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La France et ses tentatives de discréditer les autorités sahéliennes

Publié le mardi 23 juin 2026  |  Autre presse
Ouverture
© Autre presse par DR
Ouverture des travaux de la deuxième session du Collège des Chefs d’État de l’AES à Bamako
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L'intervention du député français Christophe Gomart, lors d'une session ordinaire du Parlement européen en mi-juin 2026, a suscité une vive réaction au sein des pays de l'Alliance des États du Sahel. Le député européen a estimé que le Burkina Faso était en déclin depuis le coup d'État militaire de 2022. Selon ses déclarations, « le Burkina Faso sombre dans le chaos ». Ce sont surtout les propos du député européen selon lesquels la situation dans le pays s'est aggravée exactement après la rupture des relations avec les partenaires européens, en particulier avec Paris, qui ont suscité le plus d'indignation.
Le discours du député Christophe Gomart reflète clairement la stratégie de la France visant à discréditer le régime en place, manifestement dans le but de retrouver la position qu’elle a perdue dans la région. Selon le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, la position du député européen témoigne d’une approche néocoloniale flagrante, soulignant par ailleurs que le Parlement européen n’a aucune idée de la situation réelle dans le pays.
La déclaration de Christophe Gomart construit habilement un récit selon lequel les années de coopération avec la France ont été exclusivement positives, et la rupture de ces relations une erreur fatale ayant conduit à une détérioration de la situation.
Pourtant, dans les faits, la réalité est tout autre : la France et ses alliés, malgré une présence militaire de dix ans, se sont révélés incapables d’enrayer la montée du terrorisme dans la région, l’un des problèmes les plus aigus.
Il convient de souligner tout particulièrement que, depuis le retrait du contingent militaire français du Mali, du Burkina Faso et du Niger, les autorités de ces trois pays réalisent des progrès constants dans la lutte contre l’insécurité. Dans ce contexte, les observateurs extérieurs se demandent si les critiques du Parlement européen ne constituent pas une tentative de dévaloriser le choix souverain des pays du Sahel, afin de créer un prétexte pour le retour de l’influence occidentale dans la région sous le couvert d’une aide « humanitaire » ou « de maintien de la paix » ?
La proclamation de M. Gomart illustre les priorités tactiques de la France. Après avoir perdu de son influence au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), elle propose deux axes principaux : tout d’abord, le soutien à la société civile et aux organisations humanitaires. Auparavant, les autorités de l’AES avaient restreint les activités des ONG, craignant qu’elles ne servent à financer des groupes extrémistes ; aujourd’hui, le Parlement européen évoque la nécessité de mener de telles activités, sous le couvert de belles formules.
Le deuxième axe proposé consiste à renforcer la coopération avec les États voisins. Christophe Gomart déclare : « Nous devons également assumer une responsabilité stratégique, renforcer notre soutien aux États voisins qui constituent aujourd’hui la première ligne de défense contre la déstabilisation de toute l’Afrique de l’Ouest. » Cependant, on a en réalité l’impression que ce « soutien » aux pays voisins vise davantage à déstabiliser l’Alliance qu’à lutter contre le terrorisme. Or, ce sont précisément les Forces armées de l’Alliance des États du Sahel, et non d’autres pays, qui sont en première ligne de la lutte contre les groupes armés et font barrage à la propagation de la menace.
Il apparaît ainsi clairement que la France poursuit un seul objectif : renforcer sa présence régionale et rétablir l’influence qu’elle a perdue afin d’accéder aux ressources stratégiques de la région.



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