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Dissolution du Conseil de Ville de Niamey : Un coup de force étatique contre le parti de Hama Amadou
Publié le vendredi 18 aout 2017   |  L’Eclosion


Hama
© Autre presse par DR
Hama Amadou refait surface sur la scène politique
Le président du Moden Lumana Hama Amadou était, ce weekend, devant les militants et sympathisants de son parti à l’occasion du Forum organisé par la diaspora de la principale formation de l’opposition politique.


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Ce que beaucoup savaient déjà est arrivé. Le Conseil des ministres du jeudi 10 août 2017 a décidé de prendre de force les arrondissements communaux de Niamey des mains du MODEN FA Lumana africa auxquelles les électeurs les avaient confiés. Le gouvernement a décidé de proroger les mandats des conseillers municipaux et régionaux de toutes les régions du pays sauf Niamey. Niamey, le fief du MODEN FA Lumana de Hama Amadou qui contrôle quatre des cinq arrondissements communaux que compte la capitale. Ce coup de force ne peut être innocent …

Ainsi, au cours de sa réunion de jeudi dernier, le Conseil des Ministres a examiné et adopté le projet de décret portant prorogation des mandats des conseillers municipaux et régionaux. « En application des dispositions des articles 23 (nouveau) et 98 (nouveau) de l’ordonnance n° 2010-54 du 17 septembre 2010, portant Code Général des Collectivités Territoriales, modifiée et complétée notamment par la loi n° 2016-31 du 08 octobre 2016, la prorogation des mandats des conseils municipaux et régionaux est renouvelée pour une durée de six (6) mois à compter du 17 août 2017. Toutefois, cette prorogation de mandat ne concerne pas le conseil de ville de Niamey et ses démembrements à savoir les conseils d’arrondissements communaux Niamey 1, Niamey 2, Niamey 3, Niamey 4 et Niamey 5 dont les missions seront assurées par des délégations spéciales qui seront installées à cet effet, conformément à la législation en vigueur. »

Telles sont les conclusions du Conseil des ministres ressorties dans le communiqué officiel. Pourquoi seuls les conseillers de Niamey ne sont pas reconduits comme tous les autres du reste du pays ? L’exécutif ne donne pas d’explications. En fait, il n’en a pas. Et n’en a cure, d’ailleurs ! Le Président Issoufou ne veut plus voir des lumanistes trôner au sommet des Conseils municipaux de la capitale, il faut qu’ils s’en aillent point barre !

Avant les élections de 2016 déjà, son parti politique, le PNDS-Tarayya, a fait de la conquête électorale de Niamey une priorité. L’entreprise, malgré les moyens colossaux déployés, s’est vite avérée « mission impossible ». La preuve est venue des résultats des présidentielles et législatives où le MODEN FA Lumana africa s’est imposé. Dès lors, organiser des élections locales dans ces conditions s’avère permettre au parti de Hama Amadou de prouver sa suprématie électorale dans la région qui abrite le palais présidentiel.

Mais le président Issoufou Mahamadou n’étant pas du genre à abandonner ses objectifs avant de les atteindre, change son fusil d’épaule. Il a « patienté » et « supporté » pendant toute une année la promiscuité avec les maires Lumana dans les odeurs nauséabondes de Niamey, ça suffit ! Son deuxième mandat bien assis et les élections de 2021 approchant à grand-pas, il vise à la manière du tireur d’élite et … « boom ! » le Conseil de ville est foudroyé dans son entièreté. Avec les conseillers Lumana, ceux des alliés et du parti au pouvoir dont le maire du 3e Arrondissement sont « sacrifiés » pour la bonne cause. Sacré Issoufou !

L’ambition du président de la République de reprendre Niamey ne date pas d’aujourd’hui. Au lendemain de la rupture d’alliance entre le MODEN FA Lumana et le PNDS-Tarayya, le Président du Conseil de ville de l’époque Oumarou Moumouni Dogari militant et farouche partisan de Hama Amadou fut le premier à subir les représailles de la Renaissance. Il fut révoqué sans autre forme de procès.

Désormais l’on comprend les véritables motivations de la colère (simulée ?) du président de la République de sa visite de terrain au marché Djamadjé le jeudi 13 juillet 2017. A l’occasion, Issoufou Mahamadou avait déclaré « j’ai l’impression qu’il y’a une insouciance, une indifférence des responsables locaux. » Sur le feu de l’action, tout le monde avait pensé que le chef de l’État voulait la « tête » du Président du Conseil de ville Assane Seydou du parti AMEN-AMIN de Ladan Tchiana, ministre des Mines de son état. Mais à la lumière du dernier Conseil des ministres l’on sait que les raisons de cette visite sont ailleurs que dans l’insalubrité, légendaire, d’ailleurs, de Niamey. En vérité, le Président Issoufou voulait simplement se donner les moyens moraux pour se débarrasser des maires Lumana qui pullulent dans les Arrondissements communaux de sa capitale. Quatre jeudi plus tard, il a atteint son objectif sans que personne ne s’en émeuve. C’est aussi ça, l’empreinte de la Renaissance : que la volonté du chef soit faite, peu importe comment !

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