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Portrait/Abdourahamane Moumouni, un jeune bijoutier : « Je suis fier de ce métier qui contribue à la promotion de la richesse culturelle du Niger »

Publié le mercredi 28 aout 2019  |  Le Sahel
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L’air calme mais très accueillant ; sympathique et prêt à répondre aux sollicitions de la clientèle ou des visiteurs, Abdourahamane Moumouni travaille avec des dizaines d’autres artisans sous le grand hangar du Musée National Boubou Hama de Niamey. Doura, comme aiment l’appeler affectueusement ses proches, est un jeune bijoutier né en 1982 à Damari, un village du département de Kollo. Il a passé son enfance à étudier le Coran à Djaladjo, ce qui l’aide à positiver la vie.



Abdourahamane a appris la bijouterie, l’art de manier les métaux auprès de ses frères. Pour lui, la bijouterie est une façon d’aider les autres à paraitre plus beau ou à orner leur environnement. Après quelques années d’apprentissage, le jeune bijoutier s’est installé au Mussée National à son propre compte vers les années 2000. « Nous fabriquons des bagues, des boucles d’oreilles, des bracelets, des chaines, et bien d’autres objets aux motifs divers (cartes d’Afrique, du Niger, des animaux). A cela s’ajoute des tableaux rassemblant nos différentes croix », explique-t-il. Pour ce qui est des prix, Abdourahamane précise qu’ils varient en fonction de la qualité de l’article ou de la matière utilisée ; ça dépend aussi de la bourse du client. L’unité des portes clefs en motif de la carte d’Afrique varie de 2 000 à 3 000FCFA ; sous forme de croix d’Agadez en Nikel de 1500FCFA à plus, une bague en argent se cède à 8 000FCFA voire plus.

Abdourahamane se réjouit du fait qu’à travers cette activité, il participe à la promotion de la richesse culturelle du Niger. « Je suis fier de ce métier. A la faveur de ce boulot je prends soin de ma famille et j’aide aussi certains de mes proches », dit-il. Toutefois, ajoute le jeune artisan, le marché est fluctuant. « Notre secret réside dans la persévérance. Les obstacles et d’autres difficultés sont des escaliers qui nous permettent d’avancer », confie-t-il. Rappelant la tenue du Sommet de l’Union Africaine à Niamey du 4 au 8 Juillet dernier à Niamey, Doura salue cette initiative des autorités du Niger qui s’est soldée par une réussite totale, fait remarquer cependant que certains artisans n’ont pas pu tirer leur épingle du jeu à cette occasion. « Nous avons beaucoup fondé l’espoir sur cette rencontre historique pour le Niger, mais beaucoup des invités n’ont pas pu se rendre au Musée National compte tenu de leur calendrier. C’est n’est que partie remise nous espérons nous rattraper lors des prochaines occasions », espère-t-il.

Abdourahamane appelle la jeunesse à cultiver l’amour du travail bien fait, l’esprit de créativité et d’entreprenariat. « Personnellement, je me réjouis du fait que nos articles sont très prisés à l’extérieur. Cela se remarque lors de foires ou rencontres internationales. C’est pourquoi, j’appelle mes compatriotes à aimer consommer made in Niger, car c’est des articles de qualité. De cette façon nous participons à l’innovation et au développement de notre économie », conseille-t-il. «Outre le soutien de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Niger (CMANI) envers les artisans, nous avons aussi besoin du soutien de nos autorités, surtout en renforcement de capacité», dit-il.



Mamane Abdoulaye (onep)
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