
© Autre presse par DR
Le chef d`Etat sénégalais Macky Sall de et son homologue nigérien Mahamadou Issoufou


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Le Sénégal vient de désigner l’ancien ministre du budget, Abdoulaye Diop, comme nouveau commissaire à l’UEMOA en remplacement de Cheick Hadjibou Soumaré, démissionnaire depuis le 1er décembre dernier. Abdoulaye Diop, actuel conseiller spécial du chef d’Etat sénégalais, devrait logiquement assumer la présidence de la Commission, un poste que détenait jusque-là le Sénégal mais que convoite le Niger. De quoi amplifier la tension qui prévaut depuis quelques mois au sein de l’organisation communautaire sous-régionale en raison justement de la bataille que se livrent les deux pays pour le contrôle du poste.




C’est peut-être une manière pour le chef d’Etat sénégalais Macky Sall de « rendre la monnaie de sa pièce » à son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, lequel n’a pas respecté la consigne, décidée d’un commun accord entre les pays de la CEDEAO, de voter en faveur du candidat du Sénégal au poste de président de la commission de l’Union africaine (UA). On se rappelle qu’en fin janvier dernier, à l’occasion du dernier sommet de l’UA, le Niger et quelques pays de la sous-région ont finalement porté leur choix sur le poulain d’Idriss Déby, accentuant ainsi l’échec du sénégalais Abdoulaye Bathily, qui a été éliminé dès les premiers tours du scrutin.

La pilule a été douloureuse à avaler pour Macky Sall et la diplomatie sénégalaise et cela explique pourquoi, le pays n’entend point céder le poste de président de la Commission de l’UEMOA qu’il détenait. Et surtout pas au Niger qui convoite depuis quelques temps le poste, ce qui a d’engendré une bataille larvée entre les deux pays pour ce poste stratégique.

Vacance à la présidence

Le président sénégalais vient en effet de soumettre le nom de son nouveau représentant au sein de la Commission de l’UEMOA. Il s’agit de l’économiste Abdoulaye Diop, ancien ministre du budget de Wade et actuel conseiller spécial de Macky Sall dont la confirmation est en instance de validation auprès du président ivoirien Alassane Dramane Ouattara, président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat de l’UEMOA. Abdoulaye Diop va donc succéder à celui dont il fut un temps le chef de cabinet, Cheick Hajibou Soumaré qui a rendu son tablier depuis le 1er décembre dernier. Une démission qui a été justement provoquée par l’ambiance assez délétère qui régnait au sein de la Commission depuis juin dernier à la suite de la prolongation pour une durée de six mois du mandat de Soumaré à la présidence de la commission de l’UEMOA. En l’absence de consensus, les chefs d’Etats qui s’étaient réunis pour un sommet à Dakar, ont préféré renvoyer la désignation du nouveau président pour le prochain sommet, lequel devrait en principe se tenir depuis le mois de janvier. Dans ce cas de figure, c’est le Sénégal qui conserverait encore la présidence de l’institution sauf que même avec la prorogation du mandat, l’échéance arrivait à terme en janvier dernier.

Pour l’heure, c’est le togolais Essowè Barcola, commissaire chargé du Département des services administratifs et financiers, qui assure l’intérim depuis le départ presque anticipé de Soumaré.

Blocage au sommet

La validation du nouveau commissaire représentant le Sénégal à la commission de l’UEMOA est en principe une formalité. Et logiquement, le pays voudrait qu’il rempile à la tête de l’institution comme ce fut le cas en 1996 lorsque l’ancien président Abdou Diouf a fait remplacé Ousmane Seck, le président de la commission démissionnaire par son compatriote Moussa Touré. Une jurisprudence certes au sein de l’institution mais qui contrevient aux dispositions de l’article 33 du Traité constitutif de l’UEMOA, lequel dispose entre autres que « le Président de la Commission est désigné parmi les membres de celle-ci par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement pour un mandat de quatre (4) ans renouvelable. Cette désignation se fera de manière à appeler successivement à la présidence de la Commission tous les Etats membres ».

C’est d’ailleurs sur cette disposition que s’appuie le Niger qui met également en avant un accord convenu par l’ancien président Tandja Mamadou et son tout aussi ancien homologue sénégalais Abdoulaye Wade pour un passage de témoin à la présidence de la Commission entre les deux pays. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, ce qui a compliqué les choses.

Négociations sur fonds de prétentions

Des négociations ont certes été engagées et la piste de sortie de crise devrait se faire à travers une réforme des textes de l’institution pour que le principe de rotation soit clairement et solennellement réaffirmé. Sauf que suite à cette guerre de leadership, le processus de révision des textes est toujours bloqué tout comme d’ailleurs les différentes institutions de l’organisation sous-régionale. Le budget 2017 n’a pas encore été adopté et aucune date n’a été fixée pour la tenue du prochain sommet des chefs d’Etat de l’organisation.

Selon un officiel nigérien, le Niger maintient intactes ses prétentions surtout que c’est à la conférence des Chefs d’Etat de statuer sur la désignation du prochain président de l’institution. De quoi s’attendre à une nouvelle fronde entre les deux pays d’autant plus que le Sénégal n’entend pas aussi céder surtout en faveur du Niger. Au sein de l’opinion sénégalaise, c’est même une question d’honneur pour Macky Sall qui risque de s’agripper à ce poste pour se consoler de la défaite de son pays à l’UA. L’échec d’Abdoulaye Bathily a en effet provoqué une véritable levée de bouclier particulièrement dans les médias locaux, ce qui accentue la pression sur le président Sall.

Un temps, une issue de sortie s’est profilée avec l’éventualité de l’élection du candidat du Sénégal à la tête de la commission de l’UA qui aurait ouvert la voie à une concession du pays pour la présidence de l’UEMOA. Désormais, les deux pays vont devoir en découdre diplomatiquement en jouant de toute leur influence au niveau des autres chefs d’Etat de la région, ce qui risque d’amplifier encore la tension qui prévaut au niveau de l’organisation d’intégration sous-régionale.

A moins qu’en attendant la fin du processus de révision des textes de l’institution, le président nigérien se contente de la présidence en exercice de la Conférence des Chefs d’Etats de l’UEMOA, un poste tournant certes mais qui pourrait satisfaire les ambitions du président Issoufou Mahamadou en attendant l’issue de cette crise de leadership régional qui ne dit pas son nom. Il s’est d’ailleurs montré intéressé à assumer cette responsabilité lors du sommet de janvier 2016 qui s’est tenu à Cotonou au Bénin avant de se désister face à l’ivoirien Alassane Ouattara, lequel hérite donc de ce véritable casse-tête institutionnel régional.




ABOUBACAR YACOUBA BARMA

La Tribune Afrique

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