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Le Sahel N° du 30/6/2016

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Les pionniers du tourisme: Le pharmacien de Niamey Louis-Henri Mourèn, Akoli Dawel, Mano ag Dayak
Publié le vendredi 1 juillet 2016   |  Le Sahel




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Selon le géographe français E. Grégoire, les Européens sont les précurseurs du tourisme saharien au Niger. Le pharmacien de Niamey, Louis-Henri Mourèn, est l’un des 1ers à repérer les sites et à prendre conscience de leurs potentialités touristiques. En 1968, il fonde une agence de voyags qui marque le début de l’exploitation touristique du Sahara nigérien, et bénéficie de l’appui du Président nigérien Diori Hamani qui entendait promouvoir l’activité. Cette volonté s’est traduite par une loi autorisant les étrangers à monter des agences. À la même époque (1974), l’Italien Vittorio Gioni crée Sahara-Niger après avoir été évincé d’Algérie par l’ONAT (Office national algérien du tourisme). Sahara-Niger a été, de 1974 à 1980, la principale agence à opérer dans le nord du Niger (200 visiteurs en 1975) après le retrait rapide de Louis-Henri Mourèn. Au nombre des précurseurs du tourisme saharien, il faut aussi mentionner M. Akoli Dawel qui avait créé sa propre agence de voyages à l’emplacement actuel de la SONIBANK Agadez, ex-locaux de l’Hotel Telwa.

En 1980, quand la législation nationale interdit l’exercice de l’activité touristique aux étrangers dans un souci de ’’nigérisation’’ du secteur, Sahara-Niger s’est vu retirer sa licence au profit de Temet-Voyages de Mano ag Dayak qui étoffa les moyens logistiques et le personnel de son agence. Son charisme et son sens des relations publiques lui permettent de devenir le correspondant privilégié des agences européennes, et de tisser un réseau de relations faisant de lui l’interlocuteur incontournable de tous ceux qui ont un projet (touristique, cinématographique, de développement, etc.) dans la région. Il bénéficie pratiquement d’une situation de monopole et devient la figure de proue du tourisme saharien au Niger.

En 1987, l’État nigérien estime que cette activité peut contribuer au développement local à travers la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et en fait une priorité nationale, ce qui permit au secteur touristique d’être la 3ème source d’entrées brutes de devises du pays, soit 2,5 à 3 milliards de FCFA, derrière l’uranium et les produits agricoles et pastoraux.
Au début des années 1990, les Touaregs, sous l’impulsion de Mano Dayak, sont parvenus à contrôler le tourisme saharien, selon E. Grégoire. En faisant ainsi découvrir leur région à un public conquis d’avance, ils exercent une activité qui leur convient parfaitement, le Sahara demeurant pour eux un espace à la fois social, culturel et économique.

Ainsi, de 1980 à 1991, la région connut un véritable développement grâce à l’essor du tourisme et d’activités connexes comme l’hôtellerie, la restauration, les agences et l’artisanat.

Mais en 1992, la région enregistre pour la première fois une forte chute des arrivées des touristes en raison du climat d’insécurité créé par la rébellion, une situation qui se prolonge en 1993 et 1994.

A la fin de la rébellion intervenue grâce à la signature des accords de paix de Ouagadougou (24 avril 1995), quelques professionnels du tourisme, espérant une reprise possible, créent de nouvelles infrastructures.
La fin de l’année 1996, on assiste à la reprise des activités des tour-operators européens grâce notamment au rétablissement de la liaison aérienne entre la France et Agadez. Le nombre de touristes augmente alors rapidement pour se stabiliser, selon la Direction Régionale du Tourisme d’Agadez, entre 3 500 et 5 000 personnes par saison.

Mais la saison est vite interrompue après l’attaque de plusieurs groupes dévalisés par ’’des bandes incontrôlées’’ au cours de leur périple dans l’Aïr. La liaison aérienne Paris-Agadez est une nouvelle fois suspendue. Les agences locales qui avaient investi beaucoup d’argent enregistrent des pertes importantes.
Durant les années 2000-2006 le tourisme connaît un nouvel essor grâce à la délivrance de licences aux agences locales, ce qui s’est traduit par la multiplication des agences dont le nombre a atteint 62 en 2007. Elles emploient alors plus de 500 guides, chauffeurs, cuisiniers, chameliers, comptables et gardiens.
En plus de ces employés, il y a tout un monde qui gravite autour de l’activité touristique, particulièrement les artisans, hommes et femmes, les chasse-touristes et autres intermédiaires entre les populations et les touristes.
Mais au début de l’année 2007, une nouvelle rébellion touarègue éclate dans l’Aïr et plus globalement la région d’Agadez. Depuis lors, le tourisme n’a plus repris, la zone étant devenue trop dangereuse, et la nouvelle bourgeoisie tenante de la sous-culture née du tourisme se trouve subitement privée de sa ressource principale et des revenus y correspondants. Quelques gérants d’agences et leur personnel rejoignent alors la rébellion ; d’autres se réfugient en Europe. Mais la plupart d’entre eux restent au pays, au chômage ou vivant d’expédients.
En effet, depuis 2001 de profonds changements affectent la région. Le nord du Niger traverse une période très agitée en raison de l’installation de groupes terroristes islamistes sur son sol, du développement de trafics en tout genre (cigarettes, drogues, armes, etc.), de l’immigration clandestine de Sub-sahariens qui fait craindre à l’Union Européenne l’arrivée massive d’Africains dans ses pays membres.

La chute du colonel Kadhafi constitue, pour le Niger et le Mali, un événement majeur étant donné l’influence qu’il a exercé sur la population touarègue. Nombreux à vivre en Libye, ceux-ci ont pris fait et cause pour lui et ont profité de la distribution massive d’armes pour se réarmer de même que l’AQMI, ce qui fait craindre une reprise de la lutte armée contre les Etats sahéliens. C’est ce qui se passe actuellement au Mali où le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) a repris ses actions militaires dans le nord du pays avec l’appui de l’AQMI et de mouvements touaregs qui lui sont proches (Ansar Dine).
Mais la reprise de l’activité touristique dans le désert de sable et la destination d’Agadez n’est pas une impossibilité. Il s’agit d’une question de sacrifices et de volonté politique de l’Etat et des pays européens amis et partenaires du Niger.
Onep

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