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Déclaration de presse du collectif des organisations de la societe civile nigerienne
Publié le jeudi 13 avril 2017   |  Tamtam Info News


Déclaration
© Autre presse par DR
Déclaration de presse des organisations de la société civile et citoyens


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Réuni à l’effet d’examiner les derniers développements de la situation scolaire et universitaire au Niger, au lendemain des manifestations des élèves et étudiants à Niamey et à l’intérieur du pays, le collectif des organisations de la société civile, fait la déclaration dont la teneur suit : A peine deux (2) jours après l’interpellation du gouvernement par les députés nationaux au sujet de la situation particulièrement grave que traverse l’école publique nigérienne, les manifestations des élèves et étudiants, tant à Niamey qu’à l’intérieur du pays, sont venues montrer aux yeux du monde entier que les autorités en place n’ont finalement aucune réponse concrète aux légitimes revendications des acteurs du secteur de l’éducation en dehors des discours creux et de la répression policière.

En effet, alors que les manifestations des élèves et étudiants étaient tout à fait prévisibles depuis l’ultimatum lancé par le Comité directeur de l’Union des Scolaires Nigériens (USN), les autorités en place, convaincues que les forces de l’ordre se feraient le devoir de contrecarrer toute action de protestation dans les rues, n’ont engagé aucun dialogue avec les responsables de cette organisation ; préférant ainsi laisser les élèves et étudiants sortir dans les rues de Niamey et des villes de l’intérieur du pays se mesurer à des éléments des forces de l’ordre équipés de tous le matériel nécessaire à la répression et visiblement très déterminés à en découdre avec les jeunes frères et sœurs.

Aussi, profondément attaché au respect des droits humains et des valeurs de la démocratie, totalement résolu à empêcher par tous les moyens légaux le retour à l’autoritarisme d’antan, convaincu de la nécessité d’une large mobilisation citoyenne non partisane pour la réhabilitation de l’école publique et la défense des acquis des luttes antérieures, indéfectiblement attaché à la sacralité de la vie humaine, le collectif des organisations de la société civile :
1-Condamne avec la dernière énergie l’usage disproportionné de la force contre les manifestations scolaires et estudiantines du 10 avril 2017, dont le bilan officiel dressé par les autorités fait cas d’un étudiant tué, de 88 blessés et 313 interpellés ;
2-Présente ses condoléances les plus attristées, sa compassion et sa solidarité aux familles et aux proches des victimes de cette répression barbare d’un autre âge, souhaitant bon rétablissement aux blessés ;
3-Dénonce vigoureusement l’hostilité manifeste des autorités en place à l’exercice légitime et légal de la liberté de manifestation consacrée par les instruments juridiques internationaux et la Constitution du 25 novembre 2010, ainsi que leur propension maladive à user de la force brute contre les manifestants non armés ;
4-Réaffirme devant l’opinion nationale et internationale sa détermination à s’élever contre l’usage disproportionné de la force dont est devenu coutumier le régime en place à Niamey, et qui a entrainé plusieurs fois, depuis 2011, mort d’hommes et atteintes à l’intégrité physique des manifestants ;
5-Exprime sa profonde indignation devant les discours méprisants et mensongers débités par des autorités gouvernementales qui cherchent par tous les moyens à s’exonérer de toute responsabilité par rapport au drame survenu sur le campus universitaire de Niamey, et plus généralement par rapport à l’état de déliquescence du système éducatif nigérien ;
6-Rappelle aux éléments des forces de l’ordre qu’il est dans leur intérêt, chaque fois qu’ils sont envoyés sur le terrain pour réprimer des manifestants pacifiques, de garder à l’esprit qu’ils sont au service des citoyens et non d’un quelconque gouvernement, et que leurs responsabilités individuelles et collectives restent engagées en cas d’atteintes à la vie et à l’intégrité physique des manifestants ;
7-Exige des plus hautes autorités le limogeage de tous les responsables des forces de l’ordre engagés dans la répression des manifestations du 10 avril, des responsables ministériels et universitaires qui ont autorisé la violation des franchises universitaires, et l’ouverture d’une enquête visant à établir les responsabilités individuelles des agents qui ont exercé des brutalités contre les manifestants ;
8-Dénonce les violences exercées par les forces de l’ordre à l’endroit des journalistes et les exhorte à continuer à accomplir avec courage et détermination leur mission d’information du public ;
9-Exige la libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes arrêtées dans le cadre des manifestations du 10 avril 2017 et la réouverture de tous les campus universitaires fermés, et apporte tout son soutien aux élèves et étudiants, ainsi qu’aux enseignants, qui luttent courageusement pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, ainsi que pour la réhabilitation de l’école publique nigérienne aujourd’hui en totale déliquescence ;
10-Invite l’ensemble des forces vives de la Nation, indépendamment de toutes considérations partisanes ou autres, à se joindre au collectif des organisations de la société civile en vue de faire, le mercredi 19 avril 2017à partir de 15h, une grande marche citoyenne, à l’échelle nationale, pour défendre le droit à l’éducation de nos enfants, dénoncer la répression sauvage des manifestants pacifiques, réclamer justice pour les victimes, et s’élever contre l’impunité pour tous ceux qui se croient en droit de lancer des hordes policières contre des enfants désarmés.

Enfin, le collectif des organisations de la société civile invite, d’ores et déjà, tous les Imams et leaders musulmans à profiter de l’occasion de la prière hebdomadaire de vendredi pour faire, dans toutes les mosquées du Niger, des invocations et des prières pour le repos des âmes des victimes de la barbarie policière, mais aussi pour le succès de la mobilisation citoyenne du mercredi 19 avril 2017.

Fait à Niamey, le 12 Avril 2017

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