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Hama Amadou : De l’égarement à l’autodestruction
Publié le mercredi 20 novembre 2013   |  tamtam.info


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© Autre presse par DR
le Président du Lumana FA, Hama Amadou et son Secrétaire Général, Omar Hamidou Tchiana, alias Ladan.


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L'homme parait et apparait de plus en plus désabusé, fatigué et anxieux. Un peu perdu et amer. Constamment sur la défensive, il manque d'assurance et de certitude.

Il devient même inélégant et sans façon. S'essuyant la sueur avec son boubou en direct sur la télévision nationale, il a, depuis quelque temps, perdu de sa superbe et de ses bonnes manières. Ses mots sont hésitants et malheureux ; ses interventions sont devenues approximatives, impertinentes et incohérentes. Tout dans le physique et la gestuelle dénote d'une perte de confiance et le drame intérieur qu'il vit depuis qu'il a pris la lourde décision de scier l'arbre sur lequel lui et son parti étaient confortablement assis depuis l'avènement du Président Issoufou au pouvoir.

Ce départ a été un tournant, non pour la majorité au pouvoir ou pour l'avenir du régime d'Issoufou Mahamadou, mais surtout pour Hama. Le départ de Lumana a constitué un événement important, et ce, d'autant plus que le mot d'ordre de boycott du gouvernement n'a été suivi ni par le viceprésident, ni par le secrétaire général du parti. Il a montré un président de Lumana chancelant, atteint dans son autorité à la tête de son parti. Depuis cette date, il donne l'impression de quelqu'un qui se noie. Irréversiblement.

1. Mensonges, coquilles vides et affaires.

La carrière de l'homme s'est accélérée ces derniers temps. En trois mois seulement, il est passé par toutes les étapes de l'auto-dégradation et de la dégradation de sa propre fonction. En s'abaissant pour prendre position comme un élu partisan ordinaire, pour dire à la face du monde des propos mensongers, l'homme a sali sa fonction et discrédité sa position. En d'autres contrées, il aurait démissionné et demandé pardon. Les citoyens furent choqués, mais lui en fut meurtri, car, après les " coquilles vides " qui lui collent désormais à la peau, le mensonge sur le prêt chinois est venu presque l'achever. Triste destin que celui de cet homme politique qui se révèle être son propre adversaire. Tout son malheur vient toujours de lui-même. En lisant le parcours de Hama Amadou, on apprend beaucoup de choses et on se rend aisément compte que ce qui lui arrive aujourd'hui est en fait le salaire, le prix de tant de turpi tudes et de malhonnêtetés politiques.

Si c'était un parcours vertueux, on parlerait de couronnement. Mais il s'agit plutôt d'un parcours tortueux, construit sur tout ce que la morale et l'esprit républicain réprouvent. Le parcours est aussi atypique, parce que dans la construction de sa personnalité politique, Hama Amadou n'est pas sensé exercer son métier dans un cadre démocratique. Il ne croit ni en la démocratie, encore moins en ses valeurs. Il fait la politique dans le contexte démocratique parce qu'il n'est pas un officier supérieur de l'armée. S'il l'était, il serait probablement devenu un putschiste qui resterait au pouvoir jusqu'à périr. Même étant civil, il a toujours pensé qu'il était le plus proche de l'armée et que chaque fois qu'il y avait un coup d'Etat, il devait en être le seul et unique bénéficiaire. Baré et Salou Djibo ne lui ont pas permis de vivre un tel fantasme. Il n'y a dans ces propos point de mot excessif, mais juste la mesure de pratiques et de postures politiques qu'il a adoptées depuis aujourd'hui 25 ans, si on s'arrête juste à la période de la conférence nationale à nos jours.

Pendant longtemps, dans ce pays, tout paraissait lui réussir. Une carrière administrative chanceuse, un parcours politique aisé et relativement gagnant, un charme certain sur certaines couches de notre population. Et même son départ du MNSD ne lui fut pas fatal, puisqu'il a fini troisième aux dernières élections. Il eut même une influence certaine aux dernières élections, puisque son ralliement a contribué à l'élection du Président Issoufou. Il en fut largement rétribué. Lui même, numéro deux du régime, 7 ministres au gouvernement et un nombre impressionnant de DG et responsables nationaux des postes techniques et politiques des plus importants. Il fut donc largement récompensé, mais il n'en exprima jamais aucune reconnaissance. Jamais. Il était tellement confortable dans ce régime qu'avec les moyens de l'Etat et ses privilèges, il avait consacré tout son temps à élaborer et à organiser des complots pour renverser cette majorité et mettre le Président Issoufou en cohabitation.

