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Médias : Canal3 Niger suspendue pour un mois, son rédacteur en chef privé de sa carte professionnelle pour trois mois

Publié le dimanche 19 janvier 2025  |  actuniger.com
Niger
© Autre presse par DR
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Le Ministre de la Communication, des Postes et de l’Économie Numérique, M. Mohamed Raliou, a annoncé ce vendredi 17 janvier 2025, par arrêté, la suspension de la chaîne privée Canal3 Niger pour un mois ainsi que le retrait de la carte professionnelle de son rédacteur en chef, Seini Amadou, pour trois mois, des décisions immédiatement exécutoires. L’arrêté ministériel, numéroté 000002/MCP/EN/SG/DCom/DL, s’appuie sur les articles 17 et 26 de la loi n°2012-34 du 7 juin 2012 relative à la régulation des médias, mais reste silencieux quant aux motifs précis ayant conduit à cette double suspension.

Selon plusieurs observateurs, notamment des professionnels des médias, la suspension de Canal3 Niger aurait été motivée par la diffusion d’un contenu polémique classant les membres du gouvernement en fonction de leurs performances dans l’exécution de leurs missions. En effet, dans son édition du 16 janvier 2025, la chaîne a présenté un ‘baromètre’ des ministres de l’équipe gouvernementale, mettant en avant le Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zene, ministre de l’Économie et des Finances, comme le leader incontesté. Cet exercice, qui passe en revue les bons, moyens et mauvais élèves du gouvernement, est courant dans la presse de nombreux pays, mais il aurait suscité une vive réaction au sein des autorités nigériennes, bien que celles-ci n’aient pas confirmé officiellement ce lien.

L’arrêté ordonne la suspension de la carte de presse du rédacteur en chef Seini Amadou pour trois mois et celle de la chaîne Canal3 Niger pour un mois, des mesures effectives dès la signature et applicables immédiatement.

La décision de suspension suscite déjà une onde de choc dans les milieux médiatiques et parmi les défenseurs de la liberté de la presse. Certains dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et un précédent dangereux pour le journalisme au Niger. D’autres, en revanche, considèrent qu’il est essentiel pour les médias de respecter les règles déontologiques et d’éviter les contenus susceptibles de créer des tensions.

Ali Idrissa Nani, promoteur du Groupe de presse Labari et Président du Réseau des Radios et Télévisions du Niger (RRTN), a réagi fermement en dénonçant cette suspension comme "très grave pour la liberté de la presse". « Le ministre de la Communication n'a aucun droit ni pouvoir de fermer un média. Le seul organe habilité à prendre de telles mesures reste le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) », a-t-il posté sur les réseaux sociaux. Il a fermement condamné cette décision, appelant à un retour à la légalité et exhortant Canal3 Niger à saisir les tribunaux pour faire respecter ses droits.

Alors que Canal3 Niger doit suspendre ses programmes pour un mois, et que son rédacteur en chef est temporairement privé de sa carte de presse, les questions sur les véritables motivations de cette décision restent en suspens. Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur l’état de la liberté de la presse au Niger et sur l’équilibre entre la régulation des médias et la protection des droits à l’expression.

Ibrahim Issa (actuniger.com)
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