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Assemblée nationale : discours du PAN à l’ouverture de la 2e session ordinaire au titre de l’année 2020

Publié le samedi 26 septembre 2020  |  actuniger.com
Ousseini
© Autre presse par DR
Ousseini Tinni, député du PNDS, nouveau président de l’Assemblée nationale
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La 2ème session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2020, dite Session budgétaire, s’est ouverte ce vendredi 25 septembre 2020 à l’hémicycle, Place de la concertation. A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale Ousseini Tinni a prononcé une allocution dans laquelle il a situé les enjeux de cette dernière session de la législature en cours.

Discours de SEM OUSSEINI TINNI à l’ouverture de la 2e session ordinaire au titre de l’année 2020

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales,

Honorables collègues Députés,

Monsieur le Secrétaire Exécutif du Comité Interparlementaire du G5 Sahel ;

Honorables Chefs traditionnels et Chef religieux,

Mesdames et Messieurs,

Par la grâce de Dieu, le Tout puissant, le tout miséricordieux, nous nous retrouvons aujourd’hui pour lancer l’ultime session de cette législature ! Je pense qu’il s’agit pour tous les députés d’une infinie bénédiction et d’un motif de grande satisfaction. Satisfaction du devoir accompli, satisfaction d’avoir contribué au renforcement de la démocratie nigérienne à travers la création d’une importante législation structurante.

Ce n’est pas encore l’heure du bilan mais, d’ores et déjà, je puis dire que cette législature aura atteint ses principaux objectifs parlementaires tout en préservant la sérénité entre tous les élus et surtout les rapports républicains des plus cordiaux avec le Gouvernement et toutes les autres institutions de l’Etat.

Mais, avant de poursuivre mon propos, permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de saluer et de remercier tous nos invités dont la présence parmi nous donne éclat et prestige à la présente cérémonie. Je sais que cette présence, au-delà de la Représentation nationale, honore notre pays tout entier dans ce contexte si particulier où des motifs de satisfaction côtoient des défis aussi importants les uns que les autres.

Au chapitre des satisfactions, quoique les récoltes viennent à peine d’être entamées, nous nous devons de nous réjouir de la très bonne pluviométrie qui a caractérisé la campagne agricole. En effet, depuis bien longtemps, le Niger n’a pas été autant arrosé. Les pluies qui furent aussi abondantes que bien réparties dans le temps et dans l’espace, augurent des récoltes exceptionnelles, d’abondants pâturages et de bonnes remontées des nappes phréatiques à travers tout le pays !

Cependant, comme le Tout puissant nous le dit dans le Saint Coran, la facilité et la difficulté vont de pair ! Les pluies, lorsqu’elles sont abondantes sont aussi bienfaisantes que source de préoccupation. C’est là un paradoxe, mais c’est surtout l’un des grands défis auquel nous faisons actuellement face.

En effet, distingués invités, à travers l’ensemble de notre pays, nos infrastructures et notre cadre de vie sont assez peu adaptés à une pluviométrie excessive comme celle de la présente année.

La conséquence, c’est la généralisation des inondations, des confins du Sahara aux rives du fleuve Niger. Ce sont des inondations, par ruissellements, par crues torrentielles, avec les conséquences les plus graves en termes de pertes en vies humaines, de destruction de nombreuses zones de cultures, d’effondrement de maisons, d’inaccessibilité de quartiers et de bourgs. Bref nous assistons à la manifestation de catastrophes naturelles aussi imprévisibles que destructrices !

Devant cette situation, le Bureau de notre institution a fait part de toute sa compassion à l’endroit de nos compatriotes victimes, à un titre ou à un autre de ces catastrophes.

Aujourd’hui, c’est au nom de l’ensemble des députés que je leur réitère cette compassion et les assure de notre entière solidarité. Je leur dis également que la Représentation nationale suit avec toute l’attention requise les efforts du Gouvernement, des autorités municipales et de toutes les bonnes volontés pour porter remède aux inconvénients que les excès hydriques leur ont engendrés.

Toujours au nom de cette Représentation nationale, je salue leur résilience qui n’est pas résignation mais plutôt attitude du bon croyant qui sait qu’il faut lutter mais, endurer les épreuves avec patience parce qu’elles entrent toujours dans le dessein du Tout puissant !

Je voudrais également saluer la promptitude de la réaction du Gouvernement et des organisations caritatives dès le tout début des inondations. Ainsi, ici et là, des solutions d’urgence ont pu être mises en place dans les délais permettant de soulager les sinistrés. Pour l’essentiel, chacun a pu bénéficier d’abris provisoires et disposer de secours alimentaires et médicaux en attendant des jours meilleurs.

A Niamey comme dans toutes les autres régions, des secours ont été mobilisés et mis à la disposition de tous. Il faut en savoir gré à tous les responsables concernés et les encourager à la vigilance jusqu’à la fin de cette saison qui ne saurait d’ailleurs tarder.

Permettez-moi aussi de rendre l’hommage qu’ils méritent à tous les éléments de la protection civile et des Forces de Défense et de Sécurité mobilisés jour et nuit pour porter assistance aux sinistrés.

Cependant, Mesdames et Messieurs, après les premières solutions d’urgence, l’Assemblée nationale encourage le Gouvernement à engager des réflexions profondes pour rechercher des solutions structurelles qui nous mettront à l’abri de la récurrence des catastrophes naturelles et renforcer notre résilience face aux changements climatiques qui alternent des situations extrêmes de sécheresse et d’inondation.

Il faudra certainement des investissements lourds sur plusieurs décennies. Que l’on ne s’y trompe pas, il s’agit là d’un projet pharaonique incluant notamment le désensablement des cours d’eau, l’intensification généralisée de la lutte contre la désertification et la refonte totale des plans d’urbanisme !

Mais, grâce à une ferme volonté de tous les fils de ce pays et un consensus national sur la question, je reste convaincu que le Niger viendra à bout de ce phénomène.

A cet effet, j’invite tous les édiles, les responsables des Administrations déconcentrées ainsi que tous les candidats aux hautes fonctions politiques nationales ou locales à proposer des alternatives crédibles qui, à court, moyen et long termes permettront à nos populations d’être à l’abri des catastrophes naturelles.

Il s’agit là d’une priorité nationale qui doit être intégrée dans les plans, programmes et budgets de l’Etat et des collectivités territoriales.

Distingués invités, l’autre élément du contexte qui marque le démarrage de nos travaux est la rentrée des classes qui interviendra le 15 octobre prochain. C’est l’occasion pour moi de féliciter tous les acteurs de l’éducation pour avoir réussi à sauver l’année scolaire précédente avec des résultats finaux acceptables. Je les encourage à toujours privilégier le dialogue et l’esprit de responsabilité afin de donner à notre école les chances de combler les attentes de l’Etat, des apprenants et de leurs parents !

Dans cette optique, au nom de la Représentation nationale, j’exhorte les plus hauts responsables de tous les niveaux d’enseignement à s’assurer que les écoles publiques et privées se rejoignent dans la recherche de la qualité des apprentissages.

Mesdames et Messieurs, chers collègues, au chapitre sanitaire, je voudrais encore une fois de plus évoquer la pandémie de la Covid 19 pour me réjouir des résultats de la lutte collective que nous avons conduite tous ensemble. La situation a pu être maîtrisée à l’intérieur de nos frontières et nous pouvons nous réjouir de compter beaucoup moins de malades que les pays comparables au nôtre.

Cependant, comme le proclament régulièrement les autorités en charge de la santé, le virus circule toujours. Certes plus lentement chez-nous mais, il faut le souligner, beaucoup plus vite dans les pays avec lesquels nous entretenons des relations suivies.

La vigilance reste donc de rigueur s’agissant notamment de la surveillance des flux migratoires.

Mais, aujourd’hui, en matière de santé, si nous observons une certaine accalmie relativement au corona virus, nous devons aussi rapidement que possible porter le combat vers la malaria et les autres maladies dont la propagation va de pair avec la multiplication des eaux stagnantes.

Chers collègues, distingués Invités, l’autre fait actuel qui attire l’attention de tous est assurément l’atmosphère de pré campagne électorale qui descend sur nos villes et villages. De prime abord, comme tous les rendez-vous cycliques, c’est une source de satisfaction et de grande joie.

C’est également le rendez-vous le plus important en démocratie, le moment où il revient au citoyen de choisir à nouveau ceux à qui il va confier les affaires publiques pour un délai convenu.

Vu sous cet angle, les choses doivent pouvoir être simples. Il suffira juste d’organiser une saine compétition où il n’est requis que la force des arguments soutenue par un programme. S’il y a un affrontement, il ne peut que rester strictement verbal.

Les diatribes, les invectives, les outrances langagières ne sont en rien nécessaires. Du reste, tout ceci demeure rigoureusement encadré par les textes fondamentaux qui interdisent diffusion de fausses informations, diffamation, injures, stigmatisation, violence, voies de fait, fraude, corruption et toute autre antivaleur qui faussent le jeu démocratique.

Comme je l’ai naguère rappelé, au Niger, en ville comme dans les contrées les plus reculées du territoire nationale, nous sommes des habitués des campagnes électorales et du vote ; nous nous connaissons tous, donc point besoin de surenchères ou de dénigrements mutuels. Que chacun, à l’abri des lois et règlements, cherche à convaincre les électeurs et que le meilleur candidat au meilleur programme gagne afin qu’après la parenthèse électorale notre pays se retrouve pour poursuivre sa marche vers le progrès et le développement dans la sérénité. C’est là l’ardent souhait du Président de la République, SEM ISSOUFOU MAHAMADOU qui serrait fier et honoré de voir lui succéder un nouveau président régulièrement et démocratiquement élu.

Distingués invités, Nous ouvrons également notre session pendant que sur le front de la guerre contre le terrorisme l’on note une certaine accalmie même si, hélas, l’on signale, de temps à autres des attaques sournoises avec des pertes en vies humaines du côté de nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS).

Au nom de la Représentation nationale je présente aux familles de ceux qui sont tombés et à la famille des FDS l’expression de mes condoléances émues. C’est pour moi l’occasion de rappeler que l’Assemblée nationale refuse énergiquement que l’on puisse attenter à l’honneur de nos militaires en aucune des manières. Ici, régulièrement, nous rappelons à nos compatriotes ce que chacun d’entre nous doit à l’armée, nous ne pouvons donc que la soutenir avec constance et fermeté.

Chers collègues, j’en viens à présent à l’ordre du jour de notre session. Il sera principalement marqué par l’examen et le vote de la loi de règlement 2018 et de la loi de finances 2021.

Pour ce qui est de la loi de règlement, Il s’agit du respect des dispositions de nos textes fondamentaux qui nous font obligation d’examiner les résultats de l’exercice de la pénultième année avant même d’aborder l’examen du projet de loi de finances de l’exercice suivant. Comme je l’ai toujours dit, il ne s’agit pas d’un travail de routine mais plutôt de l’occasion unique offerte aux députés de s’assurer que les autorisations budgétaires qu’ils avaient données au Gouvernement ont été respectées dans leur globalité comme dans leurs détails. C’est également l’occasion de vérifier la pertinence de toutes les prévisions, plus particulièrement celles portant sur les recettes qui conditionnent toutes les autres. Il s’agira notamment d’évaluer les ratios relatifs aux réalisations fiscales, car ils peuvent se révéler fort utiles comme repère pour affiner les projections du nouveau projet de loi de finances.

Chers collègues, pour ce qui est de ce projet de loi de finances 2021 dont nous connaissons déjà les grandes tendances pour les avoir examinées à l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire à la fin de notre dernière session, nous nous efforcerons, plus que de coutume, de faire un travail de grande qualité. En effet, comme nous le savons tous, il s’agit d’un budget charnière entre deux législatures. En vertu du principe de la continuité de l’Etat, le Gouvernement qui sortira des prochaines consultations générales en poursuivra l’exécution qui sera lancée par l’actuel.

C’est dire alors que nous devons nous efforcer d’en rendre aisée la lecture et les prévisions aussi pertinentes que possible.

Pour l’heure, avant toute chose, chers collègues, nous vérifierons le degré de respect du projet qui nous est soumis aux recommandations que nous avions formulées à l’occasion du débat que j’évoquais tantôt.

Pour rappel, nous avions instamment demandé au Gouvernement d’entamer de profondes réformes structurelles du secteur agricole pour en améliorer la productivité afin, qu’à terme, l’on puisse travailler à développer une industrie de transformation des produits agro-Sylvio-pastoraux.

Nous pensons, en effet, que c’est la voie royale qui pourrait permettre à notre pays d’améliorer la croissance économique et réduire le sous-emploi.

L’autre recommandation qui me semble d’importance est celle relative à l’adaptation de la fiscalité des intrants agricoles à notre volonté de parvenir rapidement à la souveraineté alimentaire à travers notamment l’initiative 3N. Les députés ont été unanimes à demander un désarmement tarifaire sur tous les intrants et outils agricoles afin d’encourager les producteurs ruraux individuels à accéder aux engrains modernes ainsi qu’au machinisme agricole simplifié.

Comme recommandation d’ordre général, l’Assemblée nationale a aussi demandé au Gouvernement de créer les conditions d’une plus grande anticipation des mesures d’atténuation des risques sur les Finances publiques.

A cet égard, il est essentiel que le projet de réforme de la fiscalité se poursuive afin que l’on puisse parvenir à l’objectif d’une pression fiscale de 20% du Produit Intérieur Brut au cours du prochain cycle budgétaire.

Par ailleurs, l’Assemblée nationale insiste sur la relance de l’économie nationale post Covid19 afin que soit créées les conditions d’une gestion optimale en tenant compte du contexte économique actuellement perturbé par de nombreuses causes exogènes. En attendant, en commission comme en plénière, les députés examineront le projet de budget qui leur est soumis, comme à l’accoutumée, avec le détachement qu’il faut, pour parvenir aux équilibrages nécessaires à la meilleure allocation possible des ressources. Point n’est besoin de rappeler qu’il s’agit là de prérogatives consubstantielles de la mission parlementaire.

Pour le reste, en souhaitant que la campagne agricole finissante tienne toutes ses promesses pour soutenir la croissance, je déclare ouverte la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale au titre de l’année 2020 en souhaitant bonne chance à tous nos collègues qui prennent, à nouveau, rendez-vous avec les électeurs.

Vive la République

Vive la Niger

Je vous remercie.
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