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Interview de Mme Salamatou Gourouza Magagi, Coordinatrice de l’Unité de Coordination du Programme du Millénium Challenge : « Le programme MCC a favorisé la prise en compte de l’aspect « genre » dans son approche globale ; aussi, chaque composante…
Publié le samedi 13 mai 2017   |  Tamtam Info


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© Autre presse par DR
Mme Salamatou GOUROUZA-MAGAGI Coordinatrice de l’Unité de Coordination du Programme du Millénium Challenge


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Tout d’abord, Mme la Coordinatrice, pouvez-vous nous faire une présentation du Programme du Millénium Challenge, ses objectifs et ses populations cibles ?

Le Programme Compact est un accord de don du Gouvernement des Etats Unis d’Amérique en faveur des pays en développement qui ont fait des efforts remarquables en matière de gouvernance politique, de lutte contre la corruption et en matière d’investissement humain.


L’objectif principal du programme est d’accroître les revenus ruraux grâce à l’amélioration de la productivité agricole et animale et l’augmentation des ventes des produits agricoles et pastoraux. Ceci va être favorisé par l’accès considérable au marché à travers la réhabilitation de routes.

Le Programme Compact Niger a comme groupe cible les agriculteurs, les éleveurs, les coopératives, les groupements des producteurs ruraux et de femmes organisés sur les sites de production, soit environ 3.500.000 personnes dans les régions de Dosso, Maradi, Tahoua et Tillabéry.

Madame la Coordinatrice, le premier Conseil d’Administration du Millennium Challenge Account-Niger (MCA-Niger), a eu lieu du 27 au 28 avril 2017 à Niamey. Quelles sont les grandes orientations issues de ce Conseil d’Administration ?

Permettez-moi d’abord de rappeler à vos lecteurs que la tenue de cette 1ère session du Conseil d’Administration du MCA-Niger répond à une obligation institutionnelle de son mode de fonctionnement prévu dans le Règlement Intérieur.

Les conditions nécessaires à la mise en place des organes de mise en œuvre du Programme Compact du Niger viennent d’être créées suite à la tenue du Conseil d’Administration du MCA-Niger. Elles résultent de la prise des décisions importantes en termes d’orientation du programme et sont relatives à l’adoption formelle de son Règlement Intérieur, de la validation de la liste des membres suppléants, l’adoption des projets de décaissements futurs, des dossiers de passation de certains marchés importants de travaux futurs et de l’organigramme du MCA-Niger.

Désormais, toutes les décisions et les activités entrant dans le cadre du MCA-Niger se feront avec l’approbation formelle du Conseil d’Administration qui vient de se mettre en place et dont les membres sont issus du Gouvernement, du secteur privé et de la société civile.

Pouvez-vous nous édifier par rapport au processus ayant permis d’aboutir à la validation, par le Conseil d’administration du Millenium Challenge Account-Niger (MCA-Niger), du Compact Niger pour un montant de 437 millions de dollars US ?

Merci pour cette question importante qui me donne l’occasion de rappeler les grands jalons qui ont marqué ce processus qui fut long et laborieux, mais aussi exaltant pour l’équipe.

Le processus de formulation du Programme a débuté en 2011 et a été conduit conjointement par une équipe nationale de formulation constituée de compétences nationales et une équipe technique du MCC du côté américain. La démarche suivie a été participative, inclusive et itérative, ce qui a permis la participation de toutes les sensibilités au niveau national.

Au moment de l’évaluation annuelle des pays éligibles au Compact en 2012, le Niger avait obtenu un score de douze (12) indicateurs sur vingt (20). Cette situation, combinée à l’engagement politique fort au plus haut niveau de l’Etat, a valu la sélection du pays, au Programme Compact du MCC en Décembre 2012, la conduite des négociations par les autorités nigériennes sur l’enveloppe du Programme en Mai 2016 et la signature de l’Accord de Don en Juillet 2016.

Il est important de noter à ce niveau que le Niger a su maintenir son éligibilité au compact pendant 5 années consécutives, condition nécessaire pour maintenir le financement du Programme.

Le Programme MCC pour le Niger renferme plusieurs volets prioritaires pour le développement de notre pays. Quelle est l’approche privilégiée dans l’exécution de ce programme en vue d’aboutir à sa mise en œuvre efficiente ?
Comme dans sa préparation, l’approche du Compact est participative, inclusive et transparente.

