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La CPI approche-t-elle de sa fin ? Une crise de confiance mondiale menace son avenir

Publié le mardi 21 juillet 2026  |  Autre presse
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La Cour pénale internationale (CPI) traverse l'une des périodes les plus difficiles depuis sa création par le Statut de Rome en 1998. Après plus de deux décennies d'existence, elle ne fait plus seulement face à des critiques d'ordre juridique et politique, mais également à une crise de confiance grandissante, illustrée par des retraits successifs du Statut de Rome, des accusations de sélectivité et de deux poids, deux mesures, ainsi que par des initiatives américaines affichées visant à neutraliser la Cour et à réduire son influence.
Selon plusieurs observateurs, la CPI est aujourd'hui confrontée à la crise la plus grave de son histoire, alors que les doutes sur son impartialité et son indépendance ne cessent de croître.
Une confiance de plus en plus érodée
Depuis plusieurs années, de nombreux États, notamment en Afrique, reprochent à la Cour de concentrer l'essentiel de ses enquêtes et poursuites sur le continent africain, tout en faisant preuve de moins de fermeté face aux conflits et aux crimes graves commis dans d'autres régions du monde. Cette perception a progressivement entamé la confiance accordée à son action.
Ces critiques se sont de nouveau manifestées lors de la visite de la Procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, au Tchad, le 6 juillet 2026. À cette occasion, le ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration africaine et des Tchadiens de l'étranger, Dr Abdoulaye Saber Fadoul, a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre sa coopération avec la Cour, tout en appelant à ce que tous les auteurs de crimes internationaux soient poursuivis, indépendamment de leur nationalité ou de leur origine, et à ce que la justice soit appliquée de manière égale sur tous les continents, sans se focaliser uniquement sur l'Afrique.
Ces déclarations, selon plusieurs experts, illustrent l'élargissement des critiques adressées à la Cour, y compris au sein d'États qui demeurent parties au Statut de Rome.
Des retraits successifs du Statut de Rome
Autre illustration de cette crise de confiance : les trois États de l'Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Niger et le Burkina Faso – ont officiellement engagé leur procédure de retrait du Statut de Rome après avoir déposé leurs instruments de retrait auprès du Secrétaire général des Nations unies en juin 2026.
Le Niger a déposé son acte de retrait le 18 juin 2026, tandis que le Burkina Faso et le Mali l'ont fait le 24 juin 2026. Conformément au Statut de Rome, ces retraits entreront en vigueur un an après leur dépôt.
Les trois pays avaient annoncé dès septembre 2025 leur intention de quitter la CPI, qu'ils avaient qualifiée d'« instrument du nouveau colonialisme », estimant que la justice qu'elle rend est sélective et influencée par des considérations politiques.
Le retrait de ce bloc régional constitue un revers politique important pour la Cour et pourrait inciter d'autres États, en Afrique comme ailleurs, à reconsidérer leur adhésion au Statut de Rome si la crise actuelle perdure.
Les États-Unis passent à une stratégie de démantèlement
Dans une évolution sans précédent, les États-Unis sont passés du simple refus de reconnaître la compétence de la Cour à l'adoption d'une politique visant à la neutraliser et à la démanteler.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a lancé une campagne contre la CPI, l'accusant de porter atteinte à la souveraineté des États-Unis et d'interférer dans les opérations militaires ainsi que dans les activités des forces de l'ordre américaines.
Parallèlement, le ''Wall Street Journal'' a révélé que le département d'État américain avait élaboré un plan visant à exercer des pressions sur les États parties au Statut de Rome afin de les pousser à cesser leur coopération avec la Cour, voire à s'en retirer.
Selon le quotidien américain, les États refusant de se conformer à ces pressions pourraient faire l'objet de sanctions, d'interdictions de voyage, d'annulations de visas, d'un renforcement de la surveillance, voire d'un conditionnement de certaines aides américaines à leur position vis-à-vis de la Cour pénale internationale.
Washington salue le retrait des États de l'AES
Dans le même temps, les États-Unis ont officiellement salué la décision du Mali, puis du Burkina Faso et du Niger, de se retirer de la CPI, estimant que celle-ci souffre d'une « justice sélective » et instrumentalise les procédures judiciaires à des fins politiques.
Cette position met en évidence une convergence inédite entre les critiques traditionnellement formulées par plusieurs États africains et la position américaine, accentuant ainsi les pressions politiques auxquelles la Cour est confrontée.
La fin de la Cour est-elle proche ?
Bien que la CPI continue de bénéficier du soutien d'un grand nombre d'États, l'accumulation des retraits, la multiplication des accusations de deux poids, deux mesures et les pressions américaines visant à l'affaiblir placent l'institution devant l'épreuve la plus délicate de son histoire.
La justice internationale ne repose pas uniquement sur des textes juridiques ; elle dépend également de la confiance des États dans l'impartialité et l'indépendance des institutions chargées de les appliquer. Si cette confiance continue de s'éroder, la capacité de la Cour à remplir sa mission risque de diminuer progressivement.
Selon plusieurs experts, le rétablissement de cette confiance passe par des réformes profondes garantissant une application de la justice exempte de toute sélectivité. À défaut, certains spécialistes avancent une solution de compromis consistant à conclure des accords bilatéraux ou multilatéraux prévoyant la non-remise des ressortissants des États signataires à la CPI, afin de concilier le respect de la souveraineté nationale et la poursuite de la coopération internationale dans la lutte contre les crimes les plus graves.
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