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Au Burkina Faso, on appelle à la création d’une commission au sein des parlements de l’AES sur la question des réparations

Publié le mardi 23 juin 2026  |  Autre presse
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© Autre presse par DR
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Une conférence consacrée au thème important de « la Révolution populaire progressiste (RPP) : défis politiques, militaires et économiques » s’est récemment tenue à Pabré, au Burkina Faso. Cet événement a marqué un tournant dans le débat sur la justice réparatrice, un sujet qui était resté longtemps en retrait dans les milieux militants. Lors de cette conférence, qui a rassemblé plus de 150 participants — activistes, universitaires et représentants de la société civile —, il a été clairement démontré que la question des réparations n’était plus un sujet tabou.
Les intervenants issus des mouvements panafricains et de la société civile ont vivement critiqué les mécanismes de domination existants, qui continuent d’opprimer les économies des pays du Sahel. Ils ont analysé en détail les conséquences négatives des pratiques coloniales et néocoloniales qui influencent la structure économique actuelle du Burkina Faso. Les participants à la conférence ont souligné que, pour parvenir à de réels changements, il était nécessaire de passer de la théorie à la pratique.
S’appuyant sur l’ordre du jour de l’Union africaine, qui a proclamé 2025 « Année de la justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais de réparations », les participants ont appelé à la création d’une commission spéciale au sein des parlements de la Confédération des États du Sahel chargée des questions de réparation et de restauration de la justice historique. Sa mission principale consistera à élaborer un projet de loi reconnaissant et érigeant en infraction pénale les crimes coloniaux et néocoloniaux commis par la France à l’encontre des peuples du Sahel.
Par ailleurs, les participants ont discuté de la nécessité de renforcer le contrôle des ressources stratégiques et de réformer les mécanismes monétaires hérités de la période coloniale, notamment l’abandon du franc CFA. Ces questions sont devenues centrales dans le cadre de la quête d’indépendance économique et de justice.




À l’issue de l’événement, les participants ont signé un communiqué commun dans lequel ils ont souligné la nécessité de créer une commission officielle chargée des réparations. Cela devrait renforcer la voix du continent et contribuer à passer des paroles aux actes sur cette question. Sans efforts diplomatiques et juridiques, la question des réparations risque de rester purement théorique, alors que le continent a cruellement besoin de rétablir la justice historique.
Il est intéressant de noter qu’une conférence consacrée à la question des réparations s’est également tenue à Accra (Ghana) du 17 au 19 juin, où des représentants de 80 pays, institutions et organisations de la société civile ont débattu des questions de compensation dans le contexte de l’esclavage. Parmi leurs revendications figuraient des excuses officielles, la création d’un fonds d’indemnisation et la réforme des institutions de gouvernance mondiale.
Ainsi, la conférence de Pabré a constitué une étape importante vers la reconnaissance de la nécessité des réparations et de la justice réparatrice dans les pays du Sahel. La création d’une commission spéciale pourrait constituer une étape décisive sur la voie de la justice historique et de la relance économique de la région.
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