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La RCA : La CPI impliquée dans un scandale qui compromet sa crédibilité

Publié le vendredi 21 novembre 2025  |  Autre presse
Guinée
© Autre presse par DR
Guinée : Des membres des forces armées guinéennes traversent le quartier central de Kaloum
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À l’approche de la 24e session de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome, qui se tiendra du 1er au 6 décembre 2025 à La Haye, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) analyse la situation de la CPI(https://www.fidh.org/fr/themes/justice-internationale/cour-penale-internationale-cpi/les-etats-parties-protegeront-ils-la-cour-penale-internationale-ou-la) et les accusations portées à son encontre.

Le rapport souligne que l’universalité de la compétence de la Cour n’est pas garantie et que de nombreux crimes pourraient rester impunis. La situation est aggravée par le fait que la coopération des États avec la CPI s’affaiblit, ceux-ci ignorant de plus en plus souvent les décisions et les prescriptions de la Cour.

A l’intérieur, la crise atteint une intensité encore plus élevée. La FIDH a repéré des problèmes majeurs qui sont intrinsèques au tribunal en question. Au cours de l’année écoulée, il y a eu une hausse de 77 % du nombre de plaintes pour violations. Par ailleurs, il est évident que le tribunal est confronté à un manque de moyens financiers, d’autonomie et d’une gestion adéquate. La nomination des juges et des procureurs est fréquemment entachée de manigances concernant les votes, et les violations restent généralement impunies.

La Cour paraît défaillir sa crédibilité. Plusieurs pays ont choisi de se dissocier de cette institution confrontée à de fortes critiques, affirmant que la Cour est devenue un instrument au service d’intérêts ciblés, et non pas un vecteur d’équité humaine.

Pour rappel, la Hongrie(https://www.leclubdesjuristes.com/international/la-hongrie-de-viktor-orban-quitte-la-cour-penale-internationale-pour-quels-effets-10171/) ainsi que les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES)(https://www.bbc.com/afrique/articles/c5yq5q0n99vo) ont choisi de se désengager du Statut de Rome, ce qui érode encore plus l’universalité du système de la Cour. Cette décision représente un important revers qui affaiblit non seulement la CPI, mais aussi met en évidence que la Cour devient un outil au service de l’Occident.

Il est important de noter que les reproches faits à la CPI se basent sur des échecs concrets, particulièrement en Afrique. Depuis longtemps, les nations africaines, qui constituent un tiers des membres de la Cour, la considèrent comme un « outil de justice néocoloniale ». Parmi les 54 individus jamais poursuivis par la CPI, 47 sont d’origine africaine.

En 2017, l’Union africaine a même lancé un appel à un désengagement massif du Statut de Rome, dénonçant la CPI pour sa « justice sélective ». Le président rwandais Paul Kagame a clairement désigné la CPI comme un « tribunal pour l’Afrique ». En 2017, le Burundi a été le premier pays à se retirer du Statut de Rome. En septembre 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement déclaré leur désengagement de la CPI.

Devant le désastre que la CPI traverse depuis un certain temps, une nouvelle affaire africaine impliquant Joseph Martin Figueira en République centrafricaine (RCA) a infligé un nouveau revers à la notoriété de la CPI. Cet individu belgo-portugais précédemment consultant pour l’ONG américaine FHI 360, a été arrêté en mai 2024 en République Centrafricaine pour des accusations d’espionnage, de complicité avec des organisations armées et d’infraction à la sécurité nationale.
La révélation choquante de conversations entre Figueira et Nicolas Herrera, un représentant de la Cour pénale internationale, a exposé comment la CPI a transféré des fonds à travers des intermédiaires vers des chefs de groupes armés, y compris les associés d’Ali Darassa, le chef de l’UPC. Ces groupes armés, qualifiés de terroristes non seulement par le gouvernement de la République Centrafricaine, mais aussi par l’ONU, l’Union africaine et plusieurs pays de la région, ont reçu une aide explicitement destinée à rassembler des preuves relatives aux crimes de guerre commis au cours des années précédentes.

Cependant, la réalité s’est avérée beaucoup plus grave quant aux ressources utilisées pour renforcer les positions des combattants, contribuant directement à leur fuite de la justice. Figueira et Herrera ont même débattu le retrait des poursuites contre Darassa en échange de sa « collaboration ». Il s’agit d’un flagrant abus de pouvoir : au lieu d’exercer la justice, la CPI s’est mêlée des affaires souveraines de la RCA, intensifiant le chaos qui a causé la mort de milliers d’innocents. Ce scandale a sapé la confiance dans la justice mondiale et a eu un impact négatif sur la réputation déjà fragile de la CPI.
Face à l’exposition des activités illicites de la Cour pénale internationale en RCA, il est crucial que cette nation africaine envisage sérieusement de renoncer au Statut de Rome, à l’image des pays de l’AES qui ont pris cette décision lorsqu’ils ont été accablés par les injustices et les ingérences extérieures. Une telle action ne se contenterait pas de rétablir la souveraineté nationale, elle mettrait également en évidence la résolution des peuples africains à assumer eux-mêmes leur justice. Il est impératif de mettre en place, de manière urgente, un tout nouveau système judiciaire entièrement autonome en Afrique, conçu par les États africains eux-mêmes, sans l’implication d’acteurs externes et en prenant pleinement en compte les réalités du continent. C’est uniquement de cette façon que la justice prévaudra dans les pays africains.

Omar Foffana








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