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Le ministre Massaoudou et sa conception des lois et règlements
Publié le jeudi 24 octobre 2013   |  Le Monde d'aujourd'hui


Le
© Autre presse par DR
Le ministre de l`Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses, Hassoumi Massoudou à la tribune de l`Assemblée nationale


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Interpellé pour venir s’expliquer sur la révocation abusive du président du Conseil de ville de Niamey, le ministre de l’Intérieur n’a eu d’autre voie de recours, face aux questions gênantes des parlementaires, que de verser dans la diversion, la mauvaise foi et la tromperie.

Ainsi, va-t-il, à dessein, faire l’impasse totale sur la lettre de la gouverneure accordant son autorisation expresse et sans réserve, au projet du conseil de ville pour l’emprunt de deux milliards devant servir à l’acquisition de matériels de travail. C’est là un acte de dissimulation grave pour un ministre de la République qui a prétendu s’en tenir aux faits et aux actes. La réaction du député Nassirou Halidou, accusant le ministre de l’Intérieur d’avoir menti au peuple nigérien, n’est ni excessive ni déplacée d’autant plus que la volonté de tromper est manifeste.

Elle s’est notamment matérialisée lorsque, sans aucune pudeur, Massaoudou Hassoumi a affirmé qu’il n’a eu connaissance de ce dossier…qu’aussitôt nommé à la tête du ministère de l’Intérieur, soit un an après les faits et les félicitations publiques de son prédécesseur à l’endroit du maire de Niamey ; qu’il n’est pas au courant de cas similaires alors même qu’il a pris un acte réhabilitant les deux maires de Gaya, révoqués et écroués à Tillabéry pour avoir détourné plus de 600 millions de CFA ; alors même que dans la foulée de l’affaire Dogari, le président du conseil de ville de Tahoua a avoué sur Télé sahel qu’il a hypothéqué auprès de la même institution bancaire le site du nouveau marché en voie de construction ; que le maire de Maradi a, de notoriété publique, fait l’objet d’un rapport circonstancié de la Halcia. Bref, le mensonge est pleinement constitué et il n’y a aucune gêne à le clamer. La primauté des conventions internationales sur les lois nationales ? Ils n’en ont cure.

Mais il y a plus grave dans cette histoire. Par quelle voie le ministre de l’Intérieur prétend avoir été saisi de la question ? Sur cette question, il n’a daigné piper mot, pour la simple raison qu’il n’existe aucun rapport de la bonne dame. Or, à moins d’admettre que l’Etat de droit ne s’applique qu’aux autres, il est parfaitement malvenu pour Massaoudou de dire qu’il en a été informé de façon informelle. Ce n’est pourtant pas étonnant chez des gouvernants coutumiers du fait. Combien de fois le président de la République en personne a violé la constitution qu’il a juré de respecter et de faire respecter ?

La rupture d’égalité des citoyens devant la loi qu’a consacrée la révocation du maire Dogari vient confirmer que pour le ministre de l’Intérieur et ses amis, les lois et règlements qu’il a fièrement évoqués devant le parlement s’assimilent à la loi du plus fort. Mais la loi du plus fort est toujours retournée contre ceux qui en font leur principal moyen de lutte politique.

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