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Niger : les ¾ des filles mariées précocement, le Médiateur de la République s’y implique

Publié le jeudi 6 septembre 2018  |  Agence Nigerienne de Presse
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© Autre presse par DR
Des jeunes filles suivent des séances d’éducation
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Maradi - En moyenne, trois filles sur quatre seront mariées avant leur 18ème anniversaire au Niger qui enregistre le plus fort taux de mariage des enfants dans le monde avec une disparité entre le milieu urbain et rural. Trois régions à savoir Diffa (89%), Zinder (88%) et Maradi (87%) ont le taux le plus élevé contre une moyenne sous régionale de l’Afrique subsaharienne qui est de 37%.

C’est pour renverser cette tendance que le médiateur de la République, M° Ali Sirfi Maïga a présidé une session de dialogue communautaire portant sur le mariage des enfants et le maintien de la jeune fille à l’école. Cette session s’est tenue au palais du sultan de Tibiri Gobir, l’Honorable Abdou Balla Marafa, en présence des chefs des villages et des leaders religieux
Le Médiateur de la République a relevé que le mariage des enfants est une grave violation des droits de l’enfant avec toutes les conséquences sanitaires, psychologiques et culturels. Pour lui, non seulement ces régions cités plus haut présentent un fort taux de mariage des enfants, mais aussi elles font face à une persistance de ce fléau. « C’est pourquoi nous avons décidé de mener le combat. Et nous ne pouvons mener ce combat qu’avec les leaders d’opinions, les leaders religieux et principalement les chefs traditionnels » a-t-il dit.

Pour lui, l’objectif visé à travers ce dialogue communautaire c’est d’amener les communautés locales à prendre conscience des risques de ce fléau afin de mieux le combattre. Il a fait ressortir les conséquences économiques, culturelles et sanitaires du mariage des enfants.

Quant à la représentante du Plan Niger de Maradi, elle a indiqué que les violences faites aux femmes sont assez répandues, le cadre légal et juridique largement insuffisant et les droits reconnus aux femmes sont rarement respectés. Selon elle, les inégalités les plus frappantes se retrouvent en matière de santé reproductive, d’autonomisation de maintien des filles à l’école.
Malgré quelques progrès, les défis de la déperdition scolaire des filles et la violence récurrente qui est le mariage d’enfants prive les filles de leurs droits. Elle a enfin indiqué que c’est dans l’optique de relever ces défis que Plan International Niger qui ‘’ œuvre pour un monde juste qui fait progresser le droit des enfants et l’égalité pour les filles’’ s’est engagé dans la lutte aux côtés des garants et détenteurs de droits à différents niveaux.

Pour mieux édifier l’assistance, un film a été projeté. Ce film retrace la vie d’une jeune fille de 14 ans dénommée Hassia qui, malgré ses excellents résultats scolaires a été donnée en mariage. La première grossesse qu’elle contracta lui a provoqué des fistules obstétricales qui ont détruit sa vie.
Les débats qui s’en sont suivis ont convaincu le médiateur de la République que le sultanat du Gobir a déjà pris de l’avance dans ce combat. Depuis 16 ans, le sultan Abdou Balla Marafa a instauré dans les 186 villages de son canton, des comités villageois de bonne conduite qui prennent en charge les questions de mariage des enfants, le maintien de la jeune fille à l’école et toute autre question qui vise la protection et l’épanouissement de l’enfant.

Le sultan a rassuré le médiateur qu’ils poursuivront inlassablement ces efforts pour l’atteinte des objectifs. Dans l’optique de mieux toucher la population, la principale doléance de l’assistance est la projection de ce film dans tous les villages du canton. « Cela permettra à toute la population de mieux mesurer les conséquences néfastes du mariage des enfants et le non maintient des filles à l’école » , a soutenu un chef de village.

M° Ali Sirfi Maïga s’est dit émerveillé face aux dispositifs mis en place par le canton de Tibiri Gobir dans ce combat. « Je crois que c’est moi qui suis sensibilisé par vous. Je vous félicite pour cet engagement fort de plus de 15 ans ».

Il a pris l’engagement de plaider auprès des partenaires pour qu’ils mutualisent les moyens dans cette lutte, assurant que ’appui de Plan Niger ne fera pas défaut pour ce travail abattu dans le canton de Tibiri et ce travail sera récompensé.
Rappelons le Gouvernement a adopté L’adoption du décret de protection de la jeune fille en cours de scolarité jusqu’à l’âge de 16 ans.

En juin dernier au cours d’un sommet de l’Union Africaine sur l’autonomisation des femmes, le Président nigérien Issoufou Mahamadou a établi un diagnostic sur le mariage précoce affirmant que‘’Le type de violence le plus courant et qui a des conséquences dramatiques pour les femmes et pour la société est le mariage précoce des jeunes filles mineures’’.

‘’Il engendre des grossesses précoces, l’abandon de l’école et de la perte de perspective d’emploi durable, les problèmes graves de santé de la reproduction dont la fistule obstétricale handicapant la femme à vie, les décès en couche élevés, la mortalité infantile élevée, la malnutrition grave ou sévère ainsi que le retard de croissance des enfants, un indice synthétique de fertilité élevé des femmes et une croissance exponentielle de la population.’’, a-t-il dit notant que ‘’ Le mariage précoce est la source de la perpétration de la pauvreté extrême et de l’inégalité. Ce n’est pas étonnant qu’au Niger la pauvreté ait un visage rural et féminin. En effet 3 pauvres sur quatre vivent en milieu rurale et 3 pauvres sur quatre sont des femmes.’’

Le Chef de l’Etat nigérien a souligné que pour faire face à cette situation le Niger aborde la question de violence basée sur le genre et d’autonomisation des femmes sous trois angles : l’angle institutionnel, l’angle législatif et règlementaire et l’angle des programmes de développement et d’accompagnement

AT/CA/ANP
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