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Enseignement Supérieur : le SNECS se radicalise, les étudiants pris en otage par le bras de fer avec le gouvernement

Publié le lundi 11 mars 2019  |  Actu Niger
L`université
© Autre presse par DR
L`université Abdou Moumouni
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C’est de nouveau l’escalade entre le Syndicat national des enseignants chercheurs et du supérieur (SNECS) et le gouvernement. Une semaine après l’adoption par ce dernier du projet de loi portant réforme du mode de désignation des recteurs et vice-recteurs des universités publiques, lesquels seront désormais nommés et non plus élus comme c’est le cas depuis 2010, le SNECS a décidé de radicaliser sa lutte.

Des trois (3) jours de grève hebdomadaires que le syndicat observe depuis début février en guise d’avertissement, c’est désormais un mot d’ordre de grève de cinq (5) jours, du lundi 11 au vendredi 15 que le SNECS va observer cette semaine. Ce débrayage qui est annoncé comme celui d’une longue série, entre dans le cadre des actions qu’a décidé de mettre en œuvre le SNECS pour mettre la pression sur le gouvernement, qui de toute évidence entend mener sa réforme ou « le retour de l’Etat dans l’université », au forceps.

Le vendredi 8 mars, après une concertation de deux jours de ses instances dirigeantes, le SNECS a animé un point de presse au cours duquel une déclaration a été lue, et dans laquelle le syndicat annonçait de nouvelles mesures d’actions et même de rétorsion. Ainsi, d’après son mémorandum le SNECS a demandé à ses militantes et militants de considérer les semestres impairs (S1, S3 et S5) comme réalisés, de sursoir à tout rattrapage de cours, examens, TD, TP, délibérations, soutenances, encadrements ; de ne plus programmer ni exécuter aucune activité académique les samedis, dimanches, les jours fériés et au-delà des heures réglementaires ; de renoncer aux missions d'enseignement dans les Universités publiques jusqu'à nouvel ordre. Selon le SNECS, ces décisions ont été prises en réaction à « une crise délibérément provoquée par le gouvernement », qui en plus d’avoir adopté le projet de décret sans tenir compte de ses observations, a décidé à travers une directive du ministre de l’Enseignement supérieur Yahouza Sadissou, d’opérer des coupures dans les salaires pour « faits de grève ».

Les étudiants pris en otage

Dans sa déclaration, le SNECS demande « le retrait pur et simple du projet de loi portant modification de l'ordonnance n° 2010-77 du 9 décembre 2010 portant régime des établissements publics à caractère scientifique, culturel et technique », et « rend le gouvernement responsable des conséquences graves de cette évidente déstabilisation des UPN à court, moyen et long termes ».

Les activités académiques dans les huit (8) principales universités du pays se trouvent de facto paralysées par ce bras de fer entre le gouvernement et le SNECS qui fait des étudiants, les premières victimes. Alors que le début de l’année a été rythmé par des grèves en séries de la part des étudiants et de leurs encadrants, cette nouvelle crise va davantage amplifier la crise que traverse l’enseignement supérieur au Niger, un secteur qui laisse franchement à désirer et cela depuis belle lurette. L’année passée c’était déjà une crise entre l’UENUN/USN et le SNECS qui a occasionné une perte de plusieurs semaines de cours en plus des grèves répétitives des structures syndicales des étudiants pour non-paiement des bourses et aides sociales ainsi que des revendications pour de meilleures conditions d’études. La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) avait entrepris une médiation entre le SNECS et le gouvernement, mais malgré quelques accords de principe trouvés, elle a capoté en cours de chemin. Désormais, les deux parties campent chacune sur ses positions au grand dam des intérêts du pays car au final c’est l’avenir du Niger qui est en jeu. Au moment où partout, l’éducation et la formation de compétences de haut niveau fait consensus comme levier de développement, et à l’heure où dans nos pays voisins, les autorités rivalisent d’efforts pour disposer des meilleurs systèmes et institutions académiques, le cas de l’enseignement supérieur public du Niger est tout simplement déplorable. Le bras de fer actuel qui n’est que la énième manifestation de cette crise, rappelle à juste titre que les responsabilités sont partagées de part et d’autre.
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