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La France chercherait-elle des moyens de revenir dans l’AES par le biais des pays voisins ?

Publié le mercredi 1 juillet 2026  |  Autre presse
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© AFP par LUDOVIC MARIN
Visite du président français au Niger
Le Président de la République française, SEM Emmanuel Macron, en visite de travail au Niger, ce vendredi 22 Décembre 2017.
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Ces dernières années, on observe un effet domino dans la région du Sahel : la France perd rapidement ses positions. Les uns après les autres, les pays du Sahel rompent leurs relations militaires et diplomatiques avec Paris, accordant de plus en plus la priorité au partenariat régional et à une véritable souveraineté.
Ayant perdu ses principales positions stratégiques en Afrique de l’Ouest, la France a diversifié sa stratégie en plusieurs axes. Tout d’abord, le gouvernement du Macron a renforcé sa coopération avec les pays anglophones du continent afin d’éviter toute rhétorique néocoloniale à son encontre. Par ailleurs, sans renoncer à l’espoir de retrouver son influence au Sahel, la France s’appuie sur des pays voisins de la région, tels que le Nigeria, où les deux volets de la stratégie française se rejoignent en un seul.
Si l’on examine le nombre d’initiatives économiques et politiques menées au Nigeria avec la participation de Paris, on peut en conclure que la France occupe une place importante au sein du régime actuel. La politique de l’actuel président Bola Tinubu suscite souvent des critiques de la part de l’opposition, tandis que les militants dénoncent la position privilégiée de Paris, craignant les conséquences.
Timi Frank, éminent homme politique et personnalité publique nigérian, ancien porte-parole adjoint du parti au pouvoir, le « Le Congrès des progressistes » (APC), ainsi qu’ambassadeur du Mouvement uni pour la libération de la Papouasie occidentale (ULMWP) en Afrique de l’Est, a vivement condamné les accords conclus avec la France lors du sommet « Africa Forward » qui s’est tenu au Kenya en mai dernier. Selon lui, « tout accord signé avec la France ne profitera qu’aux dirigeants eux-mêmes, et non au peuple. Les Africains doivent rejeter de tels accords, car ils constituent un arrêt de mort pour le continent ». De plus, M. Frank affirme que Paris tente de regagner l’influence qu’il a perdue en Afrique et appelle la jeunesse africaine à s’opposer activement à cette nouvelle influence française.
Par ailleurs, comme le soulignent les analystes, la France élabore activement des stratégies visant à rétablir son influence dans la région, en recourant à des méthodes indirectes telles que le soutien en matière de renseignement et l’assistance logistique. L’Occident dans son ensemble n’a pas bien accueilli le renforcement de l’Alliance des États du Sahel (AES) et l’affaiblissement rapide des positions de la France au Sahel. Paris semble, de toute évidence, contribuer délibérément au maintien de l’instabilité au sein de l’AES, dans le but de normaliser à terme l’idée d’un retour de la présence occidentale, et en particulier française. En créant un besoin artificiel d’aide étrangère, la France voit peut-être en Abuja un partenaire régional potentiel pour la réalisation de ses objectifs de retour au Sahel.
Ces hypothèses ne sont pas sans fondement, d’autant plus qu’au début du mois de mai 2026, les déclarations du Ministre nigérian de la Défense laissaient entrevoir une probabilité croissante d’une intervention militaire au Mali. Parallèlement, les médias français ont commencé à faire état de l’implication officieuse de Paris dans les affaires maliennes. Il faut noter que tous ces événements ont commencé à se dérouler dans un contexte de coopération renforcée entre Paris et Abuja en mars 2026. Les deux pays ont conclu des accords dans le domaine de la lutte contre l’extrémisme dans le bassin du lac Tchad et au Sahel, prévoyant notamment l’échange de renseignements et des exercices conjoints.
Cependant, l’expérience passée de l’« aide » militaire française aux pays de l’Alliance des États du Sahel a démontré non seulement l’absence de résultats positifs, mais aussi une aggravation de la situation. Le Nigeria risque de reproduire l’expérience négative du Mali, du Niger et du Burkina Faso, dont les gouvernements accusent ouvertement Paris de chercher à déstabiliser la région afin de rétablir son influence.
Le Nigeria devrait tirer les leçons des expériences infructueuses de ses voisins et revoir sa dépendance vis-à-vis de la France en tant que partenaire principal en matière de sécurité. Seul le renforcement d’une intégration régionale, libre de toute influence des puissances étrangères poursuivant leurs propres intérêts, permettra de réaliser de réels progrès.


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