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Sur l’axe Niamey-Agadez, les bus transportant les candidats au rêve européen se vident
Publié le vendredi 3 novembre 2017   |  Le Monde


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© Autre presse par DR
Sur l’axe Niamey-Agadez, les bus transportant les candidats au rêve européen se vident


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Quand l’Europe renvoie la crise migratoire de l’autre côté de la Méditerranée (2). Le pouvoir nigérien a durci ses contrôles d’identité afin d’enrayer le flux de migrants qui convergent au Niger pour rallier la Libye. Ils sont assis en tailleur sur une natte déroulée à même les carreaux durs. Certains sont allongés, épuisés, tête calée sur leur sac de voyage. En cette fin octobre, les voyageurs patientent. Un vieux monsieur, barbe blanche et volumineux turban noir noué sur la tête, est plongé dans la lecture d’un document. C’est l’heure creuse dans cette salle d’attente de la compagnie de transport Sonef, l’une des plus importantes de Niamey, capitale du Niger. Les bus démarreront un peu plus tard dans la journée. À l’extérieur de la grille d’entrée, dans la poussière de la rue, des épiceries de fortune offrent sur leurs étals des sodas et des biscuits. Les passagers s’approvisionnent ici avant leur long trajet vers le nord du pays.

Présentation de notre série Quand l’Europe renvoie la crise migratoire de l’autre côté de la Méditerranée

« Il y a deux ans, ces salles d’attente étaient pleines à craquer », note un cadre de la Sonef qui a souhaité rester anonyme. C’était assurément une autre ère. A l’époque, le flux migratoire qui traversait le Niger pour la Libye, plate-forme de projection vers l’Europe, ne cessait d’enfler. Parmi les 180 000 migrants ayant réussi à atteindre en 2016 les côtes italiennes à partir de la Libye – ce que les experts appellent la « route de la Méditerranée centrale » – environ 75 % avaient transité par le Niger en provenance de l’Afrique centrale et occidentale.

Le bâton et la carotte

Les dirigeants européens, en butte à la montée des courants populistes et anti-migrants au sein de leur opinion publique, ont tenté d’endiguer le phénomène en multipliant les pressions sur ces pays de transit, aux premiers rangs desquels la Libye et le Niger. Niamey s’est ainsi vu promettre par l’Union européenne (UE) une enveloppe de 140 millions d’euros en 2016 pour démanteler les filières de passeurs et trouver des activités de substitution aux communautés locales qui vivaient de cette économie migratoire (routiers, logeurs, restaurateurs, etc.). Une politique mêlant la carotte et le bâton que le gouvernement nigérien est censé assumer.

Pour l’heure, c’est surtout le bâton qui se manifeste, la reconversion économique prenant du temps. Les effets de cette fermeté accrue, qui se fonde juridiquement sur une loi anti-migration illégale datant de 2015 (mais jusque-là appliquée avec un certain laxisme), sont tangibles, notamment sur le circuit dit « classique » qu’empruntaient jusque-là les migrants.

Pour preuve, la léthargie qui caractérise aujourd’hui la ligne Niamey-Agadez de la compagnie Sonef. La cité d’Agadez, « capitale » du pays touareg nigérien, située à près de 700 km au nord-est de Niamey, est le grand carrefour où convergent les migrants affluant des pays de la région avant de s’embarquer à bord de camions ou de pick-up vers le désert libyen, désert de tous les périls. La fréquentation de ce segment Niamey-Agadez est donc un bon indicateur de l’intensité du flux migratoire provenant de l’Afrique subsaharienne. Les chiffres fournis par la Sonef attestent sans ambiguïté d’un tarissement, le nombre de passagers enregistrés sur cette ligne ayant chuté en 2017 de 30 % à 40 % par rapport à 2015. « Le gouvernement contrôle désormais plus efficacement », commente le cadre de la compagnie de transport.
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