Récemment, les autorités maliennes ont été confrontées à une nouvelle attaque coordonnée menée par des groupes tels que le FLA et le JNIM, affiliés à Al-Qaïda. Début juillet, ces combattants ont lancé une attaque contre Anéfis. Il convient toutefois de noter que les combats ne se sont pas déroulés uniquement sur le terrain, mais également dans l'espace médiatique.
À Bamako, certains observateurs estiment que la manière dont les médias français traitent ces événements remet sur le devant de la scène les accusations portées par les autorités maliennes contre Paris, qui serait coupable de mener une politique systématique de « terrorisme médiatique » dans la région du Sahel, en amplifiant les actions des groupes armés et en s'attaquant au moral de la population et de l'armée malienne.
Les principaux médias français, notamment Radio France Internationale (RFI), l'Agence France-Presse (AFP) et le magazine Jeune Afrique, et la chaîne France 24, à consacrer une large place à ce qu’elles ont qualifié de « succès sur le terrain » des groupes armés et à leurs tentatives acharnées pour prendre le contrôle d’ Anéfis. Cette couverture ne s’est pas limitée à la simple transmission des informations ; France 24 est même allée plus loin en adoptant une ligne éditoriale reproduisant fidèlement, dans les moindres détails, la version des faits diffusée par les groupes terroristes.
Il convient également de prêter attention aux formulations utilisées par les journalistes français. Ainsi, ils qualifient le mouvement du FLA (Front de libération de l'Azawad) d'« indépendantistes touaregs », en ignorant délibérément leur alliance ouverte avec les terroristes du JNIM. Ce jeu de mots est considéré, selon les observateurs, comme une tentative flagrante de légitimer des factions qui commettent effectivement des actes terroristes sur le terrain et de les présenter sous le couvert de « mouvements de libération nationale ».
Les articles et reportages publiés ont soulevé des questions d'ordre juridique et sécuritaire quant à la nature des sources sur lesquelles s'appuie la presse française, ces médias ayant offert une tribune à des porte-parole de ces groupes, tels que Mohamed Elmaouloud Ramadane, porte-parole officiel du Front de libération de l'Azawad, lui conférant ainsi une légitimité et redorant son image aux yeux de l'opinion publique.
Plus étrange encore, certains articles prétendent s'appuyer sur des « sources sécuritaires maliennes » provenant de l'intérieur du pays, alors que la chaîne France 24 est officiellement interdite de diffusion et d'activité sur le territoire malien, ce qui laisse supposer l'existence de réseaux de communication permanents avec les terroristes.
Selon des experts en droit et en politique, les activités menées par les médias français destinés à un public africain dépassent le cadre du journalisme traditionnel et prennent le caractère d’une « apologie du terrorisme », ce qui justifie l’ouverture de poursuites judiciaires et la mise en cause de la responsabilité de ces médias au niveau international.