Ceci se reflète à travers son dispositif de mise en œuvre et les différents organes prévus à cet effet (Conseil d’Administration, Comités des Parties Prenantes, MCA-Niger) et aussi avec des consultations de toutes les parties prenantes dans les toutes les phases de préparation et de la mise en œuvre de chacune des activités du Programme.
De façon opérationnelle, la mise en œuvre se fera pour les études et les travaux par appel à propositions ouvert à tous les opérateurs et prestataires potentiels, nationaux comme internationaux. Le Programme MCC privilégie en général la méthode du faire-faire.

De manière plus précise, quelles sont les zones et les domaines d’intervention du Programme MCC au Niger ?

Au Niger, le Compact est structuré autour de deux principales composantes à savoir : (i) La Composante Grande Irrigation et Infrastructures de Marché qui couvre l’aménagement d’un peu plus de 5000 ha de périmètres irrigués (2452 Ha dans le département de Konni et 2618 Ha dans le département de Gaya), et environ 300 km de réhabilitation d’infrastructures routières qui vont relier les départements de Gaya, Falmeye, Birni et Dosso (185 km sur la RN35 sur l’axe Margou-Falmey-Gaya ; 83 km sur la RN7 de Dosso et Bella II ; et 37 km de piste rurale sur l’axe Koulou – Sambéra- RN7); (ii) La Composante Projets Communautaire Résiliente au Climat (CRC) dans les régions de Dosso, Maradi, Tahoua et Tillabéry, en co-financement avec la Banque Mondiale à travers les projets PRAPS (pour l’élevage) et PASEC (pour l’agriculture résiliente face au climat).

La réalisation de ces projets sera soutenue par des services d’accompagnement agricole pour les bénéficiaires des projets, et aussi par des réformes politiques sectorielles notamment au niveau de l’ONAHA et de la CAIMA, de la gestion des aires protégées (Ramsar), de la planification des ressources en eau et de la statistique nationale du secteur de développement rural.

La célébration de la Journée du 13 mai, consacrée à la femme nigérienne, nous offre l’occasion de jeter un regard sur les actions inscrites par le MCC en direction des femmes. Qu’est-ce qui justifie cet intérêt pour le volet genre ?
Le programme MCC a favorisé la prise en compte de l’aspect « genre » dans son approche globale. Chaque composante présentée précédemment comporte des objectifs spécifiques nettement orientés vers l’aspect « genre ». Cette approche se caractérise par la prise en compte du domaine précis du genre dans toutes les actions de sensibilisation et de promotion des activités génératrices de revenus corrélativement à l’exécution des travaux d’infrastructures routières et d’irrigation. Cela s’est traduit à travers la mise en œuvre d’une action spécifique à la problématique du genre dans les actions de développement prévues dans le cadre du programme MCC.

Quelles sont les principales actions menées par le Programme MCC en faveur de l’épanouissement de la femme nigérienne ?

Partant des résultats de l’analyse des inégalités sociales et du genre, le Programme Compact favorisera l’accès et le contrôle des ressources productives au niveau notamment des femmes et des jeunes.

Dans le cadre de subventions qui seront accordées pour de micro-projets, une partie du financement sera exclusivement dédiée aux femmes ou aux groupements féminins.

Dans le cadre de la distribution des terres sur les périmètres irrigués de Sia-Kouanza (Gaya) et de Konni, il est aussi envisagé de donner une partie de ces terres irriguées aux couches vulnérables, dont font partie les femmes. En tant que femme, et surtout patronne de l’Unité de Coordination de cet important Programme du Millénium Challenge, quel est votre message en direction de la femme nigérienne, à la veille de la Journée Nationale de la femme ?

L’expérience acquise au contact de mes sœurs nigériennes conforte ma certitude : les Nigériennes ont un potentiel encore inexploité dans nos politiques de développement. J’aimerais dire à mes sœurs que leur condition socio-culturelle dépend de leur attitude et de leurs efforts individuels et collectifs pour promouvoir une nouvelle image de la femme nigérienne dynamique et nettement orientée vers la production de richesses.

La femme nigérienne doit prendre conscience de sa faculté à œuvrer au développement durable de notre pays. Nous devons être conscientes que le Niger de demain ne peut se construire sans notre contribution.

Aussi, je lance cet appel à mes sœurs nigériennes : assumons notre rôle de mères, d’épouses et surtout de citoyennes responsables par des attitudes proactives orientées vers l’avenir radieux de notre pays. N’acceptons pas les rôles de simples spectateurs de politiques ou programmes qui engagent notre propre avenir et celui de nos enfants.

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