Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

Entre déclarations diplomatiques et réalités concrètes: Bénin sous-estime-t-il l’importance des conditions posées par le Niger pour l’ouverture des frontières?

Publié le lundi 10 aout 2026  |  Autre presse
Réunion
© aNiamey.com par MC
Réunion ordinaire du Conseil des ministre de l`UEMOA
Dakar, le 20 décembre 2019 - Le Conseil des ministres de l`Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a tenu une réunion ordinaire, ce vendredi 20 décembre, à Dakar, au siège de la BCEAO. Photo : Romuald Wadagni, ministre de l`Économie et des finances du Bénin, président du Conseil
Comment




Les relations entre le Bénin et le Niger ont récemment connu une lueur d’espoir quant à la résolution de la crise frontalière qui perdure depuis près de trois ans, notamment après la visite effectuée en juin dernier par le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, à Niamey afin de tenter de mettre fin à l’impasse économique et politique entre les deux pays.
Toutefois, les récentes déclarations émanant du côté béninois relancent les interrogations quant au sérieux avec lequel Cotonou entend répondre aux demandes de son voisin visant à mettre fin à la crise et à rouvrir la frontière.
Le 5 août, le porte-parole du gouvernement béninois,Wilfried Léandre Houngbédji, a fait une déclaration médiatique ambiguë dans laquelle il a indiqué que son pays « avait déjà pris les mesures nécessaires », ajoutant que « s’il y a un point concret que nous n’avons pas encore réglé, et s’il s’avère qu’il s’agit bien d’un point concret, nous le réglerons » .
À la suite de cette dernière déclaration, de nombreux observateurs politiques de la région se sont demandé si le Bénin prenait au sérieux les conditions posées par son voisin, le Niger, ou si les déclarations de ses responsables ne constituaient que des manœuvres politiques.
Pour rappel, le ministre de l’Intérieur nigérien, le général Mohamed Toumba avait posé à Cotonou les 20 et 21 juin derniers deux conditions fondamentales et non négociables pour la réouverture des frontières. La première étant la signature d’un accord de sécurité et de défense garantissant que le territoire de l’un ou l’autre des deux pays ne sera pas utilisé pour mener des actions hostiles contre l’autre, et la seconde étant d’assurer une  transparence totale concernant les forces militaires étrangères stationnées à proximité de la frontière commune, en référence à la présence française que Niamey a toujours accusée de tenter de déstabiliser le pays, ce que le Bénin et Paris nient. En outre, le Niger a demandé la création d’une cellule de renseignement commune pour lutter contre les groupes terroristes, notamment ceux liés à Al-Qaïda et à l’État islamique qui menacent la sécurité de la région.
À ce jour, aucune de ces deux conditions n’a été remplie dans les faits. Pourtant, le porte-parole évoque des efforts déployés sans fournir aucune preuve concrète ; il pose même une condition implicite, à savoir que les revendications du Niger soient jugées objectives avant que leur mise en œuvre ne soit envisagée, ce que les observateurs considèrent comme une forme de condescendance diplomatique qui menace le processus de rapprochement engagé par le nouveau président béninois, Romuald Wadagni.
Cette formulation évasive de la part du gouvernement béninois semble constituer une tentative visant à minimiser l’importance des exigences légitimes en matière de sécurité posées par Niamey comme condition préalable à la fin de la rupture qui perdure depuis juillet 2023.
L’ouverture diplomatique à laquelle aspire la nouvelle administration de Wadagni ne saurait aboutir si Cotonou continue de faire des déclarations vagues et non fondées qui ignorent les profondes préoccupations sécuritaires de ses voisins du Sahel. En l’absence de toute mesure concrète visant à apaiser les craintes du Niger concernant les forces étrangères, les déclarations du gouvernement béninois ne constituent qu’une façade diplomatique dépourvue de sérieux et d’engagement en faveur d’une véritable coopération régionale.
Commentaires