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Lancement du cadre technique opérationnel de la Commission Climat pour la Région du Sahel : Le point de départ pour l’opérationnalisation de la commission Climat pour le Sahel

Publié le vendredi 30 octobre 2020  |  Le Sahel
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© Autre presse par DR
Réunion Consultative dimanche après-midi à New York  de la Commission Climat pour la Région du Sahel : Le Chef de l’Etat appelle à une conjugaison des efforts face aux multiples défis sécuritaires et climatiques qui assaillent la région du Sahel
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Il y a trois ans, en janvier 2017, soit quelques mois seulement après la tenue à Marrakech au Maroc de la Conférence des Parties COP 22, le Niger, à travers le Président de la République Issoufou Mahamadou, se voyait confier la lourde et exaltante mission de présider aux destinées de la Commission Climat pour la Région du Sahel (CCRS), l’une des trois commissions de la région Afrique créées à l’effet de s’attaquer au problème du Changement Climatique.

Sous l’impulsion du Chef de l’Etat, Président de la CCRS, le Niger s’est très vite et très tôt mis à la tâche pour l’opérationnalisation de cette commission en créant aussitôt le Cadre Transitoire Opérationnel (CTO-CCRS), dirigé par un coordonnateur et doté d’un bureau en plein centre-ville de Niamey et d’un personnel d’appui. C’est le mercredi 28 octobre que le ministre, directeur de cabinet du Président de la République, M Ouhoumoudou Mahamadou, a procédé au lancement officiel des activités du CTO-CCRS au Palais des Congrès de Niamey.

La commission Climat pour la Région du Sahel que préside le Chef de l’Etat et dont le Niger assure la coordination regroupe dix-sept (17) Etats membres sur la bande sahélienne, allant de Djibouti au Sénégal. La CCRS est née du sommet africain de l’action en faveur d’une co-émergence continentale qui s’est tenu au Maroc en marge de la COP 22, sur initiative du Roi Mohamed VI. En lançant officiellement les activités du CTO-CCRS, le ministre directeur de cabinet avait à ses côtés le ministre de l’environnement de la salubrité urbaine et du développement durablement, M Almoustapha Garba, et de nombreuses personnalités dont la représentante-résidente du PNUD, Mme Diana Louise Ofwona, celui de la BAD, M Noureddine Kane Dia, et l’ambassadeur du Royaume du Maroc, SE Allal El Chab notamment. A souligner que ces trois personnalités sont les principaux partenaires techniques et financiers du CTO-CCRS.

La cérémonie de lancement marque ainsi le début du processus de la mise en œuvre effective des activités du CT0- CCRS, prélude à la mise en œuvre du plan Climat pour le Sahel ; elle a été l’occasion pour le ministre directeur de cabinet de rappeler le processus ayant permis d’aboutir à la mise en place du CTO-CCRS et d’expliquer que la commission Climat pour la Région du Sahel travaille aux côtés de deux autres commission régionales, une pour le bassin du Congo et une autre pour les Etats insulaires. Ouhoumoudou Mahamadou a fait savoir que la CCRS dirigée par le président Issoufou Mahamadou a élaboré un plan d’investissement Climat Région du Sahel (PIC-RS 2018-2030) avec un budget global de 44 milliards dollars US. Elle entend travailler dans le cadre de l’effort planétaire visant à atténuer les émissions du gaz à effet de serre, mais aussi à accroitre la résilience des communautés et les moyens d’existence, dit-il.

Le PIC-RS 2018-2030 a été adopté en février 2019 à Niamey par les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la CCRS à l’occasion de leur conférence, a rappelé le ministre directeur de cabinet, ajoutant qu’un secrétariat permanent à également été créé pour assurer la coordination, la mise en œuvre et le suivi du PIC et de son programme prioritaire 2020-2025. C’est de là qu’est née la nécessité de créer le Cadre Transitoire Opérationnel sous la supervision du président de la CCRS. Il a pour mission de conduire le processus de l’opérationnalisation de la commission jusqu’à la mise en place du secrétariat exécutif. Depuis sa désignation en qualité de président de la Commission, le président Issoufou n’a ménagé aucun effort pour que le Niger joue le rôle qui est le sien avec efficacité afin de déclencher le processus d’opérationnalisation. Le ministre directeur de cabinet rappelle à cet effet que le Niger a financé des rencontres thématiques régionales, affecté et aménagé un local servant de siège pour la commission à Niamey, mobilisé un personnel d’appui et doté le CTO-CCRS d’un budget initial. Dans cet effort empreint d’engagement, le Niger a toutefois bénéficié de l’appui des partenaires techniques et financiers, citant notamment le Royaume Chérifien, la Banque Africaine de développement, le Programme des Nations Unies pour le développement et la banque mondiale.

Le soutien de ces PTF a permis au cadre transitoire d’être désormais installé et opérationnel, prêt à faire face aux tâches « qui lui sont assignées par le président de la commission et ce, conformément aux orientations issues de la première conférence des dirigeants de la région du Sahel », a affirmé le ministre directeur de cabinet du Président de la République. Il a en outre expliqué que le CTO-CCRS devait piloter le processus de réalisation d’une série de diligences stratégiques et réglementaires pour permettre un fonctionnement cohérent et durable des instances de la CCRS et assurer une meilleure capitalisation des résultats sortis de la table-ronde de financement du PIC-RS et de son programme prioritaire. Le CTO s’appuiera ainsi sur une feuille de route comportant des actions programmées et recommandant de mobiliser 8,4 milliards F CFA d’ici 2020.