De sources publiques, il est maintenant sûr que depuis le début il avait entretenu et maintenu des contacts avec les adversaires du régime dans le seul dessein de ren verser la majorité MRN. Il a connu la plus grande longévité d'un premier ministre de la période postconférence nationale. Il s'était bien servi au passage, puisqu'il a toujours été au centre ou même au début de toutes les affaires les plus scabreuses dans notre pays. Il ne se gênait point de s'impliquer chaque fois qu'elles pouvaient lui rapporter de l'argent. Il a un rapport obsessionnel à l'argent, Hama. Surtout lorsqu'il est illicite. C'est son essence. En biologie, on dirait qu'il est fait de cette matière. Rappelez-vous les LAP, PSOP, Zeinabgate, Zakaieries, et autres vilaines infidélités à l'orthodoxie financière et à la morale publique.

2. L'épuisement d'un contre-modèle.

Hama Amadou a cru et s'est convaincu jusqu'à la déraison qu'il était un homme intelligent, qui ne peut jamais se tromper. Hama Amadou a cru et s'est convaincu jusqu'à la déraison qu'il était un homme politique dangereux sans lequel il était impossible de gouverner ce pays. Et toute la bonne fortune qui lui est arrivée, il l'a attribuée à sa seule intelligence. La plupart de ses militants ont toujours cru et soutenu que Hama ne pouvait se tromper et que tout devait lui réussir, parce que c'est lui. Lui, le symbole de la ruse et de la fourberie. Celui qui a toujours un tour dans son sac et qui passerait ce pays par feu et flamme pour assouvir ses desseins personnels. A la vérité, on se rend compte aujourd'hui qu'il est entrain de s'éteindre par l'égarement de la décision ultime qu'il ne fallait pas et par l'épuisement de ce qui a été son carburant depuis plus de trente ans. C'est connu et admis, les hommes politiques prospèrent et périssent par le modèle ou les valeurs qu'ils incarnent.

Au Niger, l'opinion s'accorde à présenter Issoufou Mahamadou comme un homme courageux et qui tient ses engagements. La pratique du pouvoir a confirmé cette opinion et a montré, en plus, toute sa dimension internationale et internationaliste et surtout sa grande vision. Mahamane Ousmane est tenu pour un radin de classe mondiale, un être sournois qui ne ferait même pas confiance à son ombre ! De l'intérêt et de l'image du Niger, il n'en a cure. Tout ce qui compte pour lui, c'est la rente financière personnelle et immédiate qu'il peut tirer de certaines situations. Seini Omar est plutôt transparent .Presque personne. Il n'existe pas et ne symbolise rien. Il cherche sa personnalité .Il veut exister d'abord avant d'incarner quoi que ce soit .Il est à ce point transparent que lors des dernières élections, dans beaucoup de contrées, ses militants ont fait campagne avec la photo de Tandja.

Hama amadou, lui est présenté comme un homme d'affaires ou même l'homme des affaires ; il en a trempé dans toutes, s'il ne les a pas lui-même initiées. Il est considéré comme le promoteur et le manipulateur de certaines idées nauséabondes et primitives. Il s'en vantait d'ailleurs officiellement. Il n'a jamais incarné aucune vertu. Il a la conviction que lorsqu'on a le pouvoir, on peut tout faire et on pouvait décider de ce qui était bien ou de ce qui ne l'était pas. Il poursuit la conquête du pouvoir pour son seul profit. C'est lui qui sait diriger, qui sait réfléchir. Il fait toujours tout mieux que tout le monde .L'arrogance et le mépris incarnés. Aujourd'hui, tout semble aller à vau-l'eau pour cet homme. Et c'est tant mieux pour notre pays. Chaque jour qui passe consacre la perte de sa position et de son influence, tant dans son parti, que dans l'opinion publique nationale et internationale. L'homme est entrain de sombrer, il est fatalement au crépuscule de sa carrière.

C'est sûr, c'est irrémédiable. Le plus dur pour lui est qu'il aura été finalement son autodestructeur. Tout seul, sans l'aide de qui que ce soit, il a réussi à multiplier ses problèmes, amplifier ses faiblesses et se rendre chaque jour plus impopulaire. Il faut quand même un sacré talent pour s'autodégrader autant et en si peu de temps. Et cela alors qu'on aurait pu penser qu'il serait devenu un meilleur homme politique. Il ya peu, il disait avoir changé. " J'ai changé " avait -il clamé. Et même si on lui avait à l'époque reproché le flagrant plagiat de ce discours, il n'en demeurait pas moins qu'on lui avait fait crédit de bonne foi. On le croyait capable d'un sursaut et de changer véritablement. On avait espéré qu'il serait un autre homme. Qu'il tirerait les leçons de tout le mal qu'il avait fait à ce pays durant sa carrière politique.

Avec la victoire de son alliance aux dernières élections et son élection à la Présidence de l'Assemblée et l'âge faisant son effet, Il aurait pu être un Homme d'Etat, il ne sera et demeurera finalement que Hama Amadou. Avec tous ses défauts. Pour les qualités, on attendra peut être, un jour, un autre " j'ai changé".

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