Les autorités nigériennes viennent d’ajouter de nouveaux noms sur la liste du Fichier national des personnes ou groupes liés à une entité terroriste (FPGE). Il s’agit de proches de l’ancien président Bazoum Mohamed, son ex-Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou ainsi que deux autres collaborateurs de l'ancien chef de l'État, Madame Takoubakoye Aminata Boureima et Djibo Yaya. Conformément à la réglementation édictée par le CNSP, ces personnes, qui sont poursuivies pour diverses infractions liées à la sécurité de l’État et à la lutte antiterroriste, sont visées par des mesures immédiates, avec notamment le gel de leurs avoirs, l’interdiction de voyager, la surveillance financière et des restrictions commerciales ainsi qu’en matière de protection consulaire. Les 3 nouveaux inscrits sur la liste noire du FPGE sont en exil depuis les évènements du 26 juillet et Amy Takoubakoye et Djibo Yaya, très actifs sur les réseaux sociaux, ont été récemment déchus provisoirement de leur nationalité par ordonnance présidentielle pour les mêmes faits.
C’est par une note officielle adressée le 09 avril 2026 par le Secrétaire général du Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération que les autorités nigériennes ont notifié aux missions diplomatiques l'inscription de trois (03) nouvelles personnalités sur le fichier des personnes impliquées dans des actes terroristes ou d'atteinte à la sûreté de l'État (FPGE).
Selon le document, les 3 personnes visées sont toutes actuellement « en fuite à l'étranger ».
Il s’agit de l’ancien Premier ministre de Bazoum Mohamed, Ouhoumoudou Mahamadou, en poste au moment du coup d’État du 26 juillet 2026. Plusieurs fois ministre sous Mahamadou Issoufou, dont il est également proche et a dirigé le cabinet à la Présidence, il est poursuivi pour « crime de trahison et complot contre la sûreté de l'État ».
Les deux autres nouveaux inscrits sur le FPGE sont également d’anciens membres du cabinet du président déchu qui mènent actuellement une opposition farouche au CNSP, principalement sur les réseaux sociaux, à partir de leur terre d’exil.
Il s’agit de Mme Takoubakoye Aminata Boureima, poursuivie pour « production et diffusion de données de nature à troubler l'ordre public, diffamation et injures par communication électronique », ainsi que Djibo Yaya, poursuivi pour « production et diffusion de données de nature à troubler l'ordre public, diffamation, injures par communication électronique et apologie du terrorisme ».
Pour ces mêmes faits, l’ancienne ministre (2020), Dr Amy Boureima, ex-DG de l’Institut national de la statistique (INS), et Djibo Yaya, qui était au cabinet de Bazoum, ont d’ailleurs été récemment déchus provisoirement de leur nationalité par ordonnance présidentielle.
Mesures et sanctions
Conformément aux dispositions en vigueur, ces personnes sont désormais visées par une série de mesures restrictives dont le ministre a instruit les chefs de missions diplomatiques et postes consulaires de veiller à leur stricte application.
Il s’agit notamment du gel des avoirs financiers et de l’interdiction d'accès aux comptes bancaires, de l’interdiction de déplacement à l'intérieur du pays et de l’interdiction de voyager à l'étranger ainsi que de la restriction des transactions commerciales avec les entreprises, qui ont l'obligation de signaler toute interaction avec ces individus au Comité national du FPGE. Aussi, le ministère précise que ces personnes ne peuvent plus prétendre à l'assistance ou à la protection du Niger via ses ambassades à l'étranger.
Liste noire
La liste noire des personnes inscrites sur le Fichier national des personnes, groupes de personnes ou entités (FPGE) impliqués dans des actes de terrorisme au Niger continue donc de se gonfler. Créée fin 2024 par ordonnance du Président du CNSP et Chef de l’État, le Général Abdourahamane Tiani, cette liste a visé jusqu’à présent des proches de l’ancien président Bazoum Mohamed, qui continuent encore à s’opposer aux autorités de la Refondation.
Dans un premier temps, une dizaine de personnes, dont d’anciens membres du cabinet, des anciens ministres et officiers des FDS, ayant fui le pays après les évènements du 26 juillet 2026, ont été concernées par cette inscription sur la liste du Fichier national. Après les Assises nationales de la Refondation de février 2025 et l’appel au pardon et au dialogue du Chef de l’État, beaucoup avaient espéré que les autorités allaient revenir sur cette décision qui soulève des polémiques tant au Niger qu’à l’extérieur. Il faut dire que les personnes visées par cette mesure, qui suit un ordonnancement judiciaire bien établi tel que cela a été expliqué par le ministre de la Justice, M. Alio Daouda, sont par la suite visées par d’autres mesures administratives restrictives de leurs droits et devoirs de citoyens.
Avec les dernières inscriptions, tout laisse à croire que Niamey surveille toujours les caciques de l’ancien régime, même, et surtout, à l’extérieur !