Soulignant que l’essentiel des efforts financiers devrait venir des pays membres, M. Ouhoumoudou Mahamadou les a invités à honorer leurs engagements quant à l’opérationnalisation de la commission

notamment celui de contribuer à hauteur de 10% pour la mise en œuvre du PIC-RS. Au nom du président de la CCRS, le ministre directeur de cabinet a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers à un accompagnement soutenu pour la mise ne œuvre de la feuille de route. Il a adressé les félicitations et encouragements à l’équipe du coordonnateur technique du CTO-CCRS, M Issifi Boureima, et l’a invitée à « ne ménager aucun effort pour la conduite efficace du processus transitoire devant garantir à son terme la mise en place d’un secrétariat permanent performant ainsi qu’une mise en œuvre réussie du Plan d’Investissement Climat ».

L’ambassadeur du Royaume du Maroc, SE Allal El Chab, a félicité le Niger pour avoir créé les conditions optimales afin de rendre opérationnelle la CCRS qui regroupe des pays où le changement climatique pose de nombreux défis aux communautés. Il a indiqué que son pays a initié et mis en œuvre des stratégies dans le domaine de la lutte contre les effets du changement climatique et il apporte une contribution substantielle et son adhésion à l’effort planétaire au développement durable. Le royaume s’est engagé à faire de la question climatique en Afrique une priorité soulignant que le continent subit les conséquences néfastes du changement climatique alors qu’il est le moins émetteur du gaz à effet de serre, a-t-il précisé. M El Chab a rappelé l’initiative du Roi Mohamed VI de convoquer le sommet de l’action en 2016 en marge de la COP 22 qui a permis la création des commissions Climat et pris plusieurs initiatives avec pour objectif de coordonner et harmoniser les actions de lutte contre le changement climatique et de chercher les meilleures solutions aux défis climatiques sur le continent.

Le diplomate a déclaré que son pays s’est engagé à prendre en charge les études de faisabilités sur la mise en œuvre du PIC et d’appuyer la commission à travers le centre de compétence sur le changement climatique (4C) du Maroc. Il a annoncé que les deux structures 4C et la CCRS allaient signer un mémorandum d’entente, le soir même du lancement des activités du CTO-CCRS. Le représentant de la BAD au Niger, M Nourdine Kane Dia, a lui aussi félicité le Niger pour le lancement des activités du CTO-CCRS, indiquant que cela constitue un « jalon très important dans la mise en œuvre des orientations issues de la première conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CCRS tenu à Niamey en février 2019 ». Pour le représentant de la BAD, le lancement confirme l’engagement du Niger en faveur de la lutte contre le changement et pour l’émergence d’un Sahel résilient sous le leadership remarquable du Président de la République au service de la cause de l’environnement.

La dotation du CTO-CCRS constitue à ses yeux la parfaite illustration de cet engagement présidentiel. M Dia a salué l’investissement personnel du ministre Almoustapha Garba et le dévouement total du coordonnateur du CTO-CCRS, M Issifi Boureima pour l’opérationnalisation de la commission. Ayant placé le développement résilient et durable de l’Afrique au cœur de sa stratégie décennale, la BAD a donc répondu favorablement à la requête des autorités nigériennes pour les accompagner dans l’opérationnalisation de la commission climat du Sahel, a dit M Dia tout en remerciant le gouvernement pour la confiance en sollicitant l’accompagnement et pour la désignation de la BAD comme chef de file des PTF du PIC-RS 20218-2030.

La représentante- résidente du PNUD a mis en exergue le caractère très aride de la zone du Sahel s’étalant de l’Océan Atlantique à la Corne de l’Afrique et qui est considérée par le groupe d’experts comme une des zones les plus vulnérables au changement et à la variabilité climatique avec pour conséquences la baisse des rendements, la fréquence des catastrophes, les vagues de chaleur, l’ensablement des cours d’eau, la dégradation de l’écosystème, le déplacement des populations, l’insécurité et les maladies climato sensibles. Pour Mme Ofwona Louise, le moment est à l’action pour passer à l’opérationnalisation de la CCRS. Et pour y parvenir, elle souligne la nécessité de se focaliser sur une mise en œuvre effective, collective et solidaire du PIC-RS 2018-2030, expliquant qu’il constitue une réponse spécifique et une vision partagée à long terme pour la résilience des populations et des écosystèmes de la région du Sahel. Après la cérémonie de lancement, le ministre directeur de cabinet et les représentants de PTF ont visité le siège du CTO-CCRS où ils ont de vive voix encouragé le staff qui appuie le coordonnateur.

Dans la soirée, le ministre directeur de cabinet, M. Ouhoumoudou Mahamadou, et le ministre de l’énergie du Maroc, ont signé un mémorandum d’entente, scellant le début du partenariat entre le CTO-CCRS et le Centre de Compétence en Changement Climatique du Maroc. Les deux ministres, à savoir M Aziz Rabbah, et Ouhoumoudou Mahamadou, se sont félicités de la signature dudit mémorandum. Du côté du Niger, la cérémonie virtuelle de signature s’est déroulée en présence du ministre de l’environnement du Niger et l’ambassadeur du Royaume du Maroc.


Par Zabeirou Moussa